Saisons de la marionnette

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La Scène des chercheurs

Journées annuelles de rencontre organisées autour de la marionnette et de la recherche :

La Scène des chercheurs

Dans le cadre des Saisons de la Marionnette (2007-2010), la commission de travail « Patrimoine, Recherche, Edition » souhaite mettre en place un certain nombre d’outils destinés à faciliter et à stimuler la recherche dans les diverses disciplines s’intéressant aux marionnettes et aux théâtres d’objets : arts du spectacle, ethnologie, histoire, littérature, arts plastiques, nouvelles technologies, philosophie, psychanalyse et thérapies etc.

Par « chercheurs » nous entendons aussi bien les personnes se livrant à des investigations de type universitaire que les praticiens.

3e édition : Matière(s) à jouer / Matière(s) à penser

Dans le théâtre d’acteurs, matières et matériaux ne rentrent généralement en compte que pour la réalisation des décors et des costumes. Dans le théâtre de marionnettes ou d’objets, ils deviennent prééminents puisqu’ils contribuent à la nature même des personnages, à leurs capacités cinétiques, expressives, dramatiques. Puis, rangés de la scène, ils conditionnent la possibilité d’accéder aux traces les plus immédiates de spectacles disparus. Depuis sa naissance comme figure, sous les mains du sculpteur ou du marionnettiste, jusqu’à sa conservation dans le secret des boîtes d’archives ou les vitrines des musées, la marionnette est matière. Et cette matière, dans toute sa diversité, génère des contraintes, révèle des qualités, traverse des états qui méritent d’être examinés avec attention : ils sont en effet un puissant révélateur des réalités et des enjeux du théâtre de marionnettes, hier comme aujourd’hui.

Le 13 novembre 2010

> Le Programme

Merci de communiquer la présente information aux personnes susceptibles d’être intéressées.

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2e édition

Le 12 décembre 2009 aura lieu la seconde journée de rencontre organisée autour du thème :

Les présences du marionnettiste

Présentation de la seconde édition

Les actes de ces rencontres seront publiés dans la revue de Paris 3 “Registre”, début 2011.

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1ère édition

Le 4 octobre 2008, une première journée a été organisée autour de la problématique :

Marionnette et chercheurs : État des lieux

Une enquête avait été mise en place en direction des chercheurs en amont de cette journée.

Un dossier bilan est en cours de réalisation.

Compte rendu synthétique de cette première édition

Le MANIP n°17 (janvier-mars 2009) proposera un compte rendu détaillé de cette journée de rencontre ainsi que les résultats de l’enquête menée auprès des chercheurs.

Journées professionnelles de la marionnette à Clichy : Marionnette et censure

3 et 4 février 2012 - Espace Henry Miller

Marionnette et politique : censure, propagande, résistance

PROPOSÉES PAR LE CLASTIC THÉÂTRE ET THEMAA

Responsabilité scientifique : François Lazaro et Didier Plassard

Ces 4es Journées Professionnelles de la Marionnette à Clichy ouvrent un cycle de trois ans, en lien avec la journée nationale La Scène des chercheurs : interroger les rapports existant entre théâtre de marionnette et politique à travers les trois aspects concomitants que sont la censure, la propagande et la résistance pour tisser un fil entre présent et passé, témoignage vivant, recherche appliquée et recherche historique.

Spectacle populaire, donc potentiellement subversif, les marionnettes ont souvent été l’objet d’une surveillance étroite de la part des pouvoirs politiques et religieux. Les représentations ont pu être interdites, les œuvres mutilées, les artistes pourchassés, emprisonnés et parfois exécutés, leurs instruments de travail détruits, l’exercice même de leur métier empêché. Aujourd’hui encore, certains marionnettistes connaissent des pressions, des intimidations, et jusqu’aux formes les plus brutales de la répression.

Mais, plus profondément, l’art de la marionnette rencontre aussi la censure sur un autre terrain, celui de la confrontation aux tabous : parce qu’elle n’est qu’une figure artificielle, il lui est plus facile de représenter l’irreprésentable, les puissances du fantasme, ou plus simplement les territoires de l’intime. A ce titre, la marionnette joue avec nos propres censures, elle les déjoue et nous invite à porter un autre regard sur l’humain et ses frontières. Là aussi, elle est un puissant révélateur de ce qu’il est permis ou non de dire, et de montrer, dans l’espace public – un instrument de mesure des libertés et des contraintes qui régissent notre vivre ensemble.

> Programme

> Présentation en pdf

>>> S’inscrire

(Merci de nous préciser si vous restez sur les deux jours / un repas est proposé sur place pour 12 euros, merci de nous dire si vous restez déjeuner).

Espace Henry Miller : 3 rue du Docteur Calmette - M°Porte de Clichy

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Les Lieux compagnonnage marionnette


Journées professionnelles de la marionnette à Clichy 2010

JOUER LA MATIÈRE / ÉCRIRE PAR LA MATIÈRE

Création, écriture, recherche

PROPOSÉES PAR LE CLASTIC THÉÂTRE ET THEMAA

4 et 5 février 2011

MATIERES A ORGANISER, MATIERES A JOUER, MATIERES A RÊVER, MATIERES A CRAINDRE… Comment sont utilisées les contraintes et les potentialités de la matière pour faire dramaturgie

Durant ces journées, nous avons invité des artistes/auteurs qui acceptent de présenter un bref extrait de l’un de leur spectacle (10 à 15 minutes). Ces « laboratoires à vue » ont ainsi permis de faire dialoguer chercheurs de l’université et artistes professionnels à partir de cas concrets partagés. Un chercheur effectue en amont de chaque demi-journée une communication ouvrant le champ thématique concerné, au-delà des frontières de la représentation théâtrale ou de la marionnette. L’artiste est ensuite interviewé en direct et participe à une table ronde.

A télécharger (pour l’instant… suite en cours)

> L’ombre et la lumière // Chantal GUINEBAULT/ Nicole MOSSOUX/ Carole GUIDICELLI

>>> Télécharger ombres et lumière en pdf

> Robots et androïde // Franck BEAUCHARD / Aurélia IVAN / Michel PLOIX / Julie SERMON

>>> Télécharger robots et androïdes en pdf

> Les matériaux et la création

Tabler-ronde animée par : Naly GERARD
Intervenants : Chantal GUINEBAULT, Aurelia IVAN, François LAZARO, Sylvie MARTIN LAHMANI, Barbara MELOIS, Nicole MOSSOUX, Germain ROESZ, Julie SERMON

>>> Télécharger Les matériaux et la création en pdf

Tournée de l’exposition

Prochaine étape

15 juin -> 7 novembre 2012 à Besançon | Musée Comtois

Disponibilités

2012
15 novembre -> 31 décembre

2013
1er janvier -> 15 mars
1er septembre -> 31 décembre

Carnet de route, elle est passée par…

21 février -> 27 mars 2012 à Auray | Centre Culturel Athéna

26 janvier -> 15 février 2012 à Laval | Le Théâtre, scène conventionnée de Laval

1er octobre -> 26 novembre 2011 à Gonesse | Pôle Culturel de Coulanges

16 -> 25 septembre 2011 à Charleville-Mézières | Grand Magasin / IIM

17 mars -> 26 mars 2011 à Strasbourg | Palais Universitaire - Université de Strasbourg

5 février -> 20 février 2011 à Bourg-en-Bresse | H2M, Hôtel Marron de Meillonnas

11 décembre 2010 -> 30 janvier 2011 à Charleville-Mézières | Musée de l’Ardenne / Volet régional : Marionnettes en Champagne-Ardenne | Vitrine du Conseil Général des Ardennes

Actes des Etats Généraux 2

DÉBUT DES TRAVAUX

Mot d’accueil :

Maryse Benoit (directrice de la Maison du Théâtre d’Amiens) et Alain David (vice-président d’Amiens Métropole délégué à la culture)

>>>> Ouverture (pdf)

Ouverture des travaux :
Daniel Girard (président des Saisons de la Marionnette)
Alain Lecucq (ancien président de THEMAA et initiateur des Saisons de la Marionnette)

BILAN ET RÉSULTAT DES SAISONS DE LA MARIONNETTE

2007-2010, de vraies saisons pour la marionnette
Patrick Boutigny, chargé de mission des Saisons de la Marionnette pour THEMAA

>>>> Intervention Patrick Boutigny (pdf)

Présentation du Portail des Arts de la Marionnette
Lucile Bodson (directrice de l’Institut International de la Marionnette)
Raphaele Fleury (chef de projet du portail)

Table ronde autour de la charte des sept  « Lieux Compagnonnage Marionnette »
Bouffou Théâtre à la Coque (Bretagne) - Clastic Théâtre (Ile de France) - La Nef (Ile de France) - Théâtre aux Mains Nues (Ile de France) - Odradek / Compagnie Pupella-Noguès (Midi-Pyrénées)  - Vélo Théâtre (PACA) - Le Tas de Sable – Ches Panses Vertes (Picardie)

PREMIER CHANTIER :  LA FORCE DE L’ART

Présentation : Jean Cristofol (philosophe),

entouré de Lucile Bodson, (directrice de l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières), Naly Gérard (journaliste)

Regard d’artiste : Roland Shön (artiste, compagnie ThéâtrenCiel)

Débat avec le public

>>>> La force de l’art (pdf)

DEUXIÈME CHANTIER :  ÉCONOMIE CRÉATIVE  SOLIDAIRE

Présentation : Jean-Michel Lucas (économiste),

entouré de Philipe Berthelot (président de l’UFISC), Nicolas Chochoy (directeur de l’Institut Godin), Frédéric Maurin (directeur de l’Hectare à Vendôme)

Regard d’artiste : Nicolas Saelens (artiste, cie théâtre inutile)

Débat avec le public

>>>> Économie créative solidaire (pdf)

>>>> Communication Jean-Michel Lucas (pdf)

TROISIÈME CHANTIER :  LA BATAILLE DE L’IMAGINAIRE

(« La bataille de l’imaginaire » est le titre d’un ouvrage collectif des « Rencontres d’Archimède », sous la direction de Cécil Guitart (Editions de l’Attribut)

Présentation : Cécil Guitart (essayiste),

entouré de Jean Caune (universitaire), Christine Leprince (psychologue clinicienne, psychanalyste), Raymond Weber  (président du Conseil luxembourgeois pour le développement durable)

Regard d’artiste : Katerini Antonakaki (artiste, association La main d’œuvres)

>>>> La bataille l’imaginaire (pdf)

Débat avec le public

CONCLUSION DES ETATS GENERAUX :

Sylvie Baillon, vice-présidente des Saisons de la Marionnette
Pierre Blaise, président de THEMAA

Parole de Stéphane Fievet, délégué au théâtre à la Direction Générale de la Création Artistique

>>>> Conclusion (pdf)

Etats Généraux 1

Les Etats Généraux, première manifestation des Saisons de la marionnette, se sont déroulés les 4 et 5 avril 2008, au cours des Giboulées de la Marionnette, festival organisé par le CDN Théâtre Jeune Public à Strasbourg.

Ils ont pris en compte :
• Le résultat de l’enquête nationale réalisée avec la DMDTS
• Les groupes de travail des Saisons de la marionnette
• Les réunions en région
s

L’enquête nationale :
Cette enquête a été menée avec la DMDTS auprès de l’ensemble des compagnies professionnelles. Elle permet d’avoir un regard plus juste sur les compagnies de marionnette en France.
Un numéro Hors Série de MANIP lui a été consacré.

Les groupes de travail :
La réflexion mise en place par les groupes de travail des “Saisons de la marionnette” autour de thèmes s’appuyant sur le Manifeste, a d’ores et déjà permis de dégager un certain nombre de problématiques liées à la profession.

Les réunions en régions :
En complément de l’enquête et des groupes de travail, un certain nombre de marionnettistes se sont regroupés en régions afin de réfléchir sur leur profession autour de thématiques communes : l’artistique, la structuration, la relation sur un territoire etc…

Outils de travail - Scène des chercheurs

Afin de favoriser les liens entre les chercheurs et faciliter l’accès aux ressources, différents outils de travail ont été réalisés faisant suite aux problématiques soulevées lors de la première Scène des Chercheurs.

> Un listing de chercheurs et de leurs recherches / Un listing de personnes ressources

> Une bibliographie

> Un listing des lieux ressources

Ces documents ne sont bien évidemment pas exhaustifs et vos apports sont les bienvenus. N’hésitez pas à nous écrire.

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Ce dossier a été constitué grâce l’implication dans ce projet d’Hélène Beauchamp, Emmanuelle Ebel, Raphaele Fleury, Marie Garré-Nicoara et Ly-Lan Magniaux.

*

En complément à la Scène des Chercheurs 3 > Matière(s) à jouer / Matière(s) à penser, le document présenté par Michael Meschke est téléchargeable ci-dessous :

> Petit manuel pour la conservation professionnelle des marionnettes en pdf

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* Une participation de 10 euros vous sera demandée pour le déjeuner

La Scène des chercheurs, 2e édition

Les présences du marionnettiste

12 décembre - Bibliothèque Nationale de France (rue Richelieu)

Salle des commissions / 9h30 - 17h30

L’effacement du marionnettiste, montreur qui ne se montre pas, visage masqué d’impassibilité, corps englouti dans le noir ou caché à la vue – cet effacement, qui a longtemps construit l’identité de son art, n’est plus. Ou plus exactement il ne permet plus, aujourd’hui, de fonder à coup sûr cette identité, de tracer une frontière nette entre la marionnette et les autres formes spectaculaires, théâtre d’acteurs, danse, conte, mime, cirque… chacune empruntant aux autres, chacune débordant vers les autres. Entrant à son tour dans la circulation générale des dispositifs, des techniques et des instruments qui caractérise le champ des expressions artistiques contemporaines, le marionnettiste – et c’est là un facteur de surprise toujours renouvelée pour le spectateur – apparaît à présent sous nos yeux. Acteur, interprète, partenaire de sa propre création, il joue, parle, danse parmi les marionnettes, les masques, les objets ou les images projetées, inventant de nouvelles façons de raconter une histoire, dessinant de nouveaux contours pour la scène, explorant de nouveaux savoir-faire.

Cette deuxième « Scène des chercheurs » des Saisons de la Marionnette se propose d’approfondir le dialogue entre artistes et universitaires en interrogeant les mutations introduites, depuis plusieurs décennies, par les multiples déclinaisons du jeu à vue et de la présence scénique. Alternant exposés théoriques, réflexions de praticiens, échanges et débats, chacune des trois tables rondes de la journée permettra d’explorer les enjeux artistiques, mais aussi politiques et professionnels, qu’engagent ces nouvelles définitions du métier de marionnettiste.

Commissaires scientifiques de cette journée :

Didier Plassard : Professeur, université Montpellier 3

François Lazaro : Directeur du Clastic Théâtre

> Présentation des tables rondes

> S’inscrire (inscription obligatoire, jauge limitée)

> La journée se déroulera de 9h30 à 17h.Très prochainement le détail des horaires sur le site.

Une réponse à “La Scène des chercheurs, 2e édition”

3 déc 2009
VERGEZ (18:36:01) :

Bonjour,
j’ai le regrets de ne pouvoir finalement participer à la scène des chercheurs de ce 12 décembre.
Vous pouvez donc donner ma place à quelqu’un d’autre.
Coline Vergez

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Scène des chercheurs, 1ère édition

Retour sur les rencontres pluridisciplinaires du 4 octobre 2008 à la Bibliothèque nationale de France

Dans le cadre des Saisons de la Marionnette (2007-2010), la commission de travail « Patrimoine, Recherche, Edition » souhaite mettre en place un certain nombre d’outils destinés à faciliter et à stimuler la recherche dans les diverses disciplines s’intéressant aux marionnettes et aux théâtres d’objets : arts du spectacle, ethnologie, histoire, littérature, arts plastiques, nouvelles technologies, philosophie, psychanalyse et thérapies etc.

Par « chercheurs » nous entendons aussi bien les personnes se livrant à des investigations de type universitaire que les praticiens.

1- L’ENQUÊTE

La première étape de ce travail est une enquête auprès des chercheurs.

Vous trouverez ci-joint un questionnaire que nous vous remercions de bien vouloir nous retourner avant le 20 juin 2008.

Cette enquête a servi à :

- Dresser un tableau de l’état actuel de la recherche sur la marionnette, par l’inventaire des sujets traités en France et à l’étranger.

- Dresser, avec l’aide des partenaires de ces recherches (bibliothèques et musées de fonds à explorer, compagnies) une liste de sujets en latence.

- Faciliter la connaissance et la diffusion des travaux existants.

- Etablir un annuaire des chercheurs et praticiens afin de faciliter les échanges interdisciplinaires. Nota : si vous ne souhaitez pas que vos coordonnées soient communiquées, il suffit de le préciser dans le courrier qui accompagnera votre réponse à l’enquête.

- Tenter de dégager les besoins spécifiques des différents domaines de recherche et commencer à réfléchir aux réponses à y proposer.

Vous pouvez participer à cette étude en remplissant le l’enquête et en le retournant par mail à l’adresse suivante : themaa@orange.fr.

Ou bien en utilisant la version imprimable que vous retournerez à l’adresse suivante :

THEMAA 24 rue Saint-Lazare 75009 Paris.

2- LA JOURNEE DE TRAVAIL DU 4 OCTOBRE 2008

Le 4 octobre 2008 a eu lieu à la Bibliothèque nationale de France la première journée de rencontres pluridisciplinaires des chercheurs sur la marionnette, organisée par THEMAA et la commission « Patrimoine, Recherche, Édition » des Saisons de la Marionnette (2007-2010).
S’y sont rassemblés ethnologues, sociologues, philosophes, historiens, spécialistes d’arts du spectacle, d’arts plastiques, de littérature, de musicologie, juristes, pour interroger les difficultés de la recherche sur les marionnettes et arts associés, ses spécificités, ses lacunes, ses méthodologies, son rapport avec les pratiques, mais aussi pour faire connaissance et commencer à mettre en place un réseau qui permette de faciliter les échanges et la complémentarité des compétences des chercheurs sur la marionnette entre eux, dans leur diversité, mais également avec des chercheurs de disciplines « tangentes » (par exemple : chimistes, pour les questions de conservation des matériaux, historiens de la dentisterie pour l’histoire ancienne des marionnettes foraines etc.)
La journée s’est déroulée dans une remarquable atmosphère de convivialité et d’enthousiasme, rassemblant un peu plus de 80 personnes : jeunes chercheurs, universitaires, praticiens, responsables d’institutions, qui ont dialogué de façon constructive autour des différents problèmes soulevés.

La journée s’est ouverte avec le passage de relai entre Noëlle Guibert et Joël Huthwolt à la direction du département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France et à la présidence de la commission « Patrimoine-Recherche-Edition » des Saisons de la Marionnette. Patrick Boutigny (THEMAA), a ensuite rappelé les objectifs de cette première journée de rencontre et de travail.

La matinée a été consacrée à une table-ronde où 5 doctorantes ou jeunes docteurs (Hélène Beauchamp, Emmanuelle Ebel, Raphaèle Fleury, Marie Garré-Nicoara, Ly-lan Magniaux) ont évoqué chacune les 2 principales difficultés propres à la marionnette rencontrées au cours de leur recherche :
-    Le flou de la terminologie
-    Problèmes de collecte, manque de théorisation spécifique à la réception de la marionnette pour les travaux interrogeant la réception des spectacles de marionnettes.
-    Articulation avec le travail pratique des artistes. Quelle peut être la place de l’université dans un dialogue entre théorie et pratique ?
-    Les problèmes historiographiques : des ouvrages fondamentaux qui ne comportent pas de notes de bas de page, leurs sources sont donc non vérifiables, comportant parfois des erreurs qui sont ensuite reproduites en chaîne par les travaux qui les citent.
-    Problème du lyrisme des commentaires et analyses. Un enthousiasme à la fois créatif et véhicule d’erreurs et de banalités.
-    Peut-on parler d’ « écriture marionnettique » ? Y a-t-il des champs thématiques et stylistiques spécifiques à la marionnette ? ouverts par la marionnette ? quels territoires privilégiés ?
-    Problème de la connaissance, compréhension et restitution de la dimension visuelle et technique (manipulation) - quand on n’est pas soi-même marionnettiste et - pour des spectacles pour lesquels on n’a presque pas de traces (contrairement à la dimension musicale du répertoire écrit où l’on peut s’appuyer sur un support).
-    Périodes anciennes : difficulté de retrouver les sources concrètes en raison de pratiques populaires, orales. Nécessité d’entrer en contact avec des historiens des périodes anciennes, même s’ils ne sont pas spécialistes des formes théâtrales.
-    Le manque de réseaux lié au problème de l’interdisciplinarité. Des travaux ont parfois été réalisés qui apporteraient des réponses à ces diverses difficultés, mais sont restés méconnus faute de diffusion et faute de mise en réseau des différentes disciplines.

Cette table-ronde a été suivie d’une heure et demie d’échange avec la salle, où tous les participants ont été invités à faire part de leurs idées, propositions, informations etc. Des fiches avaient été mises à disposition pour que chacun consigne par écrit les informations nouvelles afin que celles-ci soient compilées et viennent alimenter l’ensemble documentaire en cours de constitution.

L’après-midi fut consacré à des amorces de réponses aux problèmes soulevés le matin, ou du moins à un état des lieux de l’existant :
-    Lieux-ressource : Agathe Sanjuan, ancienne conservateur de la Bibliothèque Nationale de France et désormais Conservateur-archiviste de la Comédie-Française a présenté les différents fonds consacrés à la marionnette présents au département des Arts du spectacle de la BNF, qui contient à la fois des textes, des photographies, des gravures mais également de nombreux objets et accessoires. Lucile Bodson, directrice de l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézière et Céline Bourrasseau, documentaliste, ont ensuite exposé les collections présentes au centre de documentation de l’Institut ainsi que les modalités de demande de résidences et de bourses de recherche. Simone Blazy, directrice du Musée Gadagne à Lyon, et Marion Oudot, documentaliste du Théâtre de la Marionnette à Paris ont-elles-aussi exposé l’histoire, les ressources et le mode d’accès à leurs fonds de documentation. Signalons également le fonds Gaston Baty de l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris III) et le centre de documentation belge représenté par Francis Houtteman, directeur artistique du Créa Théâtre.
-    Méthodologies : Didier Plassard (professeur de littérature et arts du spectacle à l’Université Rennes II, spécialiste de la marionnette), Isabel Vazquez de Castro (maître de conférence de littératures et civilisations hispaniques à l’Université de Paris XII-Val de Marne, auteur d’une thèse sur la marionnette à Cadiz), et Denis Guénoun (philosophe, Université Paris IV-Sorbonne, dirigeant actuellement deux thèses sur la marionnette) se sont interrogés sur les difficultés et les atouts de la direction de travaux sur la marionnette et sur l’échange entre étudiant et directeur, en particulier dans la situation où ce dernier n’est pas spécialiste de la question.
-    Diffusion : Evelyne Lecuq, rédactrice de plusieurs articles et de la bibliographie de L’Encyclopédie mondiale de la Marionnette (à paraître début 2009) a présenté un état des publications, de l’existant et des lacunes. Elle a en particulier insisté sur l’absence totale de documentation concernant certaines zones du globe, et sur l’urgence de mettre en place des traductions de documents et de travaux importants réalisés dans des langues parfois rares. Sylvie Martin-Lahmani (directrice de rédaction de la revue de l’UNIMA, E pur si muove !, chargée d’enseignement sur les institutions du spectacle à l’Université Paris IV) et Eric Minnaert (ethnologue, marionnettiste au Théâtre du Petit Miroir) ont quant à eux mené l’enquête sur les enseignements existant à l’Université qui traitent de la marionnette, notamment dans les disciplines artistiques et les sciences humaines.
Un travail d’inventaire est également en cours à propos des ressources documentaires et de la diffusion par les revues et par internet.

Après l’intervention de Stanka Pavlova, qui a témoigné de son expérience alliant pratique de la marionnette et recherche fondamentale, Alain Lecucq, président de THEMAA, a clôturé la journée en soulignant le dynamisme et le potentiel qu’ont manifesté ces premières rencontres, tant par le nombre des personnes rassemblées, que par la quantité et la diversité des domaines abordés. Il a présenté les perspectives d’avenir : la pérennisation de la journée annuelle de rencontres pluridisciplinaires des chercheurs sur la marionnette sous forme de colloque, la mise en place d’une revue consacrée à la recherche sur la marionnette sur le plan international (UNIMA), le projet de mise en place d’une liste de diffusion et d’un site internet avec un forum de chercheurs.

Cette journée de travail avait été préparée par une enquête adressée aux « chercheurs » sur la marionnette (universitaires, praticiens et autres professionnels en contact avec la marionnette), interrogeant ceux-ci sur leur domaine de recherches, sur les disciplines d’approche et sur les méthodologies utilisées. Pour l’instant, 37 chercheurs français et étrangers ont répondu à cette enquête diffusée par les réseaux de l’association THEMAA, de l’Institut International de la Marionnette et de la liste de diffusion « Dramatica » (réseau universitaire) : ceux-ci représentent des approches de la marionnette aussi variées que celles des sciences de l’homme (histoire, ethnologie, anthropologie, philosophie, sociologie), approches artistiques (arts du spectacle, langues et littératures, arts plastiques, musicologie), applications éducatives et/ou thérapeutiques, approches juridiques etc.
Notons qu’aucun praticien français de Marionnette et Thérapie n’a répondu, mais que deux chercheurs du continent américain (Brésil, USA) représentent dans cette enquête le champ de l’expérimentation thérapeutique de la marionnette.

Cette enquête et cette journée inaugurale vont également aboutir à la création d’outils destinés à faciliter le travail des chercheurs sur la marionnette : une liste de lieux-ressource en France et à l’étranger, une bibliographie mise à jour, et surtout, la mise en réseau des chercheurs le désirant. L’attente la plus fréquemment formulée dans les réponses à l’enquête concerne en effet ce dernier point.
Ces éléments seront publiés dès que possible sur le site des Saisons de la Marionnette.

Si cela n’est pas encore fait, n’hésitez pas à remplir à votre tour cette enquête et à la diffuser aux personnes qui vous semblent être concernées par la recherche sur les marionnettes, même de façon tangente.

Le MANIP n°17 (janvier-mars 2009) proposera un compte rendu détaillé de cette journée de rencontre ainsi que les résultats de l’enquête menée auprès des chercheurs.

Pour la commission « Recherche, Patrimoine, Edition » des Saisons de la Marionnette,
Raphaèle Fleury

3- LE COLLOQUE ANNUEL

La journée du 4 octobre a inauguré la mise en place d’un colloque pluridisciplinaire annuel sur la marionnette et les théâtres d’objet.

Chantiers de réflexion :

- Rapprochement entre chercheurs et praticiens.

- Ouverture à l’international.

- Connexions interdisciplinaires.

- La formation.

- …

Merci de communiquer la présente information aux personnes susceptibles d’être intéressées.

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TAM TAM : Un projet / un territoire

TAM TAM - Les dessous de la Marionnette se veut une manifestation nationale mais toujours à échelle humaine.

Afin de toucher les publics au plus près et d’établir une véritable action de sensibilisation, de nombreuses structures en région ont travaillé dans un esprit de cohésion territoriale sous différentes formes.

Ce maillage créé dans les régions permettra d’inscrire cette action dans la pérennité et dans la cohérence d’un esprit propre à chacun.

> Retrouvez toutes les initiatives en région qui se dérouleront sur le temps TAM TAM !

Partenaires médias de TAM TAM - Les dessous de la marionnette

Retrouvez les médias partenaires de l’événement TAM TAM :

Programmation nationale

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Bientôt, l’événement TAM TAM - Les dessous de la Marionnette résonnera partout en France!

Des programmations, des expositions, des stages, des bals, des nuits entières de marionnette, il y en aura PARTOUT et pour TOUS.

TAM TAM, c’est 180 lieux, 225 compagnies et 18 régions impliqués. C’est près de chez vous!

  • Programme complet

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>> Nord-pas-de-Calais

>> Pays-de-la-Loire

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>> Poitou-Charentes

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>> Provence Alpes Côte d’Azur

>> Rhône-Alpes

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>> La Réunion

Contact

Coordination des Saisons de la marionnette

THEMAA

24 rue Saint-Lazare

75009 PARIS

Tel: 01 42 80 55 25

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Initiatives en région

“TAM TAM est moins une opération de communication qu’un fait incontestable.” Pierre Blaise

TAM TAM - Les dessous de la Marionnette se veut une manifestation nationale mais toujours à échelle humaine. Afin de toucher les publics au plus près et d’établir une véritable action de sensibilisation, de nombreusesstructures en région ont travaillé dans un esprit de cohésion territoriale sous différentes formes. Ce maillage créé dans les régions permet d’inscrire cette action dans la pérennité, dans la cohérence mais aussi dans le respect d’un esprit propre à chacun.

  • RÉGION BASSE NORMANDIE

Sous l’impulsion de l’Espace Jean Vilar et du Centre Régional des Arts de la Marionnette de Basse-Normandie (CREAM), différentes structures culturelles de l’agglomération et de la région participent à cet événement :

• Chaque lieu, selon ses possibilités, sa programmation et son projet, s’est engagé à accueillir un spectacle de théâtre d’objets et/ou de marionnette.
• Afin de donner une cohérence et un lien entre ces lieux, des petites formes courtes vont parcourir le territoire bas-normand, soit en lever de rideau, soit sur des lieux insolites, afin de promouvoir les arts de la marionnette.

• L’ODIA Normandie (Office de Diffusion et d’Information Artistique), associé depuis le début à ce projet, proposera le mercredi 14 octobre à Ifs à l’Espace Jean Vilar une journée de réflexion sur les écritures numériques et la marionnette.

D’autres projets sont mis en place comme l’accueil par Le Préau, Centre Dramatique Régional de Vire du Théâtre de Romette et de Marion Aubert, auteur dramatique  pour une création en octobre prochain.

Infos : T. 02 31 82 69 69 / http://espace-jean-vilar.jadelvoice.com

  • RÉGION CENTRE

Des compagnies montent un  collectif et des acteurs régionaux s’organisent en SEP.

• Collectif des compagnies de marionnettistes du Centre
Des marionnettistes de la Région Centre ont créé un collectif dans le but de profiter de TAM TAM pour montrer au public une image vivante et créative de la marionnette, mais aussi de l’art du marionnettiste.
Le projet aura un temps fort du 14 au 18 octobre, mais il a aussi pour but d’organiser des actions sur une saison. Pour la réalisation, les trois lieux de la Région Centre animés par des marionnettistes travaillent en étroite collaboration.
Infos : www.saisonsdelamarionnette.fr  / www.regioncentre.fr

• La SEP Tam-Tam région Centre
Dans le cadre de TAM TAM, des partenaires de la Région Centre se sont organisés en SEP (Société en Participation) afin de co-produire deux spectacles qui ouvrent TAM TAM le vendredi 16 octobre [19h] à l’Espace Culturel de Lunayen en région Centre et qui tourneront ensuite dans différents lieux de la région, au-delà des dates de TAM TAM.

Infos : T. 02 54 89 44 20 / www.lhectare.fr

  • RÉGION CHAMPAGNE-ARDENNE

La Région Champagne-Ardenne se mobilise pour «Les Saisons de la Marionnette».

Dans le cadre de cet événement national, la Région Champagne-Ardenne initie une opération de promotion de cet art auprès des professionnels et du public.
Elle invite les diffuseurs à proposer à des publics jeunes et adultes sur la saison 2008-2009 et jusqu’en décembre 2009 de découvrir la diversité et la richesse de la création pour marionnette en initiant deux propositions :
Une commande est passée à l’Institut International de la Marionnette par la Région, permettant d’associer une production à l’insertion professionnelle des élèves de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette nouvellement diplômés (en juin 2008). Le projet porte sur une série de petites formes clown-objets pouvant être jouées en lever de rideau ou associées pour former le corps d’une soirée : un travail mené par ces jeunes acteurs-marionnettistes sous la direction d’Alain Gautré, metteur en scène, à partir de leurs propositions et de leurs recherches personnelles.
Les diffuseurs sont invités à programmer les compagnies de Champagne-Ardenne disposant d’un répertoire de spectacles de marionnettes. L’opération peut être enrichie de propositions d’équipes non régionales. Ces actions feront l’objet d’un accompagnement financier (50% des cachets ou charges artistiques, selon les opérations) dans le cadre d’un volet spécifique aux conventions ou accords le liant aux lieux de diffusion.
L’ensemble de l’opération, coordonnée par l’ORCCA (Office régional culturel de Champagne- Ardenne), sera relayée par une communication générale, et les spectacles proposés seront présentés sous le label « Saison régionale de la marionnette ».

L’Office Régional Culturel de Champagne Ardenne vient de sortir une plaquette : « les Saisons de la Marionnette en Champagne-Ardenne »
« Coordonnées  par l’Orcca et grâce à l’implication des responsables de programmation des salles de spectacles de la région, les « Saisons de la Marionnette en Champagne-Ardenne » proposent au public jeune et adulte de découvrir sous diverses facettes, cet art à travers le travail des compagnies implantées sur le territoire. » (Jean Paul Bachy, Président du Conseil Régional de Champagne-Ardenne).

Cette plaquette fait aussi la lumière les différentes structures existantes en particulier l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières et les lieux de diffusion de la région.

CONTACT / INFO :

Orcca - Bruno Désert,chargé de mission danse théâtre

Tél. : 03 26 55 71 79 / E-mail : bruno.desert@orcca.fr

  • RÉGION EST

Créée le 28 mars 2007 à Langres, Quint’Est est une association professionnelle qui regroupe une trentaine de directrices et directeurs de structures culturelles du Grand Est. Le Grand Est regroupe les cinq régions suivantes : Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté et Lorraine. Ce réseau travaille autour des objectifs suivants :
- promouvoir la création artistique, favoriser la mise en œuvre de moyens de production (coproduction, repérage de lieux de résidence,…), accompagner des artistes dans leur parcours et leur rapport aux publics,
- contribuer à une meilleure circulation des œuvres du spectacle vivant dans les cinq régions du Grand Est, ainsi qu’au plan national, voire international, et notamment les productions des compagnies implantées ou travaillant dans ces cinq régions,
- favoriser l’ouverture à toutes les disciplines artistiques, notamment les formes innovantes, et être attentif aux jeunes artistes et compagnies,
- organiser des temps de rencontre artistique (présentation de projets, phase de travail de projets en cours…) ou temps de visionnement de spectacles.
Le réseau Quint’Est a lancé l’idée d’organiser un “Brouillon” marionnette sur le grand est. Les brouillons sont des temps où nous permettons aux compagnies de présenter leur projet en devenir pour ensuite les aider en mutualisant.

  • RÉGION ILE DE FRANCE

Du 14 au 24 octobre 2009, FIGUREN FOCUS / Coup de projecteur sur le théâtre de marionnettes allemand

Le théâtre de marionnettes allemand, appelé de façon générale «Théâtre de figures» (Figurentheater) tient une large place au sein de la création contemporaine. En témoigne l’existence de nombreux festivals qui lui sont consacrés toute l’année ainsi qu’un nombre important de compagnies, tous portés vers cet art qui a toujours été fort et diversifié, s’adressant tant aux enfants qu’aux adultes.
Le Théâtre de la Marionnette à Paris s’associe à des partenaires fidèles pour la mise en œuvre de cette manifestation. Les spectacles seront ainsi programmés dans plusieurs lieux de Paris et d’Ile-de-France : le Théâtre Dunois (Paris 13ème), le Théâtre Paris-Villette (Paris 19ème), le Théâtre aux Mains Nues (Paris 20ème) et la Ville de Pantin (93).

Infos : Théâtre de la Marionnette à Paris T. 01 44 64 79 70 http://www.theatredelamarionnette.com

Mais aussi…

Le Festival Théâtral du Val d’Oise a décidé d’orienter sa programmation cette année sur les arts de la marionnette.

Le festival M.A.R.TO souhaite pour ses 10 ans, et dans le cadre de TAM TAM, proposer une nuit de la marionnette en avant-première du festival.

L’ARCADI, établissement public de coopération culturelle pour les arts de la scène et de l’image crée par la région Ile de France et l’État, proposera  l’occasion de TAM TAM, une journée de débat, d’échange et d’information : “Oser la Marionnette, vers de nouveau territoires”.

…

  • RÉGION LANGUEDOC ROUSSILLON

Le festival Art’Pantin organisé chaque année par le collectif AREMA a lieu cette année pendant TAM TAM;

Infos : http://webchtal.free.fr/

  • RÉGION LORRAINE

Du 6 au 18 octobre, le Centre Culturel Pablo Picasso d’Homécourt-Scène conventionnée jeune public, organise une tournée en décentralisation sur la Communauté de Communes.

Dans le cadre de TAM TAM, le Centre Culturel Pablo Picasso d’Homécourt propose une programmation en décentralisation sur l’ensemble de la Communauté de Communes du Pays de l’Orne, autour de formes courtes des compagnies “Trois Six Trente” et “En Verre et Contre Tout”. L’ensemble des pièces sera présenté à Homécourt.
Impromptus de formes marionnettiques pour le jeune et le tout public, les marionnettes hyperréalistes sculptées et peintes par Marguerite Bordat et animées par Anne Dupagne, Junie Monier et Philippe Rodriguez-Jorda, effaceront les limites du réel, en équilibre avec les marionnettes sur table de Sophie Ottinger et Laurent Michelin qui viendront rencontrer les publics ruraux et urbains.

Infos : T. 03 82 22 27 12 / http://ccpicasso.free.fr

  • RÉGION MIDI-PYRÉNÉES

Avec le G.R.A.M. (Groupe de Réflexion pour les Arts de la Marionnette) une dizaine d’initiatives ont lieu dans la Région.

Trois structures (Odradek/Compagnie Pupella-Noguès, Marionnettissimo et l’Usinotopie) se rencontrent régulièrement depuis 2007, échangent et créent des passerelles entre elles dans le but de créer une nouvelle dynamique autour des arts de la marionnette. Ainsi s’est constitué le GRAM (Groupe de Réflexion pour les Arts de la Marionnette). Ce groupe s’est aujourd’hui ouvert à d’autres personnalités impliquées dans le théâtre de marionnettes en région afin de stimuler une série d’initiatives dans le cadre de TAM TAM. Ils ont travaillé autour de la formation de « binômes » entre équipes artistiques et structures de programmation, ce qui a permis d’impliquer un grand nombre d’acteurs de cette discipline.

Chaque couple (ou regroupement) a pu développer le projet de son choix sous forme de spectacles, expositions, colloques, déambulations, documentaires, films, stages…, aussi bien dans des théâtres que dans des lieux atypiques : rues, jardins, musées, hôpitaux, bus, magasins…
Leur optique ?  Investir l’ensemble de leur territoire et mettre en lumière la richesse, la diversité et la dynamique artistique autour des arts de la marionnette en Midi-Pyrénées.

Infos : Lysiane Louis T. 06 72 65 91 13

  • NORD PAS DE CALAIS

La Compagnie de l’Oiseau-Mouche (Roubaix) et la Maison Folie de Moulins se sont associés dans le cadre de TAM TAM - Les dessous de la Marionnette pour permettre aux spectateurs métropolitains de découvrir de nombreuses formes liées à l’Objet.

Chacune des structures propose une programmation spécifique les mercredi 14, jeudi 15 et vendredi 16 octobre et mettent en place ensemble un parcours le week-end des 17 et 18 octobre.
Rendez-vous le samedi 17 octobre de 15h à 18h au Théâtre de l’Oiseau-Mouche / Le Garage et le dimanche 18 octobre de 14h à 19h à la Maison Folie de Moulins.

  • RÉGION PICARDIE

Le Tas de Sable-Ches Panses Vertes, Pôle des Arts de la Marionnette en Picardie s’associe à la Maison du Théâtre d’Amiens pour une programmation durant tout le mois d’octobre.

Infos : Tél. : 03 22 92 19 32 / Site : www.letasdesable-cpv.org

  • RÉGION POITOU CHARENTES

Le collectif des compagnies de Théâtre de marionnettes et arts associés du Poitou-Charentes existe et se réunit régulièrement depuis 2007. Ce collectif, né de l’initiative de THEMAA, souhaite promouvoir l’art de la marionnette en France dans le cadre des « Saisons de la Marionnette 2007-2010 ».
L’Agence régionale soutiendra le collectif Poitou-Charentes, dans la mesure de ses moyens, pour la manifestation TAM-TAM et pour toutes actions visant à impulser une dynamique autour des Arts de la marionnette.

  • PROVENCE ALPES CÔTE D’AZUR

Le Parvis de Arts, la Compagnie du Funambule, le Cri du Port et Arts Terres présentent un projet commun à l’occasion de l’événement TAM TAM.

Contact / infos :

Arts Terres festival Sur le Fil > Tél. : 04 91 81 34 25 / Site : www.arts-terres.org
Compagnie du Funambule > Tél. : 04 91 91 59 00 / Site : http://pagesperso-orange.fr/compagnie.
funambule/
Cri du Port / Inter Play Time / Jazz sur la Ville > Tél : 04 91 50 51 41 / Site : www.criduport.fr/
Théâtre Le Parvis des Arts > Tél. : 04 91 64 06 37 / Site : www.parvisdesarts.com

  • REGION RHÔNE ALPES

Dans le Département, une opération « Sillons » pour des mariages entre des marionnettistes et des villages de l’Ain.

Ce projet invente des mythologies bricolées et imaginaires à partir des traces et des bribes trouvées dans les villages de l’Ain :
Dans le Bugey : la Commune de Neuville-sur- Ain et la Communauté de Communes de Bugey Vallée de l’Ain. Le projet associe la Mairie, l’Association Les Vieux Clous de l’écomusée, le Syndicat d’Initiative et la Bibliothèque Municipale.
Dans le Revermont : la Commune de Ceyzériat. Le projet associe le collège de Ceyzériat et la Bibliothèque.
Dans la Dombes : les Communes de Villars-les-Dombes et de Châtillon-sur-Chalaronne. En partenariat avec l’Association Cuivre en Dombes, le projet associe deux maisons de retraite de Villars-les-Dombes et Châtillon-sur-Chalaronne.
Dans la Bresse : la Commune de Saint-Etienne du-Bois (en cours de montage). Le projet associe la Bibliothèque, la Maison du Pays de Bresse, l’Office du Tourisme.

Infos : Compagnie Arnica  T.04 74 30 91 99 /http://compagnie.arnica.free.fr/

  • LA RÉUNION

Du 29 septembre au 24 Octobre 2009, un mois pour la marionnette

Cet événement national rassemble un grand nombre d’acteurs culturels sur l’ensemble du territoire autour d’un même projet. Différentes structures à la Réunion s’impliquent dans cet événement afin de lui apporter un véritable impact régional (Les Bambous, l’ODC, le CDOI, Le Séchoir, La Lanterne Magique, la Salle Georges Brassens des Avirons, le Théâtre Vladimir Canter, le Théâtre Luc Donat).
Le Théâtre des Alberts, compagnie de marionnettes réunionnaise, adhérente à THEMAA , est le relais régional de ce temps fort. Le Théâtre des Alberts a été créé en 1994 à Saint-Paul par Vincent Legrand et Danièle Marchal. La compagnie réunit des artistes venant de divers horizons, mais tous passionnés par les arts de la marionnette. Depuis sa création, la compagnie a privilégié, tout au long de son parcours, échanges et collaborations avec des artistes reconnus, pour enrichir son travail d’autres influences. Aujourd’hui, en coordonnant ce Mois pour la marionnette, la compagnie propose de mettre en partage toutes ces rencontres. Le coeur de cette manifestation se déroulera sur la commune de Saint-Paul (commune d’implantation du Théâtre des Alberts), du 14 au 18 octobre dans le cadre de TAM TAM.

Infos : Le théâtre des Alberts  T. 02 62 32 41 77 / http://www.theatredesalberts.com

Accueil

Bienvenue sur le site des Saisons de la Marionnette

Exposition « Marionnettes, territoires de création » prochainement à Besançon

Du vendredi 15 juin au jeudi 8 novembre 2012

L’exposition « Marionnettes, territoires de création » va s’installer au Musée Comtois, au cœur de la Citadelle de Besançon, à partir du 15 juin. Elle ira rejoindre et compléter la collection de marionnettes du musée pour devenir une exposition enrichie, présentant notamment la traditionnelle marionnette comtoises et la marionnette politique de ces dernières années.

L’exposition sera accompagnée d’ateliers de création de marionnettes et d’initiation aux arts de la marionnette, ainsi que de plusieurs spectacles.

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Suivez l’expo…

> Tout savoir sur l’exposition

Vous souhaitez accueillir l’exposition

> Voir disponibilités

Contact : Valérie Marchand - 01 42 80 55 25 - exposition@themaa-marionnettes.com

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Les « Saisons de la Marionnette », ont été l’occasion d’un regroupement de la profession afin de faire (re)connaître une marionnette contemporaine audacieuse, riche d’une histoire et en symbiose avec son temps !
Elles ont eu lieu de 2007 à 2010 et continue d’exister par la fédération des professionnels et les nombreuses actions collectives qui continue d’être mises en place.

En vous promenant sur le site, vous trouverez les différents textes de réflexion des groupes de travail, les actions qui ont été menées et leurs fruits.

Vous avez dit « Saisons de la Marionnette » ?

A l’initiative de THEMAA (Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts Associés), des acteurs représentatifs du monde de la marionnette - l’Institut International de la Marionnette, le Théâtre de la Marionnette à Paris, le TJP CDN d’Alsace, le Département des Arts du Spectacle de la Bibliothèque Nationale à Paris, le Musée Gadagne de Lyon - et de nombreux artistes se sont rassemblés autour du manifeste « 2007-2010 : Saisons de la Marionnette ». Par leurs énergies conjuguées, ils travaillent à l’affirmation d’une politique publique en faveur des arts de la marionnette qui réponde aux enjeux d’une plus large diffusion et reconnaissance de ce que ces arts peuvent produire de plus imaginatif et novateur.

Vos commentaires sont les bienvenus !

les intervenants

Aline ANDREU

Aline Andreu est infirmière depuis 35 ans  dont 25 ans à domicile. Elle est également sophrologue, et suit actuellement une formation en massage. Ainsi, le rapport au corps fait partie de son univers quotidien : le corps, le corps du monde, le corps dans toutes ses oeuvres de transformation, le corps comme un cri qui épouse toutes les gammes du silence au vacarme… Animant depuis ces 6 dernières années des ateliers réguliers d’écriture en tant que miroir, reflet du vivant., elle relie ainsi naturellement l’animé et l’inanimé.
Elle établira une passerelle entre MIMA, le festival de la marionnette de Mirepoix  et MARIONNETTISSIMO dans l’agglomération toulousaine.

Invitée par MiMa- Festival de la Marionnette de Mirepoix & MARIONNETTISSIMO, Festival international de Formes Animées, A venir > août puis novembre 2009

Philippe CHOULET

Professeur agrégé (chaire supérieure) de philosophie en classe de Première supérieure ULM au Lycée Fustel de Coulanges et en classe préparatoire HEC au Lycée Kléber (Strasbourg), Professeur d’histoire de l’art à l’Ecole Emile Cohl (Lyon).
A publié de nombreux articles d’esthétique, d’anthropologie et d’histoire de la philosophie. En particulier : «Anthropologie de la marionnette : comment interroge-t-elle la culture humaine ? D’où vient son pouvoir sur les enfants et sur les peuples ? »

Invité par le TJP de Strasbourg, automne 2008

David Michael CLARKE

David Michael Clarke est né à Poole en Angleterre.
Il a étudié à l’Ecole des Beaux Arts de Glasgow en Écosse et a été un artiste actif sur la scène artistique de Glasgow dans les années 1990.
En 1996, il a gagné le prix Richard Hough pour ses diaporamas, dans lesquels il combinait un commentaire unique avec une suite d’images ressortissantes de la presse médiatique et de sa vie privée.
Aujourd’hui, il vit et travaille à Nantes où il continue d’explorer ses sujets préférés de « l’art and l’amour » à travers la photographie, la vidéo et le son.

Invité par le Carré - Scène nationale de Château-Gontier, A venir > Automne 2009

Octave DEBARY

Maître de conférences (Université Paris 5, IUT René Descartes).
Membre du laboratoire de recherche du LAHIC (Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain) à Paris.
Docteur en anthropologie sociale de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, il a mené sa thèse « La fin du Creusot ou l’art d’accommoder les restes » soutenue en 2001 sous la direction de Jean Bazin.
Par la suite, il s’est engagé dans des études postdoctorales à l’université du Québec à Montréal / Université Laval Québec (rattaché à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine – titre de la recherche : « Objets et mémoires : des objets recyclés à la mémoire rachetée », 2003).
Il développe une approche anthropologique de la mémoire et du musée.
Il vient de publier dernièrement, avec Laurier Turgeon, l’ouvrage collectif « Objets et Mémoires », Paris-Québec, Msh-Pul, 2007.

Invité par le Théâtre de la Marionnette à Paris, mai 2008

Pierre LASCOUMES

Docteur en droit et diplômé en sociologie (Bordeaux) et criminologie (Montréal).
Entré au CNRS en 1978, il est aujourd’hui directeur de recherche au CEVIPOF, (Centre de recherches politiques de Sciences Po).
Il a longtemps travaillé dans le domaine de la sociologie du droit et de la justice, d’abord dans une équipe de recherche du ministère de la Justice (SEPC, 1974-1985), puis comme chargé de recherches à l’université de Genève (CETEL, 1985-1989).
Il s’est alors orienté vers l’analyse des politiques publiques et a été affecté dans une équipe de l’université Paris-I (GAPP, 1989-2000).
Enfin il a intégré le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).
Il enseigne dans le master « Politique et sociétés en Europe » et il est responsable de la spécialité « Politique publique ».
Il fait partie des réseaux européens « Déviance et société » et « Droit et société ».
Il est un des animateurs du Centre Michel Foucault.
Depuis 2004, il préside la Section 40 du Comité national du CNRS.

Invité par le festival excentrique, A venir > automne 2009.

Philippe ROMAN

Philippe Roman tient actuellement une auberge en Savoie.
Né en 1947, comédien de formation, il se dirige à 27 ans vers la cuisine.
Il a écrit et édité 2 livres de recettes : « Mets et mots » Collection gastronomie dirigée par Bernard Stéphane et « Cochon, rimailles et ripailles » chez Jean-Paul Rocher éditeur.
Son point de vue commencera au mois de mai aux Semaines ouvertes à l’Insolite à Paris pour se poursuivre sur la saison 2008-2009.
Le « rendu » est prévu pour la première semaine de février 2009 et consistera en une conférence-repas. Nous aurons donc droit à une « dégustation marionnettique » ! et en un texte qui sera écrit en vers !

Invité par le Théâtre de Bourg en Bresse, février 2009.

Damien SCHOEVAERT-BROSSAULT

Morphologiste et biomathématicien, chercheur au Laboratoire de Biologie Andrologique de la Procréation de l’Université Paris-Sud et à l’Institut Universitaire d’Hématologie de l’Hôpital Saint-Louis à Paris.
Il poursuit des recherches sur l’analyse et la modélisation du mouvement cellulaire par vidéographie à l’Institut universitaire d’hémotologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris.
Il mène un travail artistique sur l’image en réalisant des spectacles de théâtre d’objets.
Anime depuis 5 ans un groupe de travail : « Voir et produire des images d’art et de science. »
Il a créé le décor-livre du spectacle Les Anges (Théâtre sans Toit).

Invité par le Théâtre sans Toit et la ville d’Argenteuil, octobre 2008

Emmanuel THIEBOT

Emmanuel Thiébot, historien au Mémorial de Caen, est spécialiste d’histoire contemporaine et plus particulièrement de la Seconde Guerre mondiale et de la Franc-Maçonnerie.
Auteur de nombreux ouvrages édités chez Larousse (Scandale au Grand Orient) et aux éditions du Mémorial de Caen (Hitler et le nazisme, Mussolini et le fascisme, Les armes secrètes allemandes, Les chars spéciaux du Jour J, Histoire de la Seconde Guerre mondiale).
Rédacteur d’articles ponctuels dans Le Monde, Phosphore, Ouest-France et Liberté de Normandie.
Il dirige aussi un séminaire d’histoire dans le cadre de l’Université Populaire de Caen mise en place par Michel Onfray.

Invité par le festival de Dives sur Mer, juillet 2008.

le projet

Les Points de Vue

Je dis à Marie-Josée Mondzain :
« Vous êtes philosophe. On aime votre travail sur les choses. Vos réflexions sur les images. Voulez-vous venir philosopher avec nous sur les œuvres ? »

Elle me dit oui. : « On pourrait inviter pendant toute l’année des philosophes à regarder ce que des artistes ont regardé. Un effet de chaîne comme ça, voyez-vous ? Quelqu’un, un artiste, regarde quelque chose, en fait un spectacle ; ce spectacle, un philosophe le regarde et raconte à d’autres, les spectateurs en l’occurrence, comment lui, il a regardé tout ça. Voyez-vous ? Quelque chose comme ça. On pourrait voir ainsi comment on regarde. Comment on regarde ce que quelqu’un a regardé. Comment en regarde.
Voyez-vous ? Qu’en pensez-vous ? On pourrait faire ça.
Moi, je le vois comme ça ! Qu’en pensez-vous? »

Pascal Rambert
Gennevilliersroman 0708
(Les solitaires intempestifs) oct. 2007

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Les Saisons de la marionnette 2007/2010 sont une belle occasion d’alimenter la réflexion collective. Confronter d’autres formes de pensée à l’univers des Arts de la marionnette est un maillon essentiel de cette réflexion. Pour cela, une série de rendez-vous est envisagé, chacun cédant la parole à une personnalité extérieure au spectacle vivant. Celle-ci exposera, ainsi, son point de vue sur les arts de la marionnette contemporaine, tels qu’ils se déclinent aujourd’hui, et offrira des idées, sans aucun doute, nouvelles…
Le regard d’un anthropologue, d’un plasticien, d’un philosophe ou encore d’un scientifique, seront des traces nées de l’émotion et de la réflexion ; traces sur le chemin parcouru entre l’artiste et le spectateur. Nous savons tous que la scène n’est pas le lieu des certitudes ; elle produit de la sensibilité, des idées, des utopies nécessaires à la respiration humaine. Ces Point de vue rendront compte de l’éphémère, le temps de la représentation. Car ce que nous avons besoin, ce que nous recherchons à travers ces regards obliques, ce sont des « des ouvertures ou des entrebâillements sur un espace autre qui ne serait pas un autre monde mais notre monde compris autrement » (Philippe Jacottet).
Ainsi, nous cultiverons la relation exigeante et chaleureuse autour de la création, nous mesurerons la distance entre le regard d’un artiste et un regard inattendu, nous questionnerons autrement, à travers l’oeuvre artistique, la réalité d’une époque complexe et troublante, nous interrogerons la notion de passeurs de culture. C’est à un rendez-vous sensible que sont conviés ces personnalités et ces artistes dans une relation où la représentation au delà des émotions qu’elle déclenche doit être l’occasion d’engager un débat qui est celui des idées.
Aidés par cette action, nous plaiderons une cause sans doute, encore aujourd’hui, considérée comme incongrue. Cause qui réclame une même égalité de considération et de traitement pour toute forme de recherche, qu’elle soit scientifique, anthropologique, philosophique… et artistique, aussi fondamentales
les unes que les autres. En effet, toutes ces recherches par les voies de la raison et du sensible n’ont-elles pas le même projet, celui d’éclaircir notre propre représentation du monde, quelle qu’en soit son expression ?
Ces point de vue sont finalement des histoires simples, si nécessaires et tellement urgentes. Ils seront l’occasion d’une publication, un outil supplémentaire pour privilégier le jeu des relations entre les œuvres et les hommes.

Pour une charte des CDAM

Qu’est-ce qu’un CDAM ?

C’est une distinction (label ?) donnée par le Ministère qui reconnaît le travail particulier d’un artiste ou d’une compagnie, dont le travail est reconnu (conventionné), et qui a envie de transmettre son regard.
Cette distinction correspond à un conventionnement particulier, et à des subventionnements supplémentaires pour que les missions supplémentaires soient soutenues et financées.
Les CDAM sont souhaités comme des lieux de partage artistique, d’accompagnement et de soutien des artistes dans leur parcours professionnel. Cette réflexion doit se faire avec les collectivités territoriales, afin que naissent des lieux véritablement solides et soutenus pour être en mesure d’atteindre leurs missions.

Quelle(s) particularité(s) ?

Ce qui caractérise un CDAM c’est la TRANSMISSION qui peut se traduire de façons différentes :

- Un regard sur des productions de jeunes artistes (el/ou moins jeunes)
- Des formations reconnues/validées
- Un espace d’expérimentations.
- Mise en réseau ave les structures de diffusions et productions.

Les CDAM rempliront une ou plusieurs de ces missions, suivant le désir de la compagnie.
Cette compagnie peut posséder son lieu ou négocier un espace avec un lieu de production/diffusion.

Concrètement ?

- En architecture, un Cdam se caractérise par :

- Un plateau de travail,
- Un atelier de construction équipé (menuiserie, soudure, etc), accolé au plateau,
- Un atelier propre, pour les travaux plus minutieux (couture, etc),
- Un plateau entièrement modulable pour toutes les formes que prennent les arts de la manipulation (les questions d’échelle et de techniques, différences de niveau (gaine / fil par exemple) : scène, gradins, accroches, etc,
- Un lieu de stockage conséquent
- Un lieu d’accueil
Prendre en compte le temps d’écriture lié à toutes les particularités de l’écriture marionnettique, élément incompressible de la production.

- C’est une structure qui accueille et accompagne des jeunes compagnies et/ou des jeunes artistes :
- Par un regard bienveillant et exigeant sur le travail
- Par un soutien administratif
- Par une aide à la production et à la résidence, qui puisse permettre une visibilité dans le circuit des structures de diffusion et de production.

- Un lieu qui soit un espace d’expérimentation artistique :

L’expérimentation constitue un élément prépondérant du cheminement créatif. Elle permet aux artistes de rapprocher leurs pratiques, leurs compétences et de les enrichir. A fortiori dans un art qui recourent à des techniques diverses et fait de l’interdisciplinarité un maître mot.

Elle revêtirait des formes aussi variées que : La résidence de création, la mise en espace, la réalisation de maquette, la présentation d’un travail en cours, la mise à l’épreuve d’une idée… Autant de démarches qui permettent de cerner au plus près la nature profonde d’un projet et d’en préciser les contours, tout en échappant à l’imitation de ce qui est déjà connu. Le fruit de ces recherches seraient ou non présenté au public et aux professionnels, en fonction de l’objectif que leur assigneraient les équipes artistiques.

- Un lieu de rencontre et de ressources : cycles de rendez-vous thématiques, de forums, organisés autour de personnalités issues d’autres disciplines (danseurs, plasticiens, auteurs, philosophes, sociologues, scientifiques…), élaborés en partenariat avec les universités, par exemple.

- Un espace de formation :
- Initiale
- Continue (voir compte-rendu du groupe formation

- Approfondissement ou apprentissage dans une technique :
Peut-être faut-il mettre en place des stages avec ou dans l’Ecole, ou compter sur certaines compagnies pour les mettre en place. Cela pourrait s’appuyer sur les CDAM entre autres.

- Compagnonnage sur un projet porté avec l’Ecole ou après l’Ecole :
Aprèsl’Ecole. Des étudiants, pour leur premier projet professionnel, demandent à être accompagnés par des metteurs en scène qu’ils ont eu l’occasion de croiser à l’Ecole ou dont ils ont vu des spectacles. C’est une des missions principales des CDAM.

Un réseau

Les CDAM n’ont pas pour vocation d’être des lieux qui fonctionnent en autarcie, mais des lieux qui fonctionnent en réseaux :

- Le réseau des lieux de diffusion et production du territoire sur lequel il est implanté. Ce réseau pourrait être mis en place par Themaa.

- Le réseau national de diffusion de la marionnette.

Les compagnies ont besoin d’une visibilité à Paris. C’est pourquoi il est nécessaire qu’il y ait un Théâtre de la Marionnette à Paris, qui soit, entre autres, la vitrine nationale, du travail de repérages fait sur tout le territoire par les CDAM.
Ce réseau pourrait être piloté par le Théâtre de la Marionnette à Paris.

- Le réseau des lieux de formation (avec les CDAM volontaires) :

La définition des contenus est fondamentale puisqu’elle engage la responsabilité artistique de l’ensemble des partenaires : les CDAM, les lieux- relais (et compagnies), Themaa comme représentant l’ensemble de la profession et l’Esnam comme organisme de formation.
Ce groupe pourrait être même un groupe de recherche sur la pédagogie de la marionnette, collecter des témoignages sur la transmission et s’intéresser à l’épistémologie de l’enseignement de cet art.

Conclusion :

Aujourd’hui, des lieux existent sur le territoire qui offrent les conditions nécessaires à la production de spectacles de marionnette et n’ont pas les moyens d’assurer pleinement cette mission, et leur nombre n’est pas suffisant.. Des lieux intermédiaires où le travail en cours rencontre le public. Sans s’isoler de la diffusion. Il s’agit dans un premier temps de reconnaître ce travail et de le financer, de le développer. il nous apparaîtrait pertinent d’envisager la labellisation ou l’implantation des lieux en tenant compte des expériences déjà menées sur le territoire, des initiatives prises par les compagnies
Le cahier des charges ne peut être modélisé pour tous les CDAM. Comment modéliser un regard ? Ce conventionnement supplémentaire est donc à négocier au cas par cas. Il peut être une durée de trois à cinq ans et reconductible.

Un tel maillage du territoire des CDAM, tout en intégrant les impératifs de création et de diffusion, autoriserait un croisement de l’ensemble des arts de la scène et s’ avèrerait un formidable outil au service de la rencontre des écritures scéniques et des écritures textuelles contemporaines.

Mise en place d’un groupe de travail CDAM

COMPTE-RENDU DE LA PREMIÈRE RÉUNION DU GROUPE DE TRAVAIL CDAM

SAMEDI 25 OCTOBRE 2008 À 10H À LA NEF

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Dans le cadre des « Saisons de la Marionnette » et répondant à une demande de la profession lors des Etats Généraux, le Ministère de la Culture a décidé, à titre expérimental, de conventionner quatre lieux consacrés à la marionnette sur les années 2009, 2010 et 2011. Ils répondent aux critères suivants :
- Architecture avec plateau et atelier.
- Implication des collectivités territoriales
- Structures accompagnant de jeunes artistes
- Rapport aux publics.
- Ils sont portés par des compagnies conventionnés et sont donc dirigés par des artistes.
Cette convention porte le nom de « lieu compagnonnage marionnette ».
Ces quatre lieux sont : Odradek (Cie Pupella Noguès/ Toulouse), Bouffou Théâtre à la Coque (Cie Bouffou Théâtre/ Hennebont), VéloThéâtre (Vélo Théâtre/ Apt), Les Tas de Sable-Ches Panses Vertes (Ches Panses Vertes/ Amiens).
La DMDTS sera très attentive à ces lieux et renforcera leurs conventions ou élargira le nombre de ces lieux.

Le groupe CDAM des « Saisons » est constitué de personnes :
Jean-Louis Heckel – La Nef, Serge Boulier – Bouffou Théâtre à la Coque, Alain Recoing – Théâtre aux Mains Nues, Giorgio Pupella – Odradek, Benoît Joëssel –Théâtre des 13 Vents, Samia Djtili – Notre Petite Entreprise, Patrick Boutigny – Themaa, Sylvie Baillon – Le Tas de Sable - Ches Panses Vertes.

Ils viennent d’horizons différents pour continuer de réfléchir à la particularité de ces lieux.  Centre de Développement des Arts de la Marionnette n’est pas le vocabulaire choisi par le Ministère et ce sigle semble plus large que le lieu compagnonnage marionnette .

Le but de ce groupe de travail est de réfléchir sur les nouvelles conditions économico-politiques de l’exercice de nos métiers (et en particulier pour les arts de la marionnette), l’écriture d’une charte et d’un cahier des charges, la mobilisation des élus pour ces arts, la mise en place d’actions communes et/ou complémentaires, la constitution d’un réseau national voire européen de lieux conventionnés « lieux compagnonnage marionnette » ou non.

Synthèse des axes forts de la charte cdam :
-    Affirmer d’abord que ce sont des lieux artistiques pour expérimenter et créer, où les arts de la marionnette sont des arts majeurs, des lieux de curiosité artistique
-    Les cdam ne sont pas que des lieux de compagnonnage, ou faut-il s’entendre sur le mot compagnonnage (le compagnonnage peut être aussi une relation aux publics)
-    Affirmer la notion d’espace et de temps pour travailler
-    Affirmer la transversalité artistique et les écritures contemporaines
-    S’affranchir des modèles et des jargons pour mieux inventer.

L’après-midi a eu lieu une rencontre de ce groupe ouverte à toutes personnes intéressées par le sujet :
«  Politiques culturelles et lieux pour la marionnette (CDAM) : quelles résonances ? ».

Avec :
- Anne-Laure BRION, chargée de mission Jeunes Publics, Arts du cirque et de la rue et Lieux intermédiaires au Conseil général de la Seine Saint-Denis et Jean-Louis Heckel, directeur de la Nef à Pantin.
- Hélène CHEDORGE directrice de la culture au département du Morbihan , et Serge Boulier directeur du Bouffou Théâtre à la Coque.
- Delphine Crublet, chargée des lieux et des territoires au Service Culturel du Conseil régional de Picardie et Sylvie Baillon, directrice du Tas de sable.

Témoignages tour à tour des aventures des lieux et des collaborations avec ces collectivités territoriales.
Echanges avec la salle de demandes de précisions et d’autres témoignages (Cie Pupella Nogues, département 92, François Lazaro, Jean-Pierre Lescot …)
Qu’est-ce que c’est un partenariat avec une collectivité ? Qu’est-ce qui enclenche ce partenariat avec un lieu ? Quelle(s) sont les demandes par rapport aux publics ?

Lieux et compagnies partenaires de l’opération TAM TAM

De nombreuses structures de tout type

se sont constitué partenaires du projet.

Aujourd’hui, c’est plus de 170 lieux qui programmeront des spectacles, des expositions, proposeront des événements spécifiques, accueilleront des résidences pendant le temps TAM TAM et plus de 200 compagnies qui y participent !!!

D’autres temps forts se déroulent autour de ces dates.

Vous les retrouverez tous bientôt dans un programme qui sortira courant septembre.

le projet

Cinq jours pour la marionnette

Les « Saisons de la marionnette 2007 – 2010 » vont organiser sur les deux ans à venir différents temps forts dont l’événement TAM TAM - Les dessous de la Marionnette. Il s’agit d’une semaine nationale de la marionnette qui aura lieu du 14 au 18 octobre 2009.

Cet événement rassemblera nombre d’acteurs culturels sur l’ensemble du territoire national autour d’un même projet, pour une action significative et lisible. Il constituera un des maillons du dispositif global que sont les Saisons de la marionnette et sera porté par de nombreuses structures nationales.

C’est dans le cadre de TAM TAM que nous prenons contact avec vous. Nous souhaitons vivement que le plus grand nombre d’acteurs culturels s’engage dans cet événement afin de lui apporter un véritable impact national.

Les objectifs de TAM TAM sont clairs :

  • Montrer la richesse de la création contemporaine de la marionnette
  • Rappeler sa place particulière dans le spectacle vivant
  • Obtenir une meilleure (re)connaissance de cet art.

 

TAM TAM ne sera donc pas une simple action de diffusion, mais inscrira les bases d’une réelle politique en faveur des arts de la marionnette. Cet événement stimulera l’engagement de différentes structures culturelles et collectivités territoriales à la coproduction de spectacles.

La coordination de TAM TAM - Les dessous de la Marionnette sera assurée par THEMAA en tant que coordinateur des Saisons de la Marionnette et le groupe Profession porté par Isabelle Bertola, directrice du Théâtre de la Marionnette à Paris.

Si vous souhaitez vous impliquer dans cet événement, nous vous remercions de bien vouloir prendre contact avec nous dès maintenant.

THEMAA / 01 42 80 55 25

Théatre de la Marionnette à Paris / 01 44 64 79 70

 

Téléchargez le dossier:

Présentation / Initiatives en région / Lieux partenaires

Vous êtes partenaire : Pour les éléments de communication, vous pouvez récupérer le logo ci-dessus ou bien nous contacter pour recevoir les deux logos et l’affiche par courriel.

 

Préfiguration du parcours

ALLER ET RETOUR – LES MARIONNETTES CONTEMPORAINES ET CRAIG

PREFIGURATION DU PARCOURS

Au stade actuel de la proposition, nous ne présentons que les esquisses d’un parcours d’exposition. Celles-ci seront dépeintes dans le détail et dans leur contexte scénographique le moment venu avec le fonds CRAIG de la BnF.

? CONVERGENCES

? - Le rejet du réalisme
? - L’absence de primauté du texte
? - L’architecture de l’espace
? - Le mouvement

? DEPASSEMENT

? - La nécessité de l’humain
? - L’appropriation de la langue
? - Le dialogue avec le monde

Pour en savoir plus :
Dossier complet

L’aspect patrimonial

(Etape de travail)

L’acteur et la marionnette selon Edward Gordon Craig
Exposition, Avignon, Maison Jean Vilar, 4 mai-26 juillet 2009

Cette exposition ambitionne de proposer un aperçu des conceptions de Craig autour du jeu d’acteur, de l’histoire et de l’esthétique de la marionnette, et de cette “synthèse” de l’acteur et de la marionnette qu’est la “sur-marionnette”, avec des ponts jetés entre l’univers craigien et celui de la pratique contemporaine.

Elle sera l’occasion de voir des documents parfois reproduits dans les publications consacrées à Craig, mais aussi de découvrir des documents inédits qui éclairent d’un jour nouveau des notions déjà commentées (par exemple, on montrera un ensemble de documents qui tendent à prouver que la “sur-marionnette” était une sorte de “marionnette habitée”, une structure limitant les mouvements d’un figurant).

Sont actuellement prévues cinq parties :

- L’acteur. Évocation de l’entourage de Craig : sa mère Ellen Terry, actrice ; son maître Henry Irving, acteur ; son père Edward William Godwin, architecte. Évocation des débuts de Craig comme acteur. Évocation des acteurs particulièrement admirés par Craig. Dessins et gravures où Craig représente des acteurs.

- La marionnette. Aperçu de la collection de marionnettes réunie par Craig (occidentales, birmanes, ombres javanaises), ainsi que de sa documentation sur l’histoire de la marionnette. Évocation de son travail d’auteur et d’éditeur de textes consacrés à la marionnette. Présentation de dessins et gravures de Craig montrant marionnettes et objets proches de la marionnette (pantins de bois). Évocation de la white figure en bois, dont Craig se sert pour visualiser ses mises en scène dans ses maquettes de décors, et qui évolue vers la black figure purement graphique et que Craig continue néanmoins de présenter comme une “marionnette”. Évocation de Craig comme praticien de la marionnette. Évocation du projet craigien d’écrire un cycle de 365 pièces pour marionnettes, intitulé Drama for fools. Évocation des rapports que Craig entretenait avec les marionnettistes de son temps, à partir de documents tirés de sa correspondance et de sa bibliothèque.

- La sur-marionnette, synthèse de l’acteur et de la marionnette. Présentation de manuscrits qui témoignent du processus d’élaboration de ce concept-clé de la pensée théâtrale craigienne : projet de fondation d’un “théâtre international de sur-marionnettes” à Dresde en 1904-1905, travaux à Florence en 1906-1907, rédaction de The Actor and the Über-Marionette en 1907 (publié en 1908). Représentations graphiques de la sur-marionnette. Évocation de l’aspect sacré et mystique que revêtaient marionnette et sur-marionnette aux yeux de Craig.

- Ultima reductio : quand décor et lumière deviennent acteur et marionnette… Rapide évocation des expérimentations de Craig dans le domaine du décor de théâtre, dans la perspective d’une vision encore plus radicale du spectacle, où le décor animé devient lui-même un substitut de l’acteur, de la marionnette et de la sur-marionnette.

- Épilogue : prolongements de la réflexion de Craig (partie qui n’est pas encore stabilisée). Évocation de l’héritage de Craig dans le domaine du mime, avec Étienne Decroux et ses disciples. Investigation quant à la possible influence de Craig sur Samuel Beckett. [D'autres voies restent à explorer.]

Les prolongements vers la pratique contemporaine, qui seront présentés par Évelyne Lecucq, se rattacheront à chacune des parties listées ci-dessus.

Patrick Le Boeuf

Georges Banu

Un théâtre personnel 

Des marionnettes  m’entourent à la maison, disposées autour de moi, nullement réunies au nom d’un désir de collection, mais comme le résultat d’un cheminement en rien prévu ou déterminé. Tout a commencé par un cadeau de mariage qui fut le point de départ, comme si l’amie qui nous offrait la marionnette initiale, en diagnostiquant un désir secret, ouvrait ainsi une perspective inattendue. Comment interpréter autrement le fait que l’ensemble de ces marionnettes est constitué, presque dans son intégralité, de cadeaux ? Les amis ont, sans doute,  eu l’intuition d’un attrait que j’ignorais. Les marionnettes me lient donc à des amis, à des matinées glauques converties en leur contraire grâce à un gardien qui m’apporte de la part d’un collègue italien le Pantalone d’abord, et, plus tard, un Brighella renfrogné. Les marionnettes me rappellent aussi  l’ami qui défait son coffre avec des cadeaux thaïlandais et m’invite à choisir. Mes regards et ensuite mes mains se dirigent vers la petite princesse qui, aujourd’hui encore, m’accueille chaque matin avec son visage joufflu et son énergie contagieuse. Et comment oublier l’ami arrivé directement de Hanoï , après douze heures de vol, avec une marionnette vietnamienne dans ses bras ? Ou les têtes de marionnettes chinoises trouvées, par une collègue, devenue depuis amie, dans une brocante normande ? Il y en a d’autres achetées ensemble avec ma femme, à Prague, à Padoue, à Amsterdam. Et ainsi, placé sous le signe des liens amoureux ou amicaux, ce théâtre s’est constitué. Il a aujourd’hui 33 ans .

Les marionnettes disposées sur une bergère ou sur un canapé, accrochées au pan d’une bibliothèque ou à la poignée d’une fenêtre, ne forment pas un ensemble, mais elles sont dispersées dans mon espace privé et, à chaque coin, je les retrouve. Quand parfois, surtout au réveil, à l’heure du regard clair, je les passe en revue et elles fascinent par tout ce qu’elles comportent comme réserve d’attente. Attente d’un théâtre à venir, d’un spectacle à imaginer, d’une vision à s’animer. Marionnettes qui n’ont jamais déçu parce qu’elles n’ont jamais réalisé ce rêve. Il reste pour toujours suspendu et, quand à l’aube, après une nuit passée au théâtre, je les observe  ce qui m’enchante c’est justement la perspective d’un théâtre virtuel, inaccompli, mais sans cesse possible. Brook, une fois, montrant une statuette mexicaine , à partir du vide creusé à son intérieur, formulait son modèle d’acteur, acteur qui préserve le vide, qui ne remplit pas le plateau de signes et de mots. La marionnette, parce que muette, dans mon théâtre personnel, procure la même satisfaction : par ce qui lui manque, elle libère et me permet de projeter un autre théâtre que celui dont, régulièrement, je suis le témoin.

La représentation de l’homme me fascine et, à côté des marionnettes, j’ai réuni aussi des sculptures. Elles fournissent l’autre versant, celui du geste définitif, de la posture immobile, de l’instant éternel. Les marionnettes viennent relativiser cet arrêt sur le corps et, affalées ou suspendues, elles entretiennent le sentiment de l’ imprévu , laisse croire à une transformation à venir et à un hypothétique passage à l’acte. La réserve de l’attente c’est une réserve de théâtre. Un théâtre non pas vu, mais espéré.

Combien de lettrés n’ont-ils pas défendu “ le théâtre dans un fauteuil ” ? Le théâtre qui émerge à partir des textes comme une fleur de lotus à partir des eaux qui la font s’épanouir. Une pièce, un fauteuil – voilà les préalables d’une représentation qui ne décevra jamais, avouaient tous ces sceptiques de la scène. Quant à moi, ce n’est pas  le livre qui éveille le désir de théâtre, mais  la marionnette.  Elle se charge de ces pouvoirs imaginaires qui permettent au reclus temporaire que, parfois,  je suis de se projeter dans un spectacle inattendu, spectacle futur, spectacle dont elle est la source première. La marionnette est le contraire de “ la madeleine ”, elle renvoie non pas à un passé, mais  à un futur.  Futur incertain, mais futur possible.

Paul Klee a fait des marionnettes. Marionnettes étranges et violentes, mais marionnettes ayant un destinataire, son fils Felix. Ce théâtre personnel qui s’est constitué autour de moi 33 ans durant est frappé par l’absence d’enfant …il n’y a pas d’enfant chez moi. Mais les marionnettes qui, certes ne sont pas destinées aux seuls enfants, ne sont-elles tout de même pas une manière de conserver l’enfance chez l’adulte que je suis? Une thérapie secrète pour la sauvegarder dans une maison justement sans enfant. Elles ne cultivent pas une frustration, mais préservent une disposition. “ Quand on cesse d’être enfant, on ne peut plus créer ” disait Brancusi. Je ne suis pas créateur, je ne suis que spectateur, mais, j’ose l’espérer, en partie créateur. Sans cette dose d’enfance que les marionnettes, concrètement, m’aident à ne pas perdre je cesserais, peut-être, de l’être.

Quand je promène mes yeux sur ce théâtre hétéroclite qui s’expose sous mes yeux je me dis : “ voilà le théâtre du monde ”. Il est à mes côtés, théâtre qui relie les continents, théâtre où un roi sicilien côtoie une princesse japonaise, théâtre où le guignol avoisine les personnages grotesques d’une rue praguoise, théâtre où le sacré et le brut coexistent sans distinction de pays ou de culture. Il m’apparaît alors que la nuit s’achève et que le jour se lève comme  l’expression d’une unité, sans doute éclatée, disparate, mais unité quand même. L’unité, un instant réalisée, grâce à ces objets en attente de représentation.

Les marionnettes ne sont pas inertes, elles jouent dans mon théâtre. Non pas suite à une manipulation experte, à une intervention de montreurs aguerris, mais simplement par un déplacement léger lors d’une séance de ménage à la maison ou d’une visite prolongée de quelques invités. Pantalone devient plus sombre et la princesse chinoise encore plus “ sophistiquement ” mélancolique. Les statues sont immobiles à jamais, les marionnettes disposent de ces ressources internes, de ces aptitudes à bouger qui leur sont propres et qui leur permettent d’être des objets d’art tout en préservant quelque chose de l’éphémère que distingue le théâtre .. Ephémère de la vie et de la scène. Mais, par rapport aux comédiens,  elles tiennent tout autant de l’art, l’art des sculpteurs qui s’affirme par la précision des outils qui taillent le bois ou agencent les corps. J’aime les marionnettes parce qu’elles se placent justement dans le gué entre l’art et la vie.

La marionnette rend possible le fragment. Fragment qui nous entraîne à travailler sur le manque, sur l’absence. Une tête seule est signe d’une amputation, preuve du reste, mais en même temps elle renvoie à l’intégralité du corps. Cela pourtant n’engendre pas l’émotion de la blessure que suscitent les statues brisées, fracturées, mais un regret. Le regret de l’incomplétude qui interdit d’imaginer, à partir de ce fragment, le spectacle de la marionnette dans sa plénitude scénique. Elle est invalide et alors on l’aime pour sa faiblesse.

Quand on va à l’opéra non pas en tant que spécialiste, mais simplement en tant que spectateur, ce qui fascine parfois c’est la découverte d’un théâtre de l’excès, d’ “ un théâtre plus que théâtre ”. ( c’est parfois une raison suffisante pour détester l’opéra aussi !) Lorsqu’on voit un spectacle traditionnel avec des marionnettes ce qui captive c’est au contraire leur aptitude à rendre essentiel le jeu, à le réduire à l’extrême, à pratiquer, comme on dit, un “ théâtre du moins ”, contraire à l’autre, lyrique, “ le théâtre du plus ”. Entre les deux extrêmes, le “ théâtre ”tout court,  théâtre qui tient, lui, de l’un comme de l’autre. Je ne cesserai pas de me livrer à l’écartèlement de cette triade qui permet d’alterner les plaisirs et de trouver ainsi des raisons d’espérer. Après Parsifal , épuisé, de retour à la maison  je mets en scène mentalement un spectacle du guignol lyonnais et, une autre fois, pour me consoler d’avoir abandonné un spectacle que je ne verrai plus jamais je plonge dans une virtuelle représentation cambodgienne. Plaisir de substitution à l’heure où quelquefois la course aux spectacles que je souhaite encore ne pas rater bute contre  la résistance d’une lassitude passagère. Ainsi je reste dans le théâtre, mais un théâtre personnel.

Une ultime observation. J’ai une marionnette, plutôt objet, qui vient d’un spectacle d’Anatolii  Vassiliev. Un jour j’ai même envisagé de la jeter car trop inerte, anonyme, presque morte. Je ne l’ai pas fait…et aujourd’hui je comprends d’où venait mon aversion. Elle est explicite, elle désigne un  destin moderne placé sous le signe de Malevitch, le peintre qui,  détruit par le communisme, ne peignait plus à la fin de sa vie que des corps avec des visages blancs, indistincts, neutres. Figuration de l’absence et de la dépersonnalisation. La marionnette de Vassiliev renvoie à cette absence : elle ne projette pas un théâtre, elle annonce une disparition. Elle se place plutôt du côté de l’art. Ce qui la sauve c’est le fait qu’elle est remplie de grains de riz dont elle se vide chaque fois que je la touche. Cela la rend humaine. Et, peut-être, théâtrale.

Quand, épuisé par le théâtre quotidien, je me replie à la maison ce n’est pas pour l’oublier, mais plutôt pour pénétrer dans un autre, personnel et jamais déceptif, le théâtre des marionnettes  qui n’aura jamais lieu mais qui reste comme un horizon sur le chemin duquel je m’engage lors des heures grises de la fatigue du spectateur que je suis. Pour rêver d’un autre théâtre que celui de tous les soirs les marionnettes me seront toujours nécessaires.

 

 

                                                                                                         

 

 

 

 

 

      

 

Jean-Pierre Lacoste

Page en cours…

Cécil Guitart

LE TEMPS DES -ENGAGEMENTS
Les territoires pour la marionnette

Introduction…

“Le temps des - engagements”, est un énoncé polysémique, selon que l’on prononce “des / engagements”,  en un seul ou en deux mots. Parce qu’il y a désengagement de l’Etat, Il faut un engagement plus ferme encore des acteurs locaux.
D’une rencontre préalable avec Patrick Boutigny, j’ai cru comprendre que cette formulation était volontaire et qu’elle devait ouvrir sur un questionnement des politiques culturelles. 
Cette posture problématique convient parfaitement à l’ancien président de “Peuple et Culture (PEC)” que je fus, devenu adjoint au maire de Grenoble, et aujourd’hui citoyen actif et engagé. J’ai bien entendu ce matin que la marionnette était, par définition,  subversive,  anticonformiste, ANTI…, alors je ne vais pas me priver de l’être aussi. Il semblerait, en effet, que critiquer aujourd’hui, les politiques culturelles, malmenées par ce gouvernement, ce serait apporter de l’eau au moulin du désengagement, et se mettre dans une posture délicate.
Je prendrai ce risque, car les politiques culturelles, ont cessé depuis longtemps de soulever des enjeux politiques et sociaux. Elle est devenue institutionnelle, gestionnaire, corporatiste (verrouillée par les “professionnels de la profession”), alors qu’elle a été créée dans le primat du politique, lorsque André Malraux l’a initiée (1959), et lorsque Jack Lang (1981), l’a relancée.
Le décret du 21 juillet 1959 indique qu’il faut “rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre possible” et les discours d’inauguration des Maisons de la culture, affichaient la volonté (excusez du peu !) de “tendre vers une communauté de destin”.
Le décret du 10 mai 1982, confiait la mission à Jack Lang et à sa nombreuse équipe (dont je fus), de “permettre à tous les Français de cultiver leur capacité d’exprimer librement leurs talents…”
Ce qui retournait d’un véritable souffle politique (démocratisation, démocratie culturelle), s’enlise peu à peu, dans un processus jacobin d’institutionnalisation, qui ne parvient plus à impacter aujourd’hui sur les enjeux sociaux.
Les ministres qui ont succédé à André Malraux, puis à Jack Lang, à l’exception de Catherine Trautmann (Je ne dis pas cela parce que nous sommes à Strasbourg et qu’elle a eu la gentillesse de nous accueillir, mais pour la convention éducation populaire - culture, pour les réflexions sur les friches culturelles et sur les nouveaux territoires de l’art), n’ont pu redresser cette dérive gestionnaire et finalement, ils ont accompagné la crise dans laquelle nous sommes englués.
Après un diagnostic de la crise annoncée que nous traversons, je souhaiterais repenser avec vous, une politique construite sur l’engagement des acteurs.
J’ai compris que c’était cela qui m’était demandé.

Diagnostics d’une crise annoncée…

En séparant la dimension artistique de la dimension éducative (savante et populaire), André Malraux et les 25 ministres de droite et de gauche qui lui ont succédé, s’exposaient à être rattrapé un jour par les crises successives qui se manifestent aujourd’hui aussi bien pour l’éducation, pour la culture, que pour la citoyenneté.
On peut percevoir ces crises successives :
- à - travers un tropisme sociologique de 20 % de la population (10 % pour le spectacle vivant), des classes cultivées, qui se sont appropriées les pourtant, fort nombreuses et performantes institutions existantes ;
- à - travers une incapacité à intégrer l’idée que la France a changé sociologiquement au cours des dernières décennies ;
- à - travers un système éducatif qui assure la massification des effectifs, mais n’assume pas sa mission d’égalité des chances ;
- à - travers un peuple qui ne se reconnaît plus dans ses élites et qui le
manifeste, de temps - à - autre, par l’abstention ou par des votes de défiance extrêmes (21 avril 2002).
On peut se rendre compte, 50 ans après la création du ministère de la culture, que les référentiels de “démocratisation culturelle” et de “démocratie culturelle”, sont  à bout de souffle, et qu’il faut aujourd’hui repenser la question de fond en comble. 
Il est clair, que le rôle historique de l’Etat en matière de démocratisation culturelle et éducative, touche à sa fin. Certains pensent même, qu’il devient un astre mort, incapable d’atteindre les objectifs d’égalité des chances et de cohésion sociale qu’il s’était assigné. Même si cette situation est aujourd’hui tragique en terme financier, elle peut avoir une vertu, celle de faciliter une prise en main de leur destin culturel par les collectivités. Les collectivités locales ne peuvent plus se contenter de prolonger une politique de l’État qui, en matière de culture comme d’éducation, ne répond pas aux exigences minimales, de solidarité et de justice sociales.
Aujourd’hui, les politiques culturelles et éducatives doivent être - repensées, à partir des situations sociales des personnes, de la diversité de leurs goûts, de la différence de leurs attentes.  Ce n’est pas une simple affaire de moyens, il faut reconsidérer la méthode, la démarche et l’économie de tout le système.
Cela passe par de nouveaux engagements de nature politiques et économiques :

L’engagement citoyen, politique et économique

L’engagement citoyen et politique
L’engagement politique et citoyen, suppose que la culture, fortement reliée à l’éducation ne peut être proposée comme la consommation d’une offre de divertissement, mais le résultat d’une approche directe des acteurs, qui n’exclue pas le plaisir ou la jubilation de ceux qui s’y impliquent  (Pratiques en amateurs…).
C’est ce qu’avaient inscrit dans leur manifeste, les fondateurs de Peuple & Culture (PEC), dans l’idée de “Rendre la culture au peuple et le peuple à la culture“.
Ils disaient que cette culture, commune à tout un peuple, “n’est pas à distribuer, et qu’ il faut la vivre ensemble, pour la créer“. 
” La culture naît de la vie et retourne à la vie“, peut - on lire encore, dans ce manifeste qui fait de la culture une composante essentielle de la démocratie.
Cette vision de la culture repose sur l’engagement des citoyens dans une société de temps libre choisi“, (Joffre Dumazedier).  L’homme est au cœur de la société, il a la possibilité de maîtriser le temps dans lequel il vit, la possibilité d’un accomplissement personnel, à  - travers la conscience qu’il prend de l’historicité de son être et de son action. S’engager, nécessite, d’avoir un rapport constructif au temps.
C’est pour chaque individu, affirmer, en s’associant à d’autres, qu’il peut tenter de lier passé, présent et avenir.
La loi sur les syndicats de 1884, et celle de 1901 sur les associations, sont à cet égard de véritables conquêtes.
L’engagement est aussi une voie privilégiée pour sortir de sa condition, une véritable école de substitution, qui permet d’entrer dans des processus d’ascension et de promotion sociale. Un peu moins aujourd’hui, il faut bien le dire !
L’engagement est enfin, un facteur de sociabilité irremplaçable.
En matière de culture et d’éducation, on devra essayer de sortir d’une forme de passivité et de consommation culturelle, en initiant des politiques publiques qui inversent l’ordre des acteurs. Trois leviers me semblent pertinents pour cela.

1e - L’appropriation de la “déclaration universelle sur la diversité culturelle“, adopté par l’UNESCO (novembre 2001), est désormais, un préalable. En élargissant le périmètre culturel au - delà des œuvres artistiques, en privilégiant la notion de droits culturels assignés à la personne, cette déclaration envisage comme point de départ, l’identité culturelle des individus et des groupes. Cette déclaration remet les politiques publiques de la culture  dans le bon sens, de bas en haut !
2e - Un développement culturel solidaire : Il n’est plus possible d’opposer culture et loisir ou de distinguer culture et éducation populaire. Culture, loisir, éducation populaire sont des activités complémentaires qui doivent se réapproprier une éducation artistique, comme véritable complément de l’acquisition des savoirs.
3e - Une  ville - éducatrice : une ville éducatrice se définit comme une collectivité locale qui estime que l’éducation est au coeur de ses compétences, et se donne les moyens de les mettre en oeuvre. Cela passe par un diagnostic permanent (observatoire), et par la construction d’une convergence éducative tripartite (familles, école, équipements de la ville), qui met en jeu des valeurs humanistes et laïques.

L’engagement pour une approche économique solidaire de la culture
La question du lien entre culture et économie navigue entre deux écueils :
- S’il s’agit de l’offre publique, telle qu’elle se présente aujourd’hui, développée de façon surplombante par l’Etat et en ombre portée par les collectivités, on peut voir qu’elle se renferme dans le cercle restreint d’une fatalité sociologique que nous avons déjà soulignée (les fameux 20 % !)
- S’il s’agit d’une offre marchande, on peut voir à quel point, elle peut dénaturer anesthésier les œuvres : c’est le cas, pour une partie une partie des culturelles ou de la TV, financée par la pub.  Dans les deux cas, la culture ne s’en sort pas bien.
La convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, entrée en vigueur le 18 mars 2007, en réaffirmant l’importance du lien entre culture et développement, apporte un nouvel éclairage dans le rapport économie - culture. Il est clairement dit qu’il ne peut y avoir de développement économique sans développement culturel.
Le savoir et la culture, par définition, défient les règles de l’économie traditionnelle de marché. Par nature, le savoir et la culture peuvent se partager sans se diviser : “le savoir et la culture, plus je les partage, plus je m’enrichis“.
Cette formule n’est pas forcément évidente, quand il s’agit d’un bien matériel. À l’ère industrielle, le partage d’un bien, de traduit, par une séparation en plusieurs parts, et par un appauvrissement proportionnel à la multiplicité de ces parts.
Dans la société de l’information, du savoir et de la culture, chacun peut conserver son bien initial. Il n’y a plus d’appauvrissement, au contraire, le déploiement de cette information dans les réseaux d’échanges, multiplie le nombre de gagnants.
On entre là, dans une nouvelle approche économique, qui ne peut pas se mesurer qu’avec le PIB, mais avec d’autres d’indicateurs de richesse et de développement qui revoient ver une  logique économique, sociale et solidaire.
C’est donc à partir de nouveaux indicateurs économiques qu’il faut repenser notre développement. Cela renvoie aux travaux de Patrick Viveret, de Dominique Méda, de Jean Gadrey…, mais aussi, à ceux d’économistes comme Karl Polanyi (premier théoricien de la question), Ladislaw Dobor, Amartya Sen (Prix Nobel)…
Reconsidérer la richesse, c’est remettre en question un PIB, qui se mesure aujourd’hui seulement par la croissance des flux monétaires, et intégrer de nouveaux indicateurs de richesse qui prennent en compte à la fois des critères économiques, des critères humains et sociaux, des critères environnementaux et des critères internationaux (rapports Nord - sud).
À - côté de la croissance “de - quoi“, il y a la croissance “pour - qui” : “pour - qui“, se mesure par l’IDH (Indicateur de Développement Humain). Outre le pouvoir d’achat, l’IDH permet de mesurer l’espérance de vie, le niveau d’instruction (taux d’alphabétisation des adultes, taux de scolarisation des enfants).
Cette façon de revisiter le PIB, plus centrée sur la qualité de vie des hommes, que sur les flux monétaires, permettra de de faire des choix qui se tourneront de plus en plus vers les secteurs peu consommateurs d’énergie que sont l’éducation, la recherche, la culture. C’est une chance pour le développement durable.
La culture pourrait alors remplacer l’économie dans son rôle d’intégrateur social

Enjeu des territoires
Cette nouvelle approche de la culture, se développe sur des principes simples : elle part des territoires où elle s’exerce, elle associe la population qui y vit, elle s’appuie sur de nouveaux lieux institutionnels (tiers - lieux) qui restent à inventer, parmi lesquels, “les friches” font parfois figure de possibles précurseurs.
Le territoire (lieu culturel dynamique), qu’il ne faut pas confondre avec le terroir (lieu naturel statique), reste pour la population la condition de la vie sociale. Sans ce lieu de proximité, il ne peut y avoir véritablement de lien social ou de lien culturel. C’est de cette proximité que l’on pourra sortir des cloisonnements institutionnels et de la balkanisation artistique dérivée des politiques centralisées. C’est à partir de ce nouveau territoire et de ce nouvel espace - temps (de préférence choisi, plutôt que subi), que l’on pourra sortir :
- d’un système culturel construit pour des gens cultivés : le tiers - cultivé !
- d’un système éducatif fait pour des gens instruits : le tiers - instruit
- pour entrer dans un nouveau tiers qui intègre :  le tiers - exclu !
Ce Tiers exclu, c’est le Tiers - Etat… Et c’est dans ce Tiers - Etat, que le Monde de la Marionnette a choisi de tenir son rang ! Merci.

Réponse à la question posée sur une possible dérive  socioculturelle de mon positionnement

Les propos que j’ai tenté de formuler tendent à réconcilier deux approches cognitives du savoir et de la culture :
- L’une persiste à “vouvoyer le savoir et la culture“, dans la tradition élitiste du pouvoir aux créateurs (artistes et chercheurs) ;
- L’autre vise à “tutoyer le savoir et la culture ” dans l’esprit de l’éducation populaire.
Mon souhait serait que ces deux démarches puissent s’entre - féconder. Et par la même de répondre à la question de la ligne de partage, évoquée ce matin, entre théâtre d’acteurs et théâtre autrement, entre chercheurs et artistes.
Il faudrait que les chercheurs et les artistes, isolés dans leurs laboratoires ou leurs ateliers, puissent, au - delà de leur recherche, répondre aux questions que se pose la société, dans laquelle ils vivent eux - même.
Il faudrait que l’exigence démocratique conduise les citoyens à interpeller les scientifiques et les artistes.
Mais, le système hiérarchique à la française hérité de son histoire monarchique, révolutionnaire, républicaine, creuse encore, malheureusement, ce fossé entre ceux qui savent et ceux qui aspirent à accéder au savoir et à la culture.

Il reste encore beaucoup de travail à faire dans le domaine des politiques publiques… On pourrait imaginer, même si l’Etat culturel est un astre en voie d’extinction, qu’il puisse, avec l’Europe et aussi avec les fondations, dans son dialogue avec les collectivités locales, remplacer les conventions de développement culturel, qui ont succédé aux chartes, par des “convention territoriales pour la diversité culturelle“, dans l’esprit de la convention de l’UNESCO.
Ce serait pour l’Etat une façon généreuse de contribuer au partage et de rester dans le jeu contractuel pour garantir les espaces de liberté, dont la culture a besoin pour s’épanouir, au moment où nous entrons dans la société de l’information et du savoir.
Pourquoi ne pas l’expérimenter avec La marionnette !

[1] - Cécil GUITART - Tutoyer le savoir… La Pensée Sauvage, printemps 2007
 

Christophe Blandin-Estournet

A QUAND LA BASTILLE ?

« Etats généraux : Institution créée en 1302 par le roi Philippe le Bel, en réaction contre la bulle (réunis 21 fois en 487 ans). Les derniers, qui furent convoqués en mai 1789 par Louis XVI pour résoudre la crise financière due aux dettes de l’État, furent l’occasion d’une conjuration (le Serment du Jeu de Paume) qui décida d’abolir les institutions de l’Ancien régime et de les remplacer par une constitution écrite, et qui fut le commencement de la Révolution française. L’assemblée des états généraux était composée de députés des différents états provinciaux répartis selon les trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état qui représentaient respectivement les habitants des seigneuries laïques, ecclésiastiques et urbaines de leurs provinces respectives ». (Wikipédia)
Parallèle saisissant ? Hasard des mots ? Action subliminale ? Jusqu’où peut-on pousser le parallèle avec ce que nous vivons ?
Sommes-nous réunis en réaction à une bulle quelconque : celle d’une entité nommé l’Etat ou la profession ou le Ministère ou les programmateurs ? Au quel cas peut-on enfin nommer clairement et simplement les termes de ce contre quoi nous réagirions ?
Devrons-nous attendre près de 500 ans pour, en réaction à une crise financière, voir poindre la conjuration qui mettrait à bas les institutions ? Peut-on décréter a priori du moment d’un événement subversif : de l’abolition des privilèges à la chute d’un mur ?
Enfin, vient la question de l’organisation des forces au combat. Loin du fameux échange entre Staline et Hitler : « le Pape, combien de divisions ? », il conviendra de se compter et de s’organiser. Si j’en crois Patrick Boutigny, qui parlait dans son compte-rendu des rencontres régionales d’une « mentalité de pauvres », je vois où se situent les marionnettistes (le tiers état), mais sans vous raconter ma vie, me voilà soudain frappé de doutes existentiels, où me situe-je donc ? Ma religion me l’interdisant je ne peux pas représenter le clergé et mon engagement idéologique ne m’autorise pas à être le porte-parole de la noblesse.
Mais foin de mes états d’âmes personnels puisque la révolution nous tend les bras, allons enfants !

QUELQUES (BONNES ?)RAISONS

Alors pourquoi diable programmer de la marionnette ? Parce que « la marionnette [nous apparait] comme comble du théâtre…. » (intervention d’Emmanuel Wallon) ? Puisqu’il était question de faire la révolution, poursuivons sur la voie politique :
Et si la marionnette nous permettait de dépasser l’opposition actif-passif ?
Et si les marionnettistes, autrefois utilisés pour nous divertir des arracheurs de dents, étaient devenus nécessaires face à de nouveaux arracheurs de dents, tout aussi violents mais moins évidents, plus virtuels en quelque sorte : la dent de la perte de l’emploi, celle de l’absence de logement, la dent de la non protection sociale, la dent des « sans–papiers » ?
Parce que je crois à une capacité supérieure de l’art à nous dire le monde comme il va, à nous dire les gens comme ils sont, à aiguiser nos regards critiques plutôt que simplement nous distraire de nos douleurs ; je pense que les arts populaires revisités (cirque, marionnette, contes, théâtre forain…) ont un point de vue particulièrement pertinent à nous offrir.
Ainsi les arts du récit interpellent nos fragilités, voire nos incapacités à « se parler », à se rencontrer par le verbe. De même, les arts du cirque illustrent la crise d’un certain nombre de nos valeurs communes : la main tendue, l’être ensemble, la vérité du 360°…
Et la marionnette sous toutes ses déclinaisons (objets, ombres, figurines…) nous offre une réelle capacité de respiration, une humanité redevenue possible. Elle nous autorise l’imperfection : une projection marionnettique, comme une résistance sensible aux images sans cesse assenées de la perfection arrêtée. Car comme le dit Michel Serres dans ses réflexions sur le sport : l’important c’est la défaite, celle qui nous confronte à notre propre finitude. Curieux paradoxe d’un monde prétendument en mouvement, mais que l’on nous (im)pose comme fini, au risque de la dérive fascisante de l’uniformité.
Dans une société où l’on est passé du tangible au phénomène, de la possession à l’usage … peut-on imaginer être dans l’écoute plutôt que dans la conversation, pour construire avec les gens (quitte à faire la révolution !).
Tiens à propos des gens, silence assourdissant sur la question du public lors de notre première journée, au point que le mot ne fut prononcé que rarement (deux fois ?), et encore par défaut. Mais camarades, tant qu’à faire la révolution, pourquoi ne pas en parler au peuple, car il est grand temps refonder le contrat avec notre public comme le disait récemment Ariane Mnouchkine en appelant à « signer une charte entre les citoyens et les artistes  » (rencontre du 27 février 2008 à l’Odéon).

Tiens, pendant que nous parlons des absents d’hier : pas un mot sur les autres, l’ailleurs… la dimension internationale de problématiques qui se posent à vous, à nous. Et tout ça, à Strasbourg : un comble, dans la capitale française de l’Europe. ! Mais peut-on sérieusement imaginer traiter aujourd’hui une question de politique culturelle, au simple niveau national ? Il a fallu attendre le second jour de notre rencontre, pour s’attacher à cette dimension internationale avec la passionnante intervention d’Anne Marie Autissier, mais nulle trace ailleurs quant à cette nécessité de travailler au minimum à l’échelle européenne tous projet et/ou revendications

AVATAR : ENTRE VIRTUEL ET ALTERITE

Dans le langage courant, l’avatar est devenu une transformation, un changement. Et par abus de langage, ce qui était à l’origine l’incarnation d’un dieu sur Terre (hindouiste), signifie dorénavant un événement fâcheux. En serait-il de même avec la marionnette et son origine de la petite Marie, d’une référence divine, serait-elle devenue un événement fâcheux ?
Par ailleurs ce mot est revenu à la mode grâce à l’informatique : dans les jeux vidéo, un avatar est un personnage représentant un utilisateur. L’avatar peut se réduire à un portrait, comme sur un forum ou dans une messagerie instantanée, ou encore être un véritable acteur interactif, contrôlé par l’utilisateur, comme dans les jeux vidéo. Alors la marionnette comme ultime avatar ?
Les réseaux sociaux et les blogs ont provoqué la prolifération des données personnelles sur le Web. Désormais, chaque utilisateur gère une véritable identité numérique constituée de ses contributions. Facebook est exemplaire de ce point de vue. Ce réseau peut certes favoriser, voire créer des interactions sociales, mais au prix d’un exhibitionnisme « qui révèle plus un amour de soi qu’un goût pour les autres » comme l’écrit Olivier Cohen de Timary, critique à nonfiction.fr.
L’utilisation du monde virtuel, développement de l’internet offre de plus en plus de possibilités pour les particuliers, la marionnette comme art d’une création distanciée m’apparait comme une réponse sensible (et sensée) à cette dérive des personnalités numériques, entités virtuelles parfaites et complètement narcissiques, car auto définies (cf. la question de la perfection telle que nous l’avons abordée précédemment).
Ces dérives narcissiques nous retournent forcément la question de l’altérité : ce « ce qui est autre » éveille notre conscience de la relation aux autres, en tant qu’ils sont différents (et doivent être reconnus dans leur droit d’être eux-mêmes et différents !). La marionnette, illustration de l’altérité témoigne d’une compréhension de la particularité de chacun, hors normalisation. Béatrice Picon Vallin ne disait pas autre chose quand elle parlait du ” travail de l’acteur [qui] est de dépasser son ego… de la distanciation « brechtienne » [qui] est en réalité l’étrangérisation, la défamiliarisation”

FRAGMENTATION

“Notre monde se déchire se divise… il est en état d’urgence” déclarait en ouverture le président d’honneur des Saisons de la Marionnette, Jacques Nichet. Force est de constater que nous sommes aujourd’hui dans une société de la fragmentation. Fragmentations multiples et répétées, celles :
- du temps (rares sont devenues les personnes n’ayant connu qu’une seule activité ou qu’un seul employeur, lors de leur vie professionnelle…),
- de l’espace (peu de gens naissent, vivent et meurent au même endroit…)
- de la famille (multiplication des familles recomposées ou monoparentales…)
- de l’appartenance (les modes de communications et de transports actuels permettent aux immigrés de vivre pleinement ici, tout en restant en prise réelle avec leur pays d’origine),
- la technologie (amorcée dès l’origine du capitalisme, le cloisonnement des technologies atteint un point d’orgue(?) autant pour des raisons d’efficacité et de performance que par approfondissements des spécialités) …
…….. d’où la nécessité de la recomposition et du lien
De ce point de vue, seuls l’art et la philosophie permettent encore une lecture globale du monde au sens des humanités. Et la marionnette y prend toute sa place en nous proposant cette lecture singulière du monde par son art de la recomposition, du détournement, forme géniale de la bidouille…

Pour avoir commencé par des remarques d’organisation avec les états généraux, je conclurai de même, en vous livrant quelques interrogations et remarques :
- Quel est le périmètre de la « profession » et donc qui en sont ses représentants ?
- Quelle est la capacité de ce secteur artistique à dépasser sa propre plainte pour (im)poser un dialogue avec ses partenaires ?
- Comment penser un acte fondateur militant, quand il manque toute une partie du tiers état / de la profession signe de sa diversité et de sa richesse (Turak, Opus, Là où Théâtre, Royal de Luxe….) ; sans parler de la faiblesse de la représentation des représentants du clergé et de la noblesse (programmateurs, élus, public) ?
- En termes d’organisation professionnelle et donc de projection collective, comment éviter la confusion des genres et des niveaux : CDAM, chambre des métiers, syndicats, associations professionnelles… ?

Enfin m’attachant aux sens des sigles je proposerai de poursuivre l’évolution qui nous a mené du RAM à CDAM, je prophétiserai que la FAME (Fédération Arts de la Marionnette Européenne) est l’avenir de l’Omni !

 

Grégoire Callies

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Simone Blazy

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Anne-Marie Autissier

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Emmanuelle Ebel

Marionnette manifeste

 

Il existe un vrai débat autour de la dénomination de « marionnette » et certains créateurs préfèrent même parfois prendre une distance avec cette « dénomination » comme si elle était préjudiciable à leur activité artistique. Il est possible que cette difficulté dénominative soit due à la faiblesse des outils contemporains pour saisir cet art extrêmement riche et vivant qu’est la marionnette aujourd’hui. La recherche est une tentative de réflexion sur les formes de la marionnette. Elle permet de faire émerger des outils afin de se dégager des impasses qui se présentent à toute personne qui veut s’immerger dans cet univers artistique et elle permet de  comprendre les spécificités de cet art aussi riche que rarement exploré.

 

1.       Un débat lexical

Un débat lexical est d’ailleurs au cœur des réflexions qui animent aujourd’hui le monde de la marionnette, ainsi on peut lire dans les deux numéros de la revue OMNI (Objet Marionnettique Non Identifié) un débat entre les professionnels de la marionnette sur le choix des termes, dont voici une réponse de Lucille Bodson :

Paru dans le dernier numéro d’OMNI le texte de Philippe Aufort (compagnie AMK) a provoqué quelques remous : la marionnette, considérée comme mot « piège », serait-elle en passe d’être remplacée par l’objet ? Entre les deux il y a la distance du tout et de la partie : si l’objet peut être qualifié de marionnette, cette dernière ne peut-être réduite au seul objet … […] alors, combat fratricide entre la marionnette et l’objet ? Est-ce bien l’enjeu ? […] c’est plutôt réjouissant que seul le mot de « marionnette » provoque ce débat…[1] 

Cet article paru en 2006 témoigne des difficultés qu’éprouvent les professionnels de la marionnette eux-mêmes à l’encontre des définitions concernant leur art. Les uns se revendiquent de la marionnette d’autres de l’objet alors que leur conception de leur art est très proche, voire similaire. Il n’est pas question ici d’opposer les termes et de créer des séparations qui n’ont pas lieu d’être. Dans son article, Lucille Bodson met au jour les tensions qui peuvent exister et les problèmes liés aux lacunes de recherches et d’analyses approfondies sur l’évolution de l’art de la marionnette aujourd’hui.

Au regard de ces débats et de cette recherche la production marionnettique contemporaine, on peut penser que l’art marionnettique est aujourd’hui à la période des manifestes.

Le manifeste arrive à un moment de rejet des amalgames et de besoin de reconnaissance. Pour exister le mouvement artistique doit être dans en contradiction avec ce qui est déjà. La plupart du temps, ces bouleversements ont amené le déni de l’influence des pratiques qui ont précédé, et l’affirmation forte et sans concession d’idées nouvelles sous forme de manifestes.

Ces périodes « manifestantes » sont des périodes de démultiplication des points de vue et des idées, d’affrontement même parfois entre les « renouveleurs » eux-mêmes. L‘important est de diffuser une idée, de la porter pour qu’elle soit reconnue comme innovante. Après seulement vient le temps de prendre à bras le corps ces manifestes d’en dégager ce qui est neuf de se rendre compte des revendications communes de ces artistes, de réunir ces propositions et d’en faire une synthèse, tout en observant ce que ces tentatives ont mis en jeu dans la pratique artistique, ce qu’elles ont aboli, ce qu’elles ont innové.

Aujourd’hui la marionnette est manifestement à son point de rupture avec la période des manifestes, le rassemblement des états généraux en marque un aboutissement. Le temps vient maintenant de construire une démarche d’ensemble, de se rassembler pour promouvoir cet art. Jamais les marionnettistes n’ont autant pris la plume pour théoriser leurs pratiques artistiques que ces dernières années. Ils sont aidés en cela que les universitaires et les journalistes écrivent encore peu (ou mal) sur le sujet et que, de ce fait, leur seule opportunité de prendre par le verbe une distance par rapport à leur démarche de création passe par la rédaction personnelle de leurs conceptions théâtrales. Ils ont donc saisi cette plume et ont publié leurs propres manifestes. On ne les publiait pas ? Ils ont investit les pages des éditions de l’école internationale de la marionnette de Charleville-Mézières. Ainsi, depuis quelques années, les marionnettistes diffusent leurs « manifestes », les étayent, en changent, réévaluent leur projet à la lumière de leur pratique.

Voici un des premiers manifestes sur la marionnette se revendiquant comme tel. Ce texte un peu fantasque est intitulé manifeste et est daté du dix-neuf janvier 1989.

Manifeste de la marionnette chaotique

Article premier : toute marionnette digne de ce nom est anti-célébrative. Une marionnette adulte signifie une marionnette anti-classique, anti-moderne, anti-formelle, anti-école, anti-industrielle, anti-populiste, anti-idéologique, anti-officielle, anti-symboliste, anti-technique, anti-mode, anti-design.

Article deux : Que les enfants aiment la marionnette, c’est très bien. Ce n’est pas pour autant que la marionnette doit aimer les enfants. […][2]

On remarque bien ici une certaine iconoclastie, car ces premiers articles mettent à mal un certain nombre d’idées reçues sur la marionnette, notamment celle selon laquelle la marionnette est fondamentalement destinée à un jeune public. De plus le premier article aboli immédiatement toutes les tentatives de récupération possibles de cet art. Les mentions en tant que caractéristiques des termes : « anti-industrielle » et « anti-design » sont révélatrices de cette volonté. Il ne s’agit pas de se fondre dans les autres pratiques mais de trouver les caractéristiques d’une posture proprement marionnettique. Même si la marionnette, comme art protéiforme, a été beaucoup utilisé comme art associé à un autre art, l’affirmation de ce manifeste s’entend au sens d’un refus d’inféodation de la marionnette à un autre art ou un autre domaine. C’est un des enjeux de ce combat l’avènement d’une « marionnette majeure », c’est-à-dire non dépendante, non restreinte à une unique voie possible d’évolution, et responsable. 

La forme du manifeste est une forme bien particulière, est ces « manifestes de l’art marionnettique » évoqués ici ne sont pas toujours des « manifestes » affirmés comme tels. Mais la lecture des textes à ce jours publiés ou diffusés sur la marionnette contemporaine nous permet de relever plusieurs éléments intéressants : la très grande majorité de ces textes est rédigée par les artistes praticiens, plusieurs artistes ont tenu à faire des études universitaires parallèlement à leur pratique, les textes renient ou minimisent pour la plupart l’héritage d’une tradition marionnettique, les débats s’organisent autour de sujets comme les dénominations à employer pour qualifier cet art (peut-on parler de marionnette ? de théâtre de figure ? de Poupée ? d’objet marionnettique ?)[3].

 

2.       Un  territoire à définir

De plus ces textes, très souvent, visent à définir les territoires de la marionnette, cherchent à définir ce qu’elle est et comment l’appréhender aujourd’hui de façon très affirmative et, souvent, en reniant un récit des origines jugé handicapant pour la diffusion de la marionnette contemporaine. Ainsi Philip Segura dans La marionnette matériau, publié en 2005 affirme :

Le théâtre s’endort dans ce qu’il s’est crée de réel, le théâtre de marionnette ne s’est jamais réveillé de ses fondements mythiques, de leur codes, de leur sémiologie virtuelles, de leur langage pré-établis, il ne se permet pas un discours critique, un élan fondateur[4]. 

Ce texte, extrait d’un livre publié par un marionnettiste, est extrêmement revendicatif, il appelle à se dégager des fondements « mythiques » de la marionnette pour aller vers un complet renouvellement de ce mode d’expression artistique. C’est une réaction typique d’une période de renouvellement esthétique par le manifeste : remise en causes des conventions liées à la marionnette, vision de nouvelles perspectives selon lesquelles envisager cet art, affirmation du besoin d’un nouvel horizon esthétique.

L’appel d’un nouvel « élan fondateur » pour la marionnette passant par un discours critique est un enjeu louable, et cette période des manifestes est extrêmement riche pour les artistes qui s’approprient cet art qu’ils veulent enrichir. Il manque alors inévitablement, à un moment ou à un autre le recul pris sur ces travaux, ce recul nécessaire à la diffusion de ce travail de renouvellement.

Ces états généraux de la marionnette ont la volonté de faire un état des lieux et d’envisager les perspectives qui se dessinent pour cet art. Il semble qu’en dehors des revendications légitimes de moyens de création et de reconnaissance par les réseaux de diffusion, ce rassemblement doit permettre d’envisager des perspectives de recherche, d’édition, et de ce que nous appelons « diffusion de la culture scientifique et technique », c’est à dire la diffusion des savoirs au plus grand nombre.

 

3.       La recherche : pourquoi ? Quel intérêt ?

L’enjeu de la recherche et de l’appui théorique pour la marionnette aujourd’hui, c’est avant tout qu’on ne peut défendre un art que si on en a une vision, que s’il a des caractéristiques esthétiques propres. Sans cela, soit on le rattache à une pratique mineure, relevant uniquement d’une sorte d’artisanat (ce qui fut le cas pendant longtemps), soit on le rattache à un ou plusieurs autres arts.  Or si la marionnette n’était qu’un amalgame entre théâtre et arts plastiques, on parlerait de performance ou de projet artistique métissé et elle ne serait pas revendiquée comme elle l’est aujourd’hui. Toute la nuance est inscrite dans le fait que la marionnette est un art du métissage, elle s’approprie les autres arts et les autres arts se l’approprient, mais elle n’est pas une émanation de ces autres pratiques, elle a un langage esthétique propre, une histoire, une technicité, une recherche, qui lui sont spécifiques. Sans quoi il n’y aurait ni école, ni rassemblement comme les états généraux de la marionnette. Les pratiques de la marionnette intéressent beaucoup les autres arts, le fruit du travail d’écriture organisé par la Chartreuse avec des auteurs et des marionnettistes en témoigne pleinement. Cette collaboration a donné lieux à des écrits très spécifiques et a vraiment intéressé les participants. Ce travail témoigne des spécificités « marionnettiques » dont il est encore bien difficile de rendre compte aujourd’hui faute d’une recherche éclairée.

 

4.       Formation

La question de la création et de la formation de nouveaux publics pour la marionnette passe par la compréhension des spécificités de la marionnette comme langage artistique aussi bien pour les spectateurs, pour les diffuseurs et pour les journalistes que pour les artistes eux-mêmes. La question de la formation est venue à plusieurs reprises au cours des états généraux et il est apparu clairement qu’elle est un des enjeux majeurs soulevé par les commissions de réflexion.

A ce propos je reviens un instant sur les propos de la table ronde sur la critique, d’où il est ressorti que les journalistes voudraient bien parler du travail des marionnettistes, si les marionnettistes arrivent à le leur présenter en leur fournissant tous les outils critiques nécessaires parce que les journalistes ne sont, à ce jour, pas assez formés pour les trouver eux-mêmes. C’est un constat un peu triste et on ose imaginer que le travail de formation qui est entamé à l’université pourra équiper quelques futurs critiques qui auront les épaules assez solides pour reforger la critique dans la perspective de cet art. La recherche propose bien évidemment cette vision esthétique et critique, elle permet ce dialogue entre les pratiques artistiques et une réflexion nécessaire à leur pérennisation.

La question de la formation continue des artistes a été évoquée aussi au cours des états généraux, elle peut évidemment s’envisager aussi bien comme des temps d’acquisitions de techniques, que comme des temps de prise de distance critique.

La reconnaissance passe par une connaissance. L’enseignement lié à la marionnette et aux formes animées dans le cadre des départements d’arts du spectacle des universités doit se développer. À ce jour, peu de filières de ce type intègrent à leur cursus une approche systématique de la question des arts de la marionnette. Ces futurs artistes, futurs diffuseurs, futurs chercheurs ne bénéficient pas, pour la plupart d’entre eux, d’une approche de la marionnette.

 

5.       L’édition

Ces lacunes sont difficilement comblées par un possible recours aux ouvrages édités sur le sujet. Les éditions existantes sont souvent peu accessibles, car peu diffusées, ou mal repérées. On retrouvera certains ouvrages au rayon « arts plastiques », certains au rayon « spectacles vivants », certains dans les rayons pour enfants, et au sein de ces rayonnages les différents volumes sont souvent séparés et non repérés comme des ouvrages sur la marionnette.

Les ouvrages proposant une mise en perspective des pratiques actuelles et ceux sur les grandes figures qui ont jalonné l’histoire de cet art (Kleist, Craig, Géza Blattner, Georges Lafaye…) sont peu nombreux et souvent édités par les institutions intéressées par cet art  (IIM, TJP, ODIA, UNIMA, THEMAA, TMP) ou en petit tirages à L’Harmattan… Depuis l’an dernier une collection a été mise en place par les éditions l’Entretemps à partir des ouvrages publiés par l’Institut international. La mise en place et le soutien à ce type de démarche permet de conserver une trace des parcours artistiques et des créations aussi bien par les discours que par les photographies, et de les prolonger d’une réflexion qui les pérennise. Ainsi en est-il par exemple de Kantor dont le travail fut suivi par Denis Bablet pas à pas, ce qui a permis à son œuvre de développer toutes ses potentialités et de se répercuter jusqu’à influencer aujourd’hui encore des artistes. Les propositions de la commission « patrimoine, recherche, édition » à ce propos étaient les suivantes :

 

1 - Soutien à l’écriture et à la traduction accorder des bourses d’écriture, de résidence ou de traduction à des auteurs ou des traducteurs s’inscrivant dans un projet éditorial pertinent

 

2 - Soutien à la production éditoriale soutenir le démarrage ou une phase de développement de projets qui ont vocation à être pérennes (séries, collections, revues, etc.) ; encourager au cas par cas des éditeurs prêts à publier des travaux issus de recherches universitaires ; aider des projets isolés, mais correspondant à des lacunes regrettables dans le corpus éditorial existant (essais sur des sujets peu documentés, pièces inédites du répertoire pour marionnettes) ; aider des projets d’importance majeure, de type encyclopédique

 

3 - Soutien à la diffusion des publications d’inventaires et de bibliographies dans le but d’informer le lectorat de l’existence et du développement de ces ressources ; inciter le secteur de la librairie à aménager des rayons spécialisés pour les arts de la marionnette par des aides à l’acquisition de fonds thématique (peut-être en partenariat avec le CNL, qui pratique déjà cette politique en faveur de la poésie et du théâtre).

 

Conclusion

Ces différents constats expliquent la difficile émergence d’une recherche sur la marionnette, méconnaissance et bibliographie peu fournie. Pourtant, les praticiens sont dans une réelle attente, une attente impatiente qui les amène, comme cela a été souligné plus tôt à suivre eux-mêmes un parcours universitaire et à alimenter leur pratique d’une recherche personnelle. Envisager une présence de la marionnette à l’université dans l’enseignement comme dans la recherche, c’est envisager le développement d’un dialogue probablement fécond entre ces deux domaines et enrichir les travaux des créateurs d’une force de proposition dramaturgique proprement marionnettique. C’est enrichir les formations (initiales ou continues) à la marionnette, d’un regard de chercheur. C’est aussi forger par les rencontres et les colloques (envisagé au sein des saisons de la marionnette) autour des arts de la marionnette, des outils critiques et des outils d’analyse à la mesure des propositions artistiques actuelles, et de celles à venir. Quand on pose la question de quels outils pour demain, il me semble que la recherche est un point d’une grande importance.

 


[1] BODSON (Lucille), « Au-delà des mots », revue OMNI, Le théâtre de la marionnette à Paris éditeur, Paris, N° 5, hiver 2005-2006, p. 6.

[2] SCHUSTER (Massimo), Ave Marionnette, L’Arc-en-Terre éditeur, 1995, p. 88.

[3] OMNI, Le théâtre de la marionnette à Paris éditeur, Paris, N° 4 et 5.

[4] SEGURA (Philip), La Marionnette matériau, Paris, l’Harmattan, 2005, p. 37.

Béatrice Picon-Vallin

Les marionnettes et la formation des artistes de théâtre

J’admire la tenue de ces Etats Généraux et le sérieux des enquêtes qui ont été menées, j’admire l’intérêt que les gens de ce métier se portent les uns aux autres. C’est sans doute parce que la manifestation émane de la profession elle-même: ces rencontres n’ont pas été commanditées par un  ministère ou par une institution quelconque. Il s’agit de la profession qui réfléchit à son avenir, à travers l’intérêt  porté à toutes les compagnies existantes, qu’elles soient grandes ou petites.

Ces Etats Généraux arrivent à un moment difficile pour que leurs revendications soient entendues par les forces politiques, dans cette époque de vaches maigres que nous vivons. Cependant, tout n’est pas qu’une question de moyens financiers. Une  réflexion de l’ensemble des artistes de la scène sur la situation  semble incontournable. Comme le disait Jacques Copeau il y a longtemps : il faut  arriver à s’unir pour trouver les lignes directrices d’une action commune. Dans les périodes de difficulté extrême pour la culture et pour l’art, c’est cet état d’esprit qui doit prévaloir  pour trouver des passerelles, des sorties de secours, des solutions communes pour le partage des outils.

Le problème de la formation est très complexe : cela devrait être un champ de recherche et d’invention immense  pour le XXIe siècle. On a beaucoup parlé des écoles pour les métiers des arts du spectacle tout au long du XXe siècle, mais rien n’est résolu et le chantier demeure, énorme, pour le XXIe. Par exemple, en France, la formation de l’acteur reste éclatée en de multiples disciplines entre lesquelles les élèves peinent à trouver le lien, et  il n’existe toujours pas de formation sérieuse pour la mise en scène. Pour les marionnettistes, en termes de formation initiale et continue, il n’existe encore que très peu de lieux qui apportent une  rigueur dans la transmission des techniques de fabrication et de manipulation.
A l’ESNAM, où j’ai enseigné l’histoire du théâtre,  j’ai été ravie  de l’intérêt  des élèves-marionnettistes pour cette grande histoire et de leur écoute.  Mais  en effet, dans la formation  des artistes du plateau, quelque soit leur spécialité, cette discipline devrait tenir une place importante,  car elle contient l’histoire des métiers, des formes (et pas seulement des formes dramaturgiques), celle  de l’évolution du rapport aux publics, des techniques de jeu et de mise en scène.  On ne peut pas savoir où l’on va, si l’on ne sait pas d’où l’on vient…
Les marionnettes, ce théâtre des « petites personnes », sont capables de produire le théâtre le plus grand et le plus bouleversant — et pas seulement un merveilleux théâtre « pour enfants ».

La  connaissance de l’histoire du théâtre de marionnettes et de ses pratiques variées  doit faire partie de l’enseignement de l’histoire du théâtre dispensé aux comédiens et aux metteurs en scène du théâtre d’acteurs. Ainsi,  Edward Gordon Craig, lorsqu’il fonde son école de théâtre à Florence, à l’Arena Goldoni, un peu avant la guerre de 1914, fait travailler la marionnette à ses élèves,  futurs « artistes de théâtre ». Il a deux objectifs : les intéresser à la présentation des poupées qui constituent sa collection personnelle dans un Musée qui ferait partie de l’école (l’histoire),  et la fabrication de marionnettes pour en faire comprendre les différents  types de fonctionnement (la pratique). Le Département des Arts du spectacle à la Bnf possède un certain nombre de ces marionnettes historiques et fabriquées ou en cours de fabrication.
J’ai voulu,  au CNSAD où je suis  professeur d’histoire du théâtre,  inviter à plusieurs reprises Alain Recoing, figure historique du théâtre des petites personnes en France, pour qu’au delà de l’histoire et des fils qu’il sait nouer entre Baty, Vitez et les marionnettes, il montre aussi la manipulation et la fascinante « danse » du montreur derrière son rideau-castellet, son engagement physique. A la suite de cette rencontre forte, certains de mes élèves du CNSAD, conscients de la présence d’ un mystère et de techniques  pointues qui pouvaient les aider dans leur recherche sur le jeu, leur rapport au personnage et à leur propre corps,  ont voulu faire un  stage à l’ESNAM et  présenter au retour à leurs condisciples des travaux où ce qu’ils avaient découvert transparaissait .
Car l’art-artisanat de la marionnette — la question est ouverte —  est essentiel au travail de l’acteur. Les poupées  peuvent être de magnifiques appuis pour la formation du comédien. A l’ERAC existe une intervention régulière de marionnettistes. D’autres écoles organisent des ateliers autour d’un tel praticien. L’enseignement des arts de la marionnette doit avoir sa place dans l’enseignement du théâtre, au même titre que la musique. Si j’avais à imaginer  la première année de la formation d’acteur, je mettrai trois disciplines : la marionnette, la musique, le mouvement scénique.
Pourquoi la marionnette est-elle  nécessaire à l’acteur ? Celui-ci doit apprendre à écouter. La petite personne muette qu’il fabrique et dont il doit s’occuper peut lui apprendre à se concentrer en étant à l’écoute de son silence particulier. Il doit savoir capter et retenir l’attention, il doit intriguer, surprendre. Or une dialectique du grand et du petit est à l’œuvre dans la poupée, entre sa fragilité et la force de ses points d’articulation,  la résistance des matériaux dont elle est faite. Et cette dialectique des contraires est, nous le savons d’après les analyses d’Eugenio Barba, le fondement du jeu. Le manipulateur manifeste du respect pour la poupée qu’il lui faut servir. Sous peine de l’étouffer et  de la rendre invisible aux yeux du public, il doit modifier sa posture quotidienne, contrôler chacun de ses propres mouvements, opérer directement ou indirectement (baguettes, tiges, ficelles) sur le morceau de bois, de carton, ou d’étoffe anthropomorphe ou non, et s’il y a d’autres manipulateurs, ses gestes doivent converger avec les leurs. La justesse des impulsions données pour le montage des mouvements des poupées, pour le léger tressaillement de leurs  vêtements, se dose rigoureusement — jeu de main, de poignet, d’épaule, des muscles, du corps tout entier. Pour mettre en forme la carcasse de la poupée inerte, lui donner vie et présence scéniques, le manipulateur contrôle des mécanismes artificiels, il module sa voix ou travaille en accord avec un proférateur, il joue de sa propre présence en s’effaçant derrière le petit corps qu’il anime. Aussi la relation entre le manipulateur et la marionnette est-elle pleine d’enseignement pour le comédien qui sur le plateau doit rendre présent son propre corps, en dépassant le point de vue narcissique d’un ego solitaire.
L’acteur peut aussi faire l’expérience de sa condition de jeu à travers la manipulation de la marionnette dont la liberté jaillit d’un ensemble de contraintes fortes. Enfin, la poupée peut lui faire comprendre la déclinaison des difficiles concepts dits brechtiens de distance et de distanciation. Le terme de distanciation est traduit de Verfremdung Effekt  de  Brecht,  mais il est mieux rendu par le terme français  d’étrangéisation ou de défamiliarisation (qui correspond au concept de grotesque russe). Quand il s’agit de marionnettes, il faut utiliser les deux sens français du terme allemand parce que ces figures nous placent vraiment au centre de cet effet double et complémentaire.
« Distancer, c’est jouer », écrivait Roland Barthes après avoir vu le Berliner Ensemble, et il ajoutait : « Distancer, c’est couper le circuit entre l’acteur et son propre pathos». La poupée manipulée matérialise la distance, elle produit de l’étrange.  Le théâtre de marionnettes est au cœur d’une problématique essentielle  à la scène,  qui est celle de l’énigme du passage entre vie et mort,  animé et  inanimé. Tout grand théâtre porte cette énigme en lui, et les marionnettes par leur seule « existence » l’introduisent  sur le plateau. Par la marionnette, l’acteur entre  de plain pied dans l’énigme du théâtre.

Claire Heggen

Parole Vive  - Claire Heggen – Themaa – Strasbourg 2008-05-15

Tout d’abord, je voudrais exprimer mon estime et mon admiration pour le travail opiniâtre que les marionnettistes ont accompli pour aboutir aux états généraux de la Marionnette aujourd’hui.

En ce sens, cette démarche me paraît exemplaire pour les Arts du Mime et du geste dont je fais partie. Je parle des « Arts du Mime »  pour me démarquer de l’image unique du Mime qui est véhiculée partout et qui oblitère les productions et les recherches contemporaines en la matière.
Je viens donc d’un domaine artistique différent de celui de la marionnette.

« Le Théâtre du Mouvement » que je co-dirige avec Yves Marc est une compagnie de recherche, de création, de diffusion et de formation. Nous travaillons dans l’utopie d’un art d’acteur corporel et dramatique, producteur d’un théâtre non psychologique et d’une théâtralité, capable de dialoguer avec les autres arts de la scène (texte, objet, musique, voix, marionnette…), ce qui a permis dans les années 90 de développer un processus de rencontres et d’échanges autour du corps de l’acteur, en général, et les Arts du Mime et du geste en particulier, dans le cadre d’un réseau européen intitulé « les Transversales » (constituant un itinéraire culturel du Conseil de l’Europe).

Voisins – Cousins

En travaillant à l’ESNAM (depuis 1988), j’ai pu constater très tôt un certain cousinage entre les Arts de la Marionnette et les Arts du Mime et du geste.
 
Tout d’abord, un cousinage esthétique dû au non réalisme, à la relation, à la contrainte, à la formalisation, l’articulation, le jeu métaphorique.
 Ensuite, une parenté d’images et de récits où la mise en intrigue et la dramatisation se font à partir de l’image ; et, de semblables processus d’écriture, de scénario, de dramaturgie (pour les formes non textuelles a priori).
 Enfin, une référence historique commune en la personne de E.G. Craig et de ses écrits sur la sur-marionnette comme acteur idéal. E.Decroux tente d’en relever le défi par l’élaboration du mime corporel : « Si la marionnette est au moins l’image de l’acteur idéal, il faut donc essayer d’acquérir les vertus de la marionnette idéale. » Il dira aussi de l’acteur qu’il « doit montrer son art sans montrer sa personne ». N’est-ce point déjà là une définition applicable à l’Art de la marionnette et des marionnettistes ?

Un questionnement

La fréquentation du monde de la marionnette (spectacles, professeurs et étudiants de l’ESNAM) a retenti sur mon travail artistique bien évidemment et provoqué des interrogations fertiles.
Parmi celles-ci, et non des moindres, la mise en question réciproque générée par l’introduction d’une pratique d’acteur gestuel dans le maniement de la marionnette ;  retour sur ma propre pratique artistique ; d’un regard sur la pratique marionnettique  et les problématiques émergentes du moment ; donc, d’une recherche spécifique transversale entre les fondamentaux des deux pratiques.

Voici de manière ni exhaustive ni chronologique ce que j’ai été amenée à faire :

* Préciser cette notion d’acteur à la fois « sujet et objet d’art », ses variantes intermédiaires débouchant sur des implications théoriques, spectaculaires et pédagogiques.
Qu’est-ce qu’un corps réel ?
Comment donner un effet de réel ?
À partir de quel moment peut-on parler de corps fictif ? (corps réel imaginé, métaphorique)
Comment objectiver un corps (par sa gestuelle, le costume…) sans le chosifier ?

*Re-visiter ma boîte à outils : avec pour visée d’y puiser les éléments (techniques, conceptuels, terminologiques et grammaticaux) à mettre au service de l’objet et de la marionnette.

* Aiguiser mon regard et prendre le « parti des choses »
Qu’est-ce qu’on regarde ? Comment ça marche ? Je me suis exercée à déplacer mon regard (jusque-là focalisé sur le corps de l’acteur) vers l’objet. J’ai chaussé des lunettes à double foyer en quelque sorte, pour mieux voir les relations réciproques.

* Chercher les principes de fonctionnement et de service de l’image qui « guident » le regard du spectateur vers l’objet, l’acteur marionnettistes ou la relation des deux à tout moment.
L’acteur devenant un « maître du regard » comme dans le théâtre Nô.

* « Faire la part des choses » en distinguant la chose de l’accessoire, et l’objet de l’objet d’art.

* Poser « la relation », l’entre deux, au coeur du débat et en rechercher les variantes potentielles dans une triangulation avec le spectateur.

* Tirer des leçons de l’exil momentané du castelet.
Premièrement, trouver l’organisation et la mise en forme du corps en fonction du type de marionnette lors de la manipulation à vue (par-dessous, dessus, derrière…)
Deuxièmement, le castelet disparu, il réapparaît dans une scénographie mouvante constituée par le corps (« corps castelet » pour A.Recoing, E.Decroux le nommait « géographie physique »). Par conséquent, quelle (s) mise (s) en jeu du corps opérer, pour créer ces métaphores de théâtre et y incorporer la marionnette ? Comment inventer des modes d’apparition renouvelés de la marionnette et des modes d’énonciation de l’acteur-marionnettiste plus variés ?

* Etc…

Pour conclure

Je voudrais simplement dire, qu’à la croisée du corps et de l’objet, à cet endroit même de rencontre où une transversalité peut s’opérer, j’ai constaté que de nouvelles pistes se sont ouvertes pour l’acteur, l’objet, le spectateur, le dramaturge et plus largement pour le jeu des relations sociales.

L’objet m’est apparue comme une chance pour le corps de prendre conscience de ce qui le contraint et l’affecte. Il lui permet de développer de nouvelles capacités de perception et de sortir des chemins battus du mouvement usuel, du corps unique et de ses chemins corporels habituels. Il favorise de nouveaux modes de relation avec le public. Il lui offre d’apparaître comme lieu de résistance à sa disparition dans le lieu même de l’effacement (surtout en cette époque de disparition des corps qu’ils soient réels ou virtuels) et de manifester contre sa dématérialisation.

De même et à l’inverse, le corps me semble une opportunité pour l’objet d’un détournement de sa fonctionnalité et d’ouverture d’univers imaginaires supplémentaires. Il renouvelle la poésie de la relation et ouvre un lieu de discussion, de dialogue, de confrontation jusqu’à la contradiction.

La relation des deux, offre à l’acteur et au spectateur, un lieu de mise en question de la représentation théâtrale où ils peuvent se situer entre sujet et objet dans la relation. Elle les conduit à préciser leur identité dans cet espace de l’entre deux.
Espace qui est pour l’individu en train de se « faire », un lieu métaphorique des transactions interindividuelles. Cette relation constitue une invitation « à être », à « devenir », par la mise en question d’autrui. Elle engage à transiter, à « être vers », à « passer par » pour se dépasser et aller au-delà de ce qui est. Elle nous convie à une poétique du sensible où mouvement, moment et émotion font l’évènement et l’avènement d’un autre temps.

Ont été diffusés durant la « Parole Vive »
- Un extrait vidéo de « Tezirzek » du Théâtre du Mouvement
- Un extrait vidéo de « L’usine » d’E. Decroux.

 

Brigitte Patient

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Jean-Pierre Han

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Emmanuel Wallon

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Eric de Dadelsen

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Fabien Jannelle

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Joël Gunzburger

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Matéi Visniec

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Patrick Boutigny

Pour préparer les Etats Généraux : les réunions en régions

Les réunions en régions, décidées par le conseil d’administration de THEMAA avaient un double objet :
- confrontation avec les résultats de l’enquête nationale,
- confrontation avec l’état des lieux et les premières propositions des groupes de travail des Saisons de la Marionnette.

La vingtaine de réunions régionales que nous avons organisées n’avaient pas vocation d’unanimisme pouvant à peine cacher les reproches et insatisfactions larvés des uns et des autres. Nous avions tous à gagner d’un véritable échange et même si ces réunions étaient préparatoires aux Etats Généraux, il ne pouvait en ressortir des cahiers de doléances.
Il fallait que chacun s’exprime, non pour la forme mais de plein droit, afin de créer une réflexion assumant ses contradictions, et s’en faisant une force plutôt qu’en en sortant fragilisé. Car il existe dans notre profession une multitude de sensibilités différentes, qu’il convient certes de réunir, mais sur la base de dialogues équitables.
Ces réunions en régions ont enfin permis des rencontres entre les marionnettistes, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps : se retrouver ou plus simplement faire connaissance.
De ces rencontres sont nés des projets de laboratoires, de chantiers, de transmission, d’expérimentation, « même si on sait qu’il est difficile de travailler ensemble, parce que l’on fait un métier d’égoïste », comme le dit Pascal Vergnault.

De ces réunions sont sortis des rapports, des écrits, des comptes-rendus, une sorte de grand fatras de paroles que j’ai tenté de mettre en forme, en retenant plutôt tout ce qui pouvait être de l’ordre, non d’un consensus mou, mais plutôt d’un « dissensus positif ».
D’où souvent dans les propos qui ne sont pas les miens, des évidences, des contradictions assurées, mais aussi des problématiques relevant de réelles inquiétudes de la profession.

  • La question de l’artistique

J’ai moi-même écrit dans le Hors Série de MANIP sur l’Enquête Nationale qu’« une première lecture des chiffres nous faisait dire : « on ne prête qu’aux riches ». On sait que la vraie richesse, celle qui compte, est la richesse de l’artistique ».

Cette richesse-là est d’autant plus importante que les arts de la marionnette ont un sens particulier dans la mémoire collective des spectateurs. A travers des souvenirs, des anecdotes, la marionnette interpelle toujours un souvenir, et ce, chez n’importe quel spectateur.
C’est en ce sens aussi que la marionnette est un art populaire.
Mais si l’on parle d’art populaire, comment faire pour ne pas à avoir à traîner encore entre guillemets le mot marionnette et l’affirmer haut et clair ?
Et si, comme le disait Alain Blanchard, « le bicentenaire de Guignol révélait peut-être 200 ans de malentendus ? »

Il y a donc encore une fracture esthétique entre ce que représente la marionnette dans la mémoire collective - et encore dans l’esprit de certains programmateurs - et une génération de créateurs travaillant avec des esthétiques contemporaines sur la base d’un art protéiforme.

Qu’est-ce donc qu’un marionnettiste ?
Seul peut répondre le praticien et la question de l’identité marionnettique relève de chaque artiste.
Seul le marionnettiste sait pourquoi il est marionnettiste :
Marionnettiste car metteur en scène sans le sou : la marionnette remplace sans bourse délier le jeu des acteurs.
Marionnettiste car seul moyen d’exprimer son rapport à la vie.
Marionnettiste parce que c’est sa nécessité.
Marionnettiste car la marionnette, c’est le seul théâtre de la distanciation.
Marionnettiste pour comprendre ce qui se passe ou ce qui ne se passe pas avec l’objet manipulable.

Pourquoi est-ce que je fais ce métier ?
Peut-être parce que je n’ai jamais su rien faire d’autre…
Si l’on ne s’interroge pas sur l’intérêt profond que l’on a vis-à-vis de son travail, on est l’artisan de son propre malheur.

Du coup, faisons-nous tous le même métier ?
Au-delà de l’artiste marionnettique, il y a le constructeur, le fabriquant, l’artisan, le technicien.
Quelles techniques a-t-il à sa disposition ? Une technique qu’il maîtrise et qui va se mettre au service d’un propos artistique à développer ? Ou est-ce le propos artistique qui va révéler une technique appropriée ?

Bien évidemment, il n’y a pas de règle en la matière. Simplement une histoire, une passion, une sensibilité qui va aller au plus juste pour le spectacle en devenir.

En réalité, la question de l’artistique est aussi liée à la question de l’économique. Il est vrai que la spécificité de la marionnette se trouve dans la diversité des formes, dans une grande liberté d’invention, mais elle réside aussi dans sa liberté d’ajustement économique : les spectacles de marionnettes sont souvent autonomes et peuvent être présentés là où beaucoup d’autres spectacles ne rentrent pas.

  • La question de l’économique

Elle est liée à l’artistique et aux relations avec l’institution et à l’organisation de la profession.
Mais dans le contexte actuel, il est peut-être temps d’en repenser complètement le mode de fonctionnement et d’organisation.
Un constat partagé à la fois par les compagnies mais aussi par les programmateurs sensibles à la production : les compagnies n’ont pas les moyens d’une politique sur un temps de trois ans – temps habituel des conventions.
Car les questions à poser sont graves :
- Peut-on s’affirmer professionnel lorsqu’on n’a pas tangiblement les moyens de l’être ?
- Peut-on vivre de ce métier et, par voie de conséquence, l’idée de l’intermittence n’est-elle pas un véritable tombeau ?
- La contrainte économique peut-elle être force de libération sur un projet artistique ?
- A-t-on une mentalité « de pauvre » ?

Toujours est-il que l’on demande de plus en plus aux compagnies d’avoir un rapport à l’économie, alors que, pour la majorité des compagnies, ce rapport est intimement lié à la précarité et à la survie.

Alors faut-il faire du « dumping » pour pallier nos difficultés ?
Et faut-il continuer à tricher en ne payant pas les répétitions ou en ne déclarant pas les stages de formation ?

  • La question du ou des publics

Difficile d’échapper à cette question dès lors que pour le grand public, la marionnette est encore liée à l’enfance : l’équation marionnettes = enfant reste intacte.
Elle perdure d’ailleurs aussi chez bon nombre de compagnies, soit par choix artistique, soit par choix économique.

Personne n’échappe donc à cette question des publics et des conditions d’accueil :
Que penser par exemple, des séances scolaires ?
Elles favorisent l’accès au plus grand nombre et la première entrée au spectacle vivant. Mais ce sont des représentations souvent difficiles : non-respect des jauges, pas ou peu de respect des artistes. Mais tout dépend de la qualité professionnelle de l’accueillant. Car la mise en place d’un dispositif pédagogique par les structures d’accueil et le monde enseignant permet un déroulement des représentations dans de bonnes conditions.

D’une façon ou d’une autre, les structures d’accueil ont besoin des séances scolaires, pas tant pour des besoins économiques que pour les chiffres qui permettent d’augmenter les statistiques de fréquentation des salles.

La réflexion sur la marionnette pour adulte, sa production et sa diffusion, font l’objet depuis quelques années de rencontres et de réflexions.
La dernière en date est celle que nous avons organisée lors du festival MAR.T.O. (cf. l’article de Bruno Tackels publié dans un des derniers numéros de MANIP).

Beaucoup s’interrogent aussi sur les séances dites « A voir en famille » ou « Tout public » dans les programmations.

  • Liée à la question du public : la question de l’action culturelle

    Les marionnettistes sont souvent demandés pour animer un stage ou un atelier, en particulier dans le milieu scolaire. La difficulté relève du système lui-même : peu d’heures pour tout faire, depuis la construction jusqu’à la mise en scène.
    Ajoutons à cela que ces heures ne sont pas comptées dans le calcul des heures des intermittents…

    La tendance est aussi de former des animateurs pour prendre « la place des artistes »… D’où l’importance de la relation partenariale à développer entre l’artiste et l’enseignant.

    Qui fait quoi ? Quelle est la place de l’un et de l’autre ?
    Que donne, que reçoit chacun dans cette aventure pédagogique ?
    Comment faire des animations tout en restant artiste ?
    Un animateur n’est-il pas un artiste raté ?
    Il faut veiller à ne pas confondre animation - c’est à dire incitation à la créativité - et création tout court. La création est l’œuvre d’un artiste et elle doit être confrontée à un public.

    Ensuite, il y a la réalité économique de ces ateliers pour une compagnie : ils sont une part de ses ressources.

    Il y a enfin le travail d’inscription dans un territoire. Mais après les années du socio-culturel, la dissociation et la professionnalisation de ces champs distingués, comment le travail d’une compagnie se situe-t-il sur un espace géographique, avec toute la problématique de l’instrumentalisation ?

    • Les questions de l’organisation et de la structuration

    Comment s’organiser quand on sait à quel point les compagnies sont différentes entre elles :
    Il y a les compagnies émergées entrées dans le cercle des programmations des CDN ou des scènes nationales.
    Il y a les jeunes compagnies émergeantes, « vivier du théâtre ».
    Il y a le « lumpen », prolétariat du théâtre, et l’on sait que le silence et l’absence de solidarité le tuent plus radicalement que n’importe quelle arme.

    D’abord faut-il ou ne faut-il pas s’organiser en compagnie ?
    « Y a-t-il trop de compagnies ? » se demandait le SYNAVI dans un ouvrage récent.
    Est-ce la reconnaissance structurante, sociale et économique qui peut répondre à la question suivante : Suis-je bien dans mon métier et est-ce que je le fais bien ?

    On sait qu’à leur sortie de l’école, les élèves de Charleville n’ont plus la préoccupation première de fonder une compagnie.
    De fait, il est difficile de gérer une compagnie, surtout quand elle est petite, d’où l’importance de l’arrivée dans une compagnie d’un administrateur, même sans formation spécifique.

    Comment alors s’organiser entre compagnies ?
    L’histoire nous rappelle les multiples tentatives d’organisation des marionnettistes en régions, par exemple. Nombreuses expériences ont échoué.
    Comme si les compagnies étaient en concurrence entre elles. (Et si c’était vrai ?…)

    Le collectif est donc important, mais difficile à mettre en place à cause de préoccupations individuelles d’administration, de production et de diffusion.

    Cela dit, des expériences de mutualisation des moyens se multiplient aujourd’hui, sous forme de groupements d’entreprises, de coopératives : mais ce sont des mots qui résonnent encore pour certains comme grossiers parce qu’appartenant au monde de l’économie.

    Reste l’organisation de la profession au niveau national.
    THEMAA est-elle une structure adaptée dans la situation actuelle où l’on est, plus que jamais, préoccupé par la défense de la profession. Est-il plus opportun de se tourner vers une forme syndicale ?
    Pourtant, c’est ensemble que nous pouvons et devons construire quelque chose.
    Les compagnies sont elles en capacité de se retrouver, au-delà de leurs divergences esthétiques ?
    Et y a-t-il encore des militants dans la salle ?

    La structuration de la profession peut-elle aussi passer par la création de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les Centres de développement des Arts de la Marionnette ? Un type d’établissements où création, formation et action culturelle seraient organiquement liées.
    Un lieu de création adapté à la spécificité de la marionnette avec une configuration architecturale disposant à la fois d’un plateau et d’un espace de fabrication.
    Un espace permettant de se rencontrer et de confronter des regards permettant aux équipes artistiques de mieux se nourrir.
    C’est enfin la possibilité de partager une structure administrative, technique et financière.
    Je ne donne pas là une définition personnelle des CDAM mais de ce qui pourrait en être la base.
    Ils sont d’ores et déjà quelques-uns à les expérimenter…

    • Les relations avec les institutions.

    On sait que les politiques publiques de la culture connaissent aujourd’hui des mutations accélérées. Les conditions de régulation et de concertation des compétences nationales et territoriales sont difficiles et provoquent chez les compagnies une grande perplexité.
    Quel respect pouvons-nous encore avoir envers les institutions en général et les collectivités locales en particulier.
    Comment considérer les institutions autrement qu’en tant que bailleurs de fonds ? En est-on toujours réduits à demander l’aumône ?

    • La question de la diffusion

    Cette question est pleine de contradictions.
    Pourquoi une compagnie tourne-t-elle ? Pourquoi une autre compagnie ne tourne-t-elle pas ?
    Est-ce simplement en fonction du critère artistique ? Est-elle dans le bon réseau ? Est-elle hors réseau ?
    Cela dit, on sait aussi que les spectacles de marionnettes auraient tendance à mieux tourner que les spectacles de théâtre d’acteurs.
    On voit bien que les compagnies de théâtre d’acteurs conventionnées en régions tournent peu ou pas hors région parce qu’il y a une sorte d’uniformité artistique. Ce qui n’est pas le cas des compagnies de marionnettes conventionnées, justement parce qu’elles ont un univers artistique particulier.

    Quelques constats :
    - Certains réseaux ont disparu (réseaux de l’éducation populaire, des comités d’entreprises, des MJC).
    - Il y a un manque de lieux et d’espaces-vitrines malgré un nombre conséquent de « bons » festivals de marionnette en France.
    - Comment rendre les programmateurs moins « frileux » au sujet de la marionnette pour adulte ?
    - Les diffuseurs se déplacent peu. Comment leur faire entendre qu’il existe de bons spectacles en dehors des circuits Scènes Nationales ou Scènes conventionnées et qu’un peu de curiosité pourrait leur permettre de sortir des sentiers battus ?
    - Certains pensent qu’il existe une situation de monopole de la part des réseaux institutionnels.
    Y a-t-il des critères (un formatage ?) pour être admis dans les « bons » réseaux ?

    • La question de la formation

    Cette question offre deux entrées : se former et former les autres.
    Est-ce qu’on est artiste dès lors qu’on a un diplôme ?
    Est-ce le diplôme qui fait l’artiste ?
    Où se former ?

    Il n’est pas possible d’aborder toutes les problématiques, mais l’une d’elles revient de façon récurrente, celle de la formation continue :
    Formation à de nouvelles techniques, mais aussi formation continue avec des plasticiens, des musiciens, des vidéastes etc… dans le cadre de laboratoires sans finalité de production.
    Formation difficile à organiser car, paradoxalement, la demande émane souvent de ceux qui tournent beaucoup et qui ont donc du mal à trouver la disponibilité.
    Certains disent aussi que des créations naissent après des rencontres artistiques durant les stages, ce qui est une belle réponse à cette formation professionnelle.

    Autre problème soulevé lors d’une de ces réunions par Lucile Bodson :
    ll y a une très grosse demande sur la fabrication et la construction.
    Enfin, existe-t-il une formation destinée aux programmateurs ?

    • Pour conclure,

    en cette année de bicentenaire de la naissance de Guignol :
    il y avait sur la Place du Marché et dans la Cour des Miracles les marionnettistes et les arracheurs de dents. Les marionnettistes aidaient à faire passer le mal.
    Aujourd’hui, les arracheurs de dents sont devenus des chirurgiens dentistes.
    Il faut espérer que les marionnettistes soient encore, et pour très longtemps, dans la Cour des Miracles.

    Jean-Louis Lanhers

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    Jacques Nichet

    Message d’Ouverture des Etats Généraux par Jacques Nichet
    Président d’honneur des Saisons de la Marionnette

    Dario Fo n’a pas pu quitter Milan et Giacomo Léopardi me retient à Bobigny, mais je tiens à vous saluer fraternellement à l’heure où s’ouvrent nos Etats Généraux.
    Vous avez toujours défendu la cause de la marionnette et aujourd’hui plus que jamais, vous appelez au renforcement de votre mouvement artistique. Vous avez raison, il faut continuer à faire reconnaitre davantage encore l’art majeur que vous faites vivre, un art en échappée libre, un art protéiforme qui ne cesse de se réinventer.
    Aujourd’hui notre vieux monde se brise et se divise. On le voit se défigurer, non sans douleur, et chercher d’autres visages à prendre. Au milieu de tous ces déchirements, la marionnette reste une merveilleuse alliée : gardant une patience infinie et une résistance à toute épreuve, elle fait face, sait répliquer, réagir !
    On peut reprendre encore et encore la devise du Bread and Puppet : «  notre théâtre est une réponse à la société, à une société en état d’urgence ». Entre 1968 et 2008 certaines urgences ont changé, mais non l’état d’urgence.
    Si nous avons choisi d’appeler notre assemblée « Etats Généraux », c’est bien parce que nous avons en tête cet état d’urgence. Et cela nous donne une force nouvelle pour avancer vers de nouveaux projets et de nouveaux succès ; c’est ce que souhaite de tout cœur votre président d’honneur.

    Je donne maintenant la parole au « président du déshonneur qui vous accompagne depuis si longtemps et qu’il faut suivre les yeux fermés, car pour ce qu’il est de la bagarre, il s’y connaît le bougre, même à la dernière extrémité :
    - La mort : Pulcinella… Pulcinella… Où vas-tu te coucher cette nuit ?
    - Pulcinella : Je me couche dans mon lit
    - La mort : je viendrais dans ton lit…je t’étoufferais !
    - Pulcinella : Alors, je me coucherais … sous mon lit
    - La mort : je viendrais sous ton lit …et je t’étoufferais !
    - Pulcinella : Et moi je prendrais le pot de chambre plein de pisse et je te le foutrais à la gueule ! »
    Vive Pulcinella et ses frères d’arme !
    Vive les Etats Généraux de la Marionnette !

     

    Actes des Etats Généraux 1

    Vous trouverez dans cette rubrique les discours de tous les intervenants des Etats Généraux.

    Certains sont en cours nous vous informerons de leur arrivée sur le site dans la rubrique “dernière minute”.

    Intervenants EG 1

    Anne-Marie Autissier

    Maître de conférences à l’Institut d’Etudes Européennes de l’Université Paris VIII en sociologie de la culture.
    Enseigne également les politiques culturelles en Europe.
    Préside l’association « Culture Europe ».
    Editrice de la revue « Culture Europe International ».

    Sylvie Baillon

    Directrice de la compagnie « Ches Panses Vertes ».
    Vice-présidente de THEMAA.
    Vice-présidente des « Saisons de la marionnette ».
    Membre du Conseil pédagogique de l’Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières.

    Georges Banu

    Essayiste, professeur d’Etudes théâtrales de l’Université de Louvain (Belgique).
    Professeur en Etudes théâtrales à l’Université de Paris III.
    Co-directeur de la revue « Alternatives Théâtrales ».
    Auteur de nombreux ouvrages sur le théâtre.

    Isabelle Bertola

    Directrice du Théâtre de la Marionnette à Paris, organisant, entre autres, deux festivals :
    « Biennale Internationale des Arts de la Marionnette » et « Scènes ouvertes à l’insolite ».
    Directrice de la publication « OMNI », le journal du Théâtre de la Marionnette à Paris.

    Christophe Blandin-Estournet

    Ancien programmateur Arts du Cirque, Rue et Marionnette au Parc de la Villette.
    Directeur du festival « Excentrique » (Région Centre).

    Simone Blazy

    Conservateur du musée Gadagne (Musée historique de Lyon et Musée international de la Marionnette).
    A dirigé le carnet 3 de THEMAA : « Actualité du patrimoine » (Editions L’Entretemps).

    Serge Boulier

    Comédien, metteur en scène.
    Dirige la compagnie du Bouffou Théâtre à la Coque d’Hennebont (Bretagne).
    A reçu le Molière Jeune Public en 2007 pour son spectacle « La mer en pointillés ».

    Grégoire Callies

    Metteur en scène, comédien.
    Directeur du Centre Dramatique National d’Alsace, le Théâtre Jeune Public de Strasbourg, dont la mission est de développer les Arts de la Marionnette sous toutes leurs formes, soutenant toute l’année la création, la formation professionnelle et multipliant les rencontres avec le public.

    Eric de Dadelsen

    Comédien, metteur en scène.
    Directeur du Centre Dramatique Régional de Vire (Basse-Normandie) : Théâtre du Préau.
    Vice-président du SYNDEAC.

    Emmanuelle Ebel

    Doctorante.
    Chargée de cours à l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

    Daniel Girard

    Président des « Saisons de la marionnette ».
    Ancien directeur de la Chartreuse à Villeneuvelez- Avignon.

    Noëlle Guibert

    Directrice du Département des Arts du Spectacle à la Bibliothèque nationale de France.
    Coordonne de nombreux numéros de la revue de la BnF en particulier le n°5 consacré à « Archives, patrimoine et spectacle vivant ».

    Chantal Guinebault

    Maître de conférence en Sciences humaines et arts à l’Université de Metz, docteur en Etudes théâtrales, spécialiste de la scénographie, des techniques de la scène et du rapport technique/esthétique au théâtre.
    Auteur de nombreux articles pour les revues « Alternatives théâtrales », « Etudes théâtrales » (Belgique), «L’Annuaire théâtral » (Canada), et « Théâtre/Public ».

    Cécil Guitart

    Maire adjoint de la ville de Grenoble.
    Chargé du développement culturel solidaire et de la culture scientifique, technique et industrielle.

    Joël Gunzburger

    Dirige depuis mai 2006 La Filature, lieu pluridisciplinaire et multiculturel, espace d’échange et de
    partage ouvert à tous. La Filature Scène nationale - Mulhouse est un lieu culturel unique en son genre. Elle abrite l’Orchestre Symphonique de Mulhouse et accueille l’Opéra national du Rhin. On y trouve également une
    médiathèque gérée par la ville de Mulhouse, spécialisée dans les Arts de la scène.

    Jean-Pierre Han

    Critique dramatique et littéraire.
    Fondateur et rédacteur en chef de la revue « Frictions, théâtres-écritures ».
    Rédacteur en chef des « Lettres françaises ».
    Enseigne à l’Université Paris III - Censier, Paris X - Nanterre et Evry.
    Prochain livre à paraître : « Derniers feux, essais de critiques dramatiques » (Lanzman).

    Claire Heggen

    Actrice, metteur en scène.
    Professeur, co-directrice, avec Yves Marc, du Théâtre du Mouvement.
    Professeur permanent et membre du Conseil pédagogique de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières.
    Enseigne dans de nombreux conservatoires nationaux de région.

    Fabien Jannelle

    Directeur de l’ONDA.
    Créé en 1975 à l’initiative du Ministère de la Culture, l’Office National de Diffusion Artistique a pour mission de favoriser la diffusion en France de spectacles s’inscrivant résolument dans le mouvement de la création contemporaine. En encourageant la circulation des oeuvres, ses actions permettent aux publics de découvrir sur tout le territoire les démarches artistiques qui participent au renouvellement des formes.

    Christine Kolmer

    Comédienne, metteur en scène.
    Directrice de la Compagnie Les Imaginoires, basée à Strasbourg. Dernière création : Point de suspension.

    Jean-Pierre Lacoste

    Ancien directeur de l’Office de Diffusion et d’Information Artistique de Normandie.
    Organisme professionnel au service des professionnels du spectacle vivant qui développent leurs activités sur le territoire des deux régions Normandie, l’ODIANormandie s’attache à améliorer la circulation des productions artistiques de qualité réalisées par les compagnies théâtrales et chorégraphiques et par les ensembles musicaux en amplifiant leur durée de vie et leur public dans la perspective d’un élargissement de leurs réseaux de diffusion à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs territoires d’origine.

    Jean-Louis Lanhers

    Secrétaire général de THEMAA.
    A assuré l’analyse de l’enquête nationale réalisée par THEMAA et la D.M.D.T.S.
    Auteur d’une thèse : « La politique culturelle de l’Etat et des collectivités territoriales en faveur du théâtre de marionnette de 1960 à 1990 ».

    Francis Marshall

    « Avec lieuses, ballot de chiffons et laine et crin plus des queues de boeufs pour les cheveux, j’ai commencé mes premiers bourrages en 1970. En 1972, j’en avais déjà fabriqué une bonne centaine, entassés sous un hangar en tôle près du pont de Tancarville. En 1975, je fabrique les Mauricettes : 35 bourrages qui finiront à la Fabuloserie, musée d’Art brut imaginé par Alain Bourbonnais. En 1993, je rencontre François Lazaro qui envisage sérieusement d’animer certains bourrages ; ça fera deux spectacles magnifiquement hors-les-normes. C’est connu : jamais deux sans trois. On aimerait monter « Hurlements », « Vieux souvenirs », « Amers regrets » et « A boire pour tout le monde » avant que les 150 bourrages qui restent soient bouffés par les rats ou les intempéries. En attendant, je continue mes travaux de peinture. »

    Sylvie Martin-Lahmani

    Critique, journaliste et membre du comité de rédaction de la revue « Alternatives Théâtrales ».
    Rédactrice en chef de la revue « E pur si muove ».
    Doctorante à la Sorbonne (Recherche sur les Arts de la marionnette sous la direction de Denis Guénoun).
    Chargée de cours en Etudes théâtrales à l’Université Paris III.

    Olivier Neveux

    Maître de conférences en arts du spectacle
    Directeur du département des arts du spectacle Université Marc Bloch - Strasbour

    Daniel Payot

    Maire adjoint chargé des affaires culturelles Ville de Strasbourg

    Béatrice Picon-Vallin

    Directeur de recherche au CNRS.
    Professeur au CNSAD et à l’Université.
    Directrice de collection aux éditions l’Age d’Homme, Actes-Sud et CNRS-Editions.
    CNRS-Editions a publié « La scène et les images » sous sa direction.

    Jean de Saint-Guilheim

    Directeur de la musique, du théâtre, de la danse et des spectacles(DMDTS), Ministère de la Culture et de la Communication

    Ismaïl Safwan

    Rejoint Corine Linden à la compagnie Flash Marionnettes (Strasbourg).
    Après un quart de siècle de créations en tous genres, la marmite de Flash Marionnettes est toujours en ébullition, grâce à l’arrivée incessante et accrue ces dernières années de nouveaux collaborateurs, grâce à des rencontres passionnantes avec de grands textes ou avec des auteurs, grâce à une envie toujours intacte… ?

    Mathieu Schneider

    Maître de conférences en musicologie
    Chargé de mission de l’action culturelle de l’Université Marc Bloch, Strasbourg

    Catherine Trautmann

    Ancienne Maire de Strasbourg
    Ministre de la Culture de juin 1997 à Mars 1998 et de Mars 1998 à Mars 2000
    Députée européen

    Matéi Visniec

    Historien et philosophe de formation. Poète, il publie ses premiers textes en 1972.
    Il passe plus tard au théâtre et sera censuré par le régime communiste. En 1987, il quitte la Roumanie et demande l’asile politique en France. Aujourd’hui il vit à Paris et travaille pour Radio-France Internationale, en tant que journaliste.
    Ses pièces écrites en français sont éditées (Actes Sud-Papiers, L’Harmattan, Lanzman) et font l’objet de nombreuses créations.

    Emmanuel Wallon

    Professeur de sociologie politique à l’Université Paris X - Nanterre et au Centre d’études théâtrales de l’Université de Louvain-la-Neuve (Belgique).
    Membre de l’équipe EA 3458 « Représentation - Recherches théâtrales et cinématographiques ».
    Membre du comité de rédaction des « Temps Modernes » (de 1995 à 2007), d’« Études théâtrales » (depuis 1994) et de « L’Observatoire, la revue des politiques culturelles » (depuis 2007).

    Programme Etats Généraux 1

    Vendredi 4 avril :

    ACCUEIL / 9H30
    Olivier Neveux, Mathieu Schneider

    OUVERTURE DES ETATS GÉNÉRAUX /
    Daniel Girard
    Photographie de la profession /
    • L’enquête nationale : Jean-Louis Lanhers
    • Les rencontres en régions : Patrick Boutigny

    LES ENJEUX / 11H - 13H
    Table ronde autour de Sylvie Martin-Lahmani avec
    les groupes de travail des Saisons de la marionnette :
    • LE GROUPE DE TRAVAIL : PROFESSION
    Isabelle Bertola
    • Le GROUPE DE TRAVAIL : FORMATION
    Sylvie Baillon
    • LE GROUPE DE TRAVAIL : PATRIMOINE, RECHERCHE, ÉDITION
    Noëlle Guibert
    • LE GROUPE DE TRAVAIL : CRÉATION, PRODUCTION, DIFFUSION
    Ismaïl Safwan, Christine Kolmer
    • LE GROUPE DE TRAVAIL : COMMUNICATION
    Chantal Guinebault

    > Parole vive d’artiste / Matéi Visniec

    LE TEMPS DES QUESTIONNEMENTS / 14H30 - 17H30
    La question de la création et de la diffusion :
    Joël Gunzburger, Fabien Jannelle
    La question de l’organisation de la profession :
    Eric de Dadelsen, Emmanuel Wallon
    La question de la critique :
    Jean-Pierre Han, Brigitte Patient

    > Parole vive d’artiste / Claire Heggen

    Samedi 5 avril :

    QUELS OUTILS POUR DEMAIN ? / 9H30 - 13H
    Formation, recherche, patrimoine :
    Béatrice Picon-Vallin, Emmanuelle Ebel, Anne-Marie Autissier, Simone Blazy
    Profession, création, diffusion :
    Serge Boulier, Grégoire Callies, Christophe Blandin-Estournet

    LE TEMPS DES ENGAGEMENTS / 14H30 - 17H30
    Intervention de Catherine Trautman
    Les territoires pour la marionnette :
    Cécil Guitart, Jean-Pierre Lacoste, Daniel Payot,

    > Parole vive d’artiste / Francis Marshall
    > Théâtre et Marionnette / Georges Banu

    CONCLUSION DES ETATS GÉNÉRAUX /
    Jean de Saint-Guilheim

    Bilan des Etats Généraux 1

    Les Etats Généraux de la Marionnette qui se sont tenus les 4 et 5 avril derniers à Strasbourg dans le cadre des Giboulées de la Marionnette avaient pour objectif de mobiliser la profession, de faire entendre les propositions concrètes des groupes de travail à l’oeuvre depuis un an et de clarifier la position du ministère de la Culture face à l’initiative volontariste que représente le projet des Saisons de la Marionnette. Ces deux journées ont aussi été l’occasion de livrer un état des lieux des conditions de travail des compagnies, les réflexions de différents professionnels du spectacle vivant : (programmateurs, chercheurs, conservateurs, élus chargés de la culture, …) et les témoignages de plusieurs artistes dont la route a croisé le théâtre d’objet ou la marionnette.

    Si les Saisons de la Marionnette lancées en préfiguration en 2007 avaient déjà donné lieu à deux rendez-vous publics (1), les journées des Etats Généraux dans les murs de l’Université Marc-Bloch constituaient une forme de coup d’envoi officiel de l’opération. En effet, pour la première fois un représentant de l’Etat, le directeur de la DMDTS, était présent à la tribune, marquant la reconnaissance de cette initiative par le ministère. L’enjeu de ces deux jours était bel et bien de convaincre les pouvoirs publics de la pertinence et de la nécessité d’apporter un soutien à ce pan de la création théâtrale, tout en indiquant des chantiers prioritaires à mettre en œuvre. Jean de Saint-Guilhem, qui a pris la parole à l’issue des Etats Généraux, a répondu en annonçant l’engagement financier de l’Etat par rapport aux arts de la marionnette. Il n’a cependant pas été question d’une subvention globale pour les Saisons de la Marionnette, mais d’un soutien partiel, ciblé essentiellement sur les lieux consacrés à la marionnette et la communication.

    Comme il a été précisé dès l’ouverture, l’opération des Saisons de la Marionnette s’inscrit dans la continuité d’une histoire, celle de la lutte d’un regroupement d’artistes pour la reconnaissance de leur art. « Pour la profession, ce projet est le résultat de quarante ans de combat, de solidarité et d’engueulades » a résumé Sylvie Baillon, vice-présidente de THEMAA. Les Etats Généraux étaient le signe que « la génération héritière du combat des aînés » a pris le relais pour impulser une nouvelle étape dans la définition d’une politique publique spécifique au théâtre de formes animées. La chercheuse Béatrice Picon-Vallin a salué le principe de ces rencontres : « Le fait que des professionnels de l’art se portent intérêt les uns aux autres, réfléchissent et fassent l’inventaire très sérieux de la situation est finalement plutôt rare ». Le chercheur Emmanuel Wallon a également souligné le dynamisme politique des professionnels de la marionnette et leur capacité à « l’auto-organisation ». On se sera arrêté quelques instants sur la question, récurrente, du terme générique « marionnette ». Ce n’est que logique : « Les dénominations sont des batailles sémantiques qui comptent énormément dans la reconnaissance publique », Emmanuel Wallon l’a rappelé. Si le mot «marionnette » sert à affirmer une identité spécifique, on peut aussi penser à l’expression « art de l’hybridation », du metteur en scène Jacques Nichet, cité par Isabelle Bertola.

    Un état des lieux

    Le programme des interventions étant particulièrement dense, certains auditeurs ont regretté un manque de temps pour le débat avec la salle. Une synthèse des résultats de l’enquête nationale (2) et des discussions qui ont eu lieu lors des réunions en régions (3) auront cependant offert un tour d’horizon de la situation des compagnies. Jean-Louis Lanhers a récapitulé les informations récoltées par le questionnaire envoyé aux compagnies. Ces dernières, dont le nombre a explosé depuis dix ans (comme dans le reste du théâtre), connaissent d’importantes disparités économiques. D’un côté, on trouve les compagnies qui bénéficient d’aides substantielles ; de l’autre, celles qui sont en autoproduction. Les petites compagnies (au sens quantitatif du terme) qui ont moins de lieux permanents et de bureaux, disposent de moins de temps pour créer et de moins de résidences, font moins de représentations, d’actions de sensibilisation et de stages. Le tableau n’est pas tout à fait sombre puisqu’il semble que les spectacles de marionnette connaissent une diffusion plus stable que la moyenne : les tournées sont plutôt plus nombreuses que les spectacles d’acteurs et d’une durée plus longue. A l’inverse des compagnies de théâtre et de danse, les représentations se concentrent moins en région parisienne, et davantage dans la région d’origine - ce que Fabien Jannelle a jugé « exceptionnel ». Le directeur de l’Office national de diffusion artistique (Onda) a aussi noté que le principe de la compagnie paraît avoir un sens authentique dans le secteur de la marionnette : « De nombreuses compagnies disposent d’un véritable répertoire, alors que chez les gens de théâtre, il existe une confusion entre la production et la compagnie. »
    Concernant les préoccupations des artistes de l’objet et de la marionnette, Patrick Boutigny a rapporté quelques interrogations glanées au fil des rendez-vous en régions. De nombreuses compagnies désireuses de rompre leur isolement et d’échanger avec d’autres professionnels se demandent comment s’organiser ensemble : « Comment échapper au risque d’être divisés par des problématiques individuelles et par des divergences artistiques ? ». Les expériences de mutualisation à travers le système de coopérative représentent des pistes. En ce sens, le travail du groupe Création Production Diffusion sur la région Alsace pourrait être inspirant. Comme l’a rapporté Ismaïl Safwan de la compagnie Flash Marionnette, cette commission a choisi de développer l’embryon de mutualisation mis en place par un groupe local préexistant qui réfléchissait à la formation professionnelle. Avec l’objectif d’élever le niveau de qualité des spectacles jeune public, ce réseau a mis en place un centre de ressources à l’usage des compagnies et organisé des rencontres pour rapprocher diffuseurs et artistes. « Le but est de mener un travail de fond pour permettre aux compagnies de travailler, de créer une communauté de pensée autour du métier de créateur », précisait Grégoire Cailles, le directeur du TJP. Cet exemple qui tend à se rapprocher du modèle d’une chambre des métiers régionale pourrait être une réponse à une autre préoccupation de la plupart des compagnies : les relations avec les institutions. Selon les témoignages, cette relation reste problématique : les tutelles ignorent le plus souvent la réalité du théâtre de marionnette pour adultes. « Il faut vraiment que l’artiste marionnettiste ait atteint un niveau de reconnaissance artistique important pour qu’il soit enfin pris au sérieux, » a fait remarquer Fabien Jannelle. D’où l’intérêt de dispositifs d’incitation qui permettraient que la marionnette « sorte de l’endroit où elle est cantonnée ». Sur le modèle de l’Année des arts du cirque et du Temps des arts de la rue, une « année de la marionnette » pourrait donc permettre que « le regard sur ce théâtre change », selon le directeur de l’Onda.
    Le groupe de travail Profession, coordonné par Isabelle Bertola, a fait part de projets concrets pour modifier le regard des producteurs et diffuseurs et inscrire les lieux de création et les structures de diffusion dans un réseau hexagonal. L’opération « Points de vue » consiste à récolter les réflexions de spécialistes extérieurs au monde de la marionnette et invités à découvrir une série de spectacles. Leurs impressions, mises en partage lors d’un débat, devrait aussi donner lieu à une publication. Le festival de Dives-sur-Mer, Le Carré à Château-Gonthier, le festival Excentrique ou le Théâtre de la Marionnette à Paris sont déjà engagés dans ce projet qui devrait apporter « un renouvellement du regard. » Le projet les « Temps des Arts de la Marionnette » ou Tam-Tam a aussi été évoqué : il s’agit d’une manifestation nationale sur un week-end en octobre 2009, pour « lever le rideau sur un réseau de lieux » et proposer un focus sur la marionnette, lisible par la profession, les médias et le public.
    Les Etats Généraux ont aussi été le lieu d’une réaffirmation de la singularité essentielle de cet autre continent du théâtre. Les propositions du collectif de préparation des Saisons de la Marionnette visent surtout à accompagner un mouvement esthétique qui traverse les scènes contemporaines, cette « lame de fond qui bouleverse le théâtre » selon François Lazaro. Christophe Blandin-Estournet, directeur du festival Excentrique, a plaidé pour la défense de ces « formes populaires refondées » dont fait partie la marionnette contemporaine ; des formes qui « peuvent nous dire le monde ». Mattéi Visniec était venu témoigner des effets durables produits par une politique volontariste. Suite aux Rencontres entre auteurs et marionnettistes lancées à La Chartreuse par Daniel Girard, l’écrivain collabore depuis plusieurs années avec des compagnies de théâtre de formes animées. Comme il l’affirme, « ces rencontres, qui ont produit de nombreux spectacles, ont été d’une grande richesse pour chacun, auteurs et metteurs en scène. »
    Emmanuel Wallon a expliqué la particularité de l’esthétique marionnettique par la possibilité qu’elle offre de dépasser l’opposition actif/passif : « La marionnette met en évidence la nécessité d’une connivence avec le public : c’est le spectateur qui prête vie à ces objets. » Quant au développement artistique des arts de la marionnette, le chercheur estime que la mise en place d’une politique spécifique n’est pas la seule solution. Selon lui, il existe deux stratégies de légitimation : soit chercher à avoir des garanties de subvention, soit contaminer l’ensemble du champ. Mais pourquoi trancher ? Cette hésitation est fructueuse.

    Un programme de soutien

    Les Etats Généraux se sont conclus sur l’intervention attendue de Jean de Saint-Guilhem. Celui-ci s’est d’abord félicité de la « reconnaissance évidente de la marionnette et d’une dynamique (des Saisons de la Marionnette) bien lancée » en s’appuyant sur l’article paru le jour même dans Le Monde (4). Il a ensuite révélé la décision du ministère de la Culture de mettre en place un plan d’action qui devrait courir sur 2009, 2010 et 2011 et représenter au total « plusieurs centaines de milliers d’euros ». Cette aide dégagée sur le budget du ministère portera essentiellement sur « les lieux, la formation et la communication ».
    Des conventionnements menés sur des crédits centraux devraient être mis en place avec des lieux repérés par les professionnels mais qui ne soient pas déjà conventionnés. « Il ne s’agit pas de s’engager dans la création de structures, mais de mieux faire fonctionner l’existant », a prévenu le représentant du ministère. Egalement présent, Thierry Pariente, le délégué Théâtre à la DMDTS, a précisé que l’objectif était d’accompagner les professionnels pour qu’ils « se repèrent les uns les autres » d’ici à l’automne, au sein de groupes de travail coordonnés par les Drac : « C’est ensemble que l’on pourra analyser comment structurer davantage. Il s’agit de ne pas tomber dans le morcellement des aides ; de faire peu mais bien. »
    Cette décision va-t-elle dans le sens de la proposition de créer des Centres de développement pour les arts de la marionnette (CDAM) ? On peut se poser la question car, comme l’a expliqué Sylvie Baillon, ces lieux préexistants seraient identifiés comme tels, qu’ils soient ou non déjà conventionnés. Du point de vue des professionnels, ces structures devraient avoir pour point commun d’offrir un espace d’expérimentation, un atelier de construction, un plateau modulable, et d’être un lieu d’accueil interdisciplinaire où se croiseraient les différents arts de la scène, et où des rencontres avec d’autres spécialistes, des scientifiques par exemple, pourraient voir le jour. Ces lieux mis en réseau disposeraient d’objectifs variables selon les équipes artistiques sans que leur cahier des charges soit « modélisé ». Serge Boulier a présenté, à l’aide de quelques objets, un modèle humoristique et imagé de ces CDAM : des boîtes où les artistes pourraient inventer leurs propres outils et remettre « la cerise artistique » au centre du projet.
    Sur le plan de la formation, Jean de Saint-Guilhem a affiché une volonté de développer le compagnonnage et « les liens entre artistes et lieux de formation. » Les actions sont, par contre, restées floues. Concernant la formation initiale, suite à sa mise en place récente, le Diplôme national supérieur professionnel de comédien (5) ne devrait pas être retouché prochainement. Le groupe de travail qui étudiait la problématique Formation avait pourtant insisté sur la nécessité de revoir le Diplôme des Métiers des arts de la marionnette, diplôme plus adapté à l’artisanat qu’au spectacle vivant. « La question de la formation à la mise en scène de la marionnette se pose dans le cadre d’une question plus générale de la formation à la mise en scène théâtrale », a rappelé la chercheuse Béatrice Picon-Valin. En effet, il n’existe, selon elle, toujours pas de formation « sérieuse » pour les metteurs en scène. L’universitaire reste convaincue que la marionnette peut être précieuse pour l’apprenti-acteur en lui apprenant à écouter, à jouer avec l’autre, à dépasser son ego, à trouver la liberté dans la contrainte, et enfin à s’initier à la distanciation brechtienne, à la fois « étrangéisation » et distanciation spatiale. Pour ces raisons, Béatrice Picon-Vallin estime que l’enseignement de la marionnette et de sa construction devrait faire partie de la formation initiale de tout acteur, « comme la musique et le mouvement scénique ».
    Concernant la communication, le plan d’action triennal du ministère devrait intégrer le soutien à l’exposition « Extension du domaine de la marionnette » préparée par le groupe de travail Communication. Il s’agit là d’une action de promotion pour « faire valoir les spécificités du spectacle vivant », dont s’est félicité Jean de Saint-Guilhem. La chercheuse Chantal Guinebault, commissaire de l’exposition, a résumé le pari audacieux de ce projet : « Pour montrer le jeu théâtral que la marionnette engage avec le spectateur, nous nous appuyons notamment sur le point de vue, l’échelle et le cadre. L’exposition sera en elle-même un objet scénographique marionnettique, une scène diffractée. Comme le théâtre de marionnette apporte un rapport démultiplié avec le spectateur, nous voulons retrouver cette activité du regardeur dans l’exposition. » En collaboration avec une douzaine de compagnies choisies pour leur inventivité formelle, l’exposition se présentera comme une « machine à voir ». Scénographiée par Raymond Sarti, elle devrait voir le jour au printemps 2009.
    D’un point de vue plus global, Jean de Saint-Guilhem a tenu à rappeler que le budget du ministère (jusqu’ici doté chaque année de 100 000 euros supplémentaires) n’avait pas augmenté en 2008. « Il n’y a pas eu d’augmentation certes, mais c’est plutôt une stabilisation qu’une baisse : on ne peut donc pas parler de désengagement de l’Etat », a insisté le directeur de la DMDTS. Il a également affirmé que les politiques culturelles étaient désormais centrées sur les relations avec les collectivités territoriales qui deviennent les principaux bailleurs de fonds. « 75% du financement des politiques culturelles en région viennent des collectivités », a-t-il noté. Le lien avec les collectivités locales est donc « au cœur » de la démarche du ministère, en particulier au cœur des Entretiens de Valois (6). Jean de Saint-Guilhem est resté prudent sur la mise en place d’un calendrier : « Cette première étape de dialogue concerté va se faire lentement, car nous n’avons pas l’habitude de travailler avec les collectivités. Il s’agit de définir les spécificités de l’action de chacun : région, département, etc… et de trouver des formulations communes. »
    Enfin, si le directeur de la DMDTS a affirmé la nécessité de valoriser le développement des actions culturelles, il a, là aussi, renvoyé les artistes vers les élus locaux pour qu’ils fassent valoir auprès d’eux le rôle qu’ils peuvent jouer « dans la construction du lien social ».

    Des questions en suspens

    Plutôt qu’un soutien global à l’ensemble de la manifestation, le ministère a donc choisi d’apporter une aide partielle. Cela sera-t-il suffisant pour mettre en œuvre les différents chantiers esquissés par l’équipe de préfiguration des Saisons de la Marionnette ?
    Et qu’en sera-t-il du soutien à la recherche, à l’édition et au patrimoine sur lequel a travaillé le groupe présidé par Noëlle Guibert ? Cette commission s’est penchée sur « la trace du spectacle », et a recensé des mesures pour remédier aux carences : le soutien à la traduction, la mise en place de bourses d’écriture, le soutien à la production éditoriale spécialisée, l’aide à la conservation des objets de collection, l’aide à l’inventaire et à la bibliographie pour la BnF. Selon la chercheuse Emmanuelle Ebel, ce secteur des arts de la scène connaît aujourd’hui une période de théorisation, propice à l’écriture et à la recherche universitaire. Elle a souligné l’insuffisance des publications spécialisées, celles existantes étant éditées essentiellement par des structures de diffusion. « Envisager le développement de la recherche est une manière d’enrichir le dialogue, estime-t-elle, de comprendre les apports de la marionnette aux autres arts et de se forger des outils d’analyse pour la création de demain ». Elle a pointé au passage la grande fragilité de la recherche aujourd’hui qui « risque de s’éteindre plus vite que le spectacle vivant ».
    L’édition des Tam-Tam verra-t-elle le jour sans un apport complémentaire de la part du ministère ? A la question de son financement, Jean de Saint-Guilhem a répondu qu’il fallait envisager une demande de budget classique en trois parties : « les collectivités locales, le mécénat et l’Etat ». De nombreux professionnels s’accordent à dire que sans un soutien fort du ministère de la Culture à l’ensemble de la manifestation, il n’est pas possible aux différentes structures, déjà fragilisées, d’en assumer le coût.
    Dans ces conditions, l’annonce faite par Fabien Jannelle de l’engagement de l’Onda à accorder une priorité à la marionnette pour adultes à partir de la saison 2008-2009 peut être pris comme une bonne nouvelle. Pendant trois ans, l’Onda mènera sa mission d’aide à la diffusion des spectacles en France et à l’étranger, dans les théâtres publics et les festivals, avec une attention accrue aux créations de théâtre de formes animées. Ce soutien, conjugué au plan d’action du ministère de la Culture, suffira-t-il à donner vie à cette manifestation d’envergure que représentent les Saisons de la Marionnette ? La mobilisation des professionnels devrait, en tous les cas, être déterminante pour l’avenir.

    Naly Gérard

    (1)    La rencontre autour de la « Marionnette pour adultes » lors du festival MAR.T.O. et l’exposition « Jacques Chesnais » au musée Gadagne de Lyon.
    (2)    Les résultats de cette enquête soutenue par la DMDTS ont été publiés en janvier dernier, dans le Hors Série N° 2 de MANIP.
    (3)    Des réunions régionales organisées par THEMAA ont eu lieu tout au long de l’année 2007.
    (4)    « La marionnette devient grande et entre à la Comédie-Française », Fabienne Darge, Le Monde du 4 avril 2008.
    (5)    Prévu par l’arrêté du 1er février 2008.
    (6)    Les entretiens de Valois lancés en février dernier réunissent une soixantaine de représentants des syndicats d’employeurs et de salariés, des associations de collectivités territoriales, des organismes professionnels, des sociétés de droit d’auteur ainsi que des personnalités qualifiées. Découpés en 6 groupes de travail, ils se sont réunis chaque semaine jusqu’en juin.

    Travaux de la commission

    Le groupe de travail communication a pour objectif la mise en place de 2 expositions :

    - Une exposition à la BNF : “Aller retour - Les marionnettes contemporaines et Craig” (Titre provisoire)

    - Une exposition itinérante : “Extension du domaine de la marionnette”

    Pour en savoir plus :

    Exposition Craig

    Exposition itinérante

    Membres du groupe

    Présidence : Alain Lecucq, président de THEMAA

    Sylvie Baillon (Vice présidente de Themaa)

    Patrick Boutigny (Chargé de mission THEMAA)

    Chantal Guinebault (Universitaire)

    Evelyne Lecucq (auteure)

    Raymond Sarti (Scénographe)

    Travaux de la commission

    Synthèse

    La composition de la commission reflète au travers des spécificités de chacun les orientations de cette commission : la trace du spectacle révélée par le patrimoine préservé, recueilli, conservé, restauré , la recherche qui fouille l’histoire, son sens et sa perception, et l’édition qui recueille la démarche intellectuelle, les résultats des recherches à une étape donnée de la réflexion.

    Elle rassemble aussi bien des participants français, installés à Paris ou en région, que des collègues étrangers venant de Belgique, d’Italie ou de Suède.

    Les enjeux du groupe de travail

    - inciter les praticiens à préserver les objets, figurines, accessoires et textes issus de leurs spectacles en vue de dons, dépôts dans les établissements en capacité de conserver, restaurer, inventorier, valoriser les collections, voire de les numériser.

    - favoriser les travaux de recherches et de réflexion sur le domaine et ses périmètres

    - favoriser la publication et la diffusion des travaux élaborés sur la marionnette :

    Dans cette perspective des bibliographies actualisées, des publications de monographies, des expositions itinérantes ou patrimoniales sont soit en préparation, soit programmées.

    Les trois orientations de la commission ont donné lieu à trois documents dont les rapporteurs sont :

    - pour le patrimoine, Agathe Sanjuan, responsable des collections de marionnettes au département des Arts du spectacle et Simone Blazy qui prépare une exposition de réouverture du Musée Gadagne sur l’œuvre de Jacques Chesnais

    - pour la recherche, Emmanuelle Ebel, doctorante

    - pour l’édition, Christophe Bara, directeur des éditions de l’Entretemps

    (Voir : pour en savoir plus)

    La commission a travaillé également sur :

    - Une bibliographie établie par Emmanuelle Ebel, avec la collaboration de Agathe Sanjuan et Patrick Le Bœuf

    - Un scénario d’exposition consacrée à Craig et la marionnette par Patrick Le Boeuf, chargé de la collection Edward Gordon Craig au département des Arts du spectacle, en collaboration avec le groupe de travail “Communication” et Evelyne Lecucq.

    - Un petit manuel pour le traitement professionnel de collections de marionnettes document rédigé par Michael Meschke, créateur du musée de la marionnette à Stockholm sur la conservation des marionnettes

    - Un état des ressources du département des Arts du spectacle concernant les marionnettes, par Agathe Sanjuan

    - la part du secteur marionnettes dans la Centrale documentaire des Arts du spectacle, par Caroline Raynaud, conservateur, chargée de la documentation

    Travaux et publications évoqués lors des séances de travail :

    - Emmanuelle Ebel : L’objet marionnettique dans le théâtre. Université Marc Bloch à Strasbourg.

    - Raphaèle Fleury : Les influences du spectacle populaire sur le théâtre de Claudel. Paris-IV Sorbonne

    - Sylvie Martin-Lahmani : Une vie de marionnette. Paris-IV Sorbonne

    - Jean-Luc Mattéoli : L’objet pauvre dans le théâtre contemporain. Université Rennes 2

    Céline Le Merlus : Mémoire sur Blattner. Ecole du Louvre

    Pour en savoir plus :

    rapport du groupe de travail : \”patrimoine recherche edition\”

     


    Membres du groupe

    Présidence : Noëlle Guibert, directrice du département des arts du spectacle à la BnF

    Simone Blazy (conservatrice en chef du patrimoine, directrice du Musée Gadagne à Lyon)

    Christophe Bara (éditeur)

    Hélène Beauchamp (docteur es lettre spécialisation littérature comparée, Université de Nice)

    Céline Bourasseau (documentaliste, Institut International de la Marionnette de Charleville)

    Patrick Boutigny, (chargé de mission THEMAA)

    Emmanuelle Ebel, (doctorante, l’Université de Strasbourg)

    Brunella Eruli (rédactrice de la revue Puck)

    Raphaèle Fleury (docteur es lettres spécialisation littérature et civilisation françaises, CRHT - Université Paris IV, praticienne)

    Marie Garré Nicoara (doctorante Université d’Artois, Arras)

    Cécile Giteau, (ancienne directrice du département des arts du spectacle)

    Francis Houtteman (praticien, coordinateur du centre de la marionnette de la communauté française Belgique.)

    Sylvie Martin Lahmani (enseignante Paris III, doctorante Paris IV, rédactrice en chef de la revue de l’UNIMA : E pure si muove)

    François Lazaro (chercheur et praticien, enseignant à l’Université Paris III (Clastic théâtre)

    Patrick Le Bœuf, conservateur au Département des Arts du spectacle à la BnF)

    Evelyne Lecucq (auteure)

    Michael Meschke (praticien et professionnel du patrimoine, fondateur du Musée de la marionnette à Stockholm)

    Didier Plassard (universitaire, professeur à Rennes)

    Brigitte Pougeoise, (photographe-auteure)

    Agathe Sanjuan (conservateur au Département des Arts du spectacle à la BnF)

    Travaux de la commission

    Premier rapport de synthèse, octobre 2007

    Etat des lieux

    La commission s’est penchée sur les observations concernant la production et la diffusion de spectacles de marionnette afin d’observer ce qui est efficient et les évolutions actuelles des moyens et des réseaux de production et de diffusion. Pour cela elle s’est donné deux moyens d’étude : un état des lieux des initiatives et des réalisations récentes qui ont contribué à promouvoir la marionnette, et un état des lieux des conditions de production et de diffusion des spectacles de marionnette à ce jour.

    Les initiatives à observer

    De nombreuses initiatives très intéressantes ont été menées pour la promotion de l’art de la marionnette et des arts associés ces dernières années, il est nécessaire de faire le point sur ces initiatives et de les analyser.

    Des expériences comme celles de Vélo théâtre à Apt ou le développement apporté à la marionnette dans le Finistère aujourd’hui sont exemplaires et doivent servir de précurseurs. Ces initiatives nous permettent de comprendre les leviers qui ont permis de promouvoir la marionnette auprès d’un public large et de donner une vitalité accrue aux compagnies. La formidable évolution de la diffusion des arts de la marionnette grâce aux tremplins que constituent ces structures ouvre la voie à un renouvellement de l’approche de la production et de la diffusion pour les créateurs contemporains.

    Ces expériences ont révélé que l’ancrage d’une compagnie dans un terrain local et le soutien des tutelles a permis à des compagnies de réaliser un réel travail de sensibilisation du public et l’a attelé aux formes les plus complexes avec une réelle réussite. La mise à disposition d’un lieu de création a constitué un tremplin non négligeable pour les compagnies qui ont rapidement soutenu de jeunes compagnies émergentes bénéficiant de la vitalité du contexte de la création aussi bien en ce qui concerne les moyens techniques de la production que ceux de la diffusion mais aussi de l’expérience professionnelle de leurs prédécesseurs assurant dans la mesure de leur moyen un suivi de formation continue auprès des nouveaux venus.

    Ces niches de la marionnette ont petit à petit intéressé des diffuseurs locaux et régionaux intrigués par l’accueil enthousiaste du public, qui se sont petit à petit intéressés à ces formes marionnettiques jusque là très peu diffusées.

    Ces initiatives sont riches d’enseignements et révèlent de nouveaux réflexes de production et de diffusion auprès du public.

    Conditions de production et de diffusion des spectacles de marionnette aujourd’hui

    Il paraissait impossible de mener une réflexion valide sans faire un état des lieux précis et détaillé des conditions de création des compagnies, de leurs besoins, des obstacles sur lesquels elles buttent dans leur travail de diffusion et de production des créations. Il a donc été envisagé d’envoyer un questionnaire aux compagnies posant des problématiques précises et demandant un maximum de détails sur leur situation actuelle de création et leur projection sur les années à venir. Le questionnaire a pour objectif de rechercher des critères de professionnalisation idéaux afin de tenter de trouver les moyens de s’en approcher le plus possible, ces critères ne doivent pas devenir des normes suspensives.

    Afin que ce projet puisse être réalisé au mieux et au plus vite, la commission a choisi de se centrer sur un terrain restreint à l’Alsace. Cette région a été choisie comme territoire d’expérimentation car elle était assez représentative de ce que l’on pouvait retrouver en France, des compagnies conventionnées (trois compagnies en conventions sont des compagnies de théâtre d’objets, d’ombres et de marionnettes), des compagnies ayant l’aide à la production (qui sont aidées très régulièrement) et des jeunes compagnies émergentes. On y trouve à la fois des lieux qui diffusent, produisent, et des festivals.

    C’est aussi un terrain connu par les différents membres ce qui facilite la faisabilité de ce projet et ce qui ne peut que permettre à la commission d’avoir une analyse plus fine des résultats obtenus.

    Il s’agit donc de la création d’un projet pilote qui se réaliserait sur l’Alsace et qui pourrait ainsi être un champ d’expérimentation pour la commission afin de donner corps aux propositions qui émanent de ses membres.

    Le manque indiscutable d’un réel réseau de diffusion est pointé au cours de cet état des lieux. Du fait de la faible connaissance du public des formes contemporaines de la marionnette cet art nécessite un soutien de la part du réseau de diffusion qui, par sa faiblesse ne peut lui assurer cette reconnaissance. Les diffuseurs connaissant très peu les paysages de la marionnette, ne peuvent s’engager avec des compagnies dans une prise de risque nécessaire. La faiblesse des réseaux de diffusion entraine la faiblesse des réseaux de production et constitue un frein considérable aux artistes à ce jour.

    Problématiques et enjeux

    Plusieurs points ont été relevés au cours de l’état des lieux qui a été mis en branle par la commission. Ces points apparaissent comme les grands enjeux de la création marionnettique dans les temps à venir :

    o Les enjeux d’une mutualisation des besoins et des moyens
    o Le développement des initiatives locales de coproduction ou d’aide à la production
    o Le renouvellement des réseaux de diffusion
    o La création de pôles de ressources régionaux

    Ces grands axes de réflexion sont explorés par la commission qui met en place un certain nombre de propositions. Ces propositions seront, dans la mesure du possible expérimentées sur le terrain afin d’être affinées et de pouvoir être soumise aux discussions les plus pointues. La commission étant avant tout une force de proposition.

    Il s’agit d’après notre état des lieux de promouvoir un ancrage local fort des compagnies afin qu’elles puissent bénéficier d’un terreau propice à la création. Cet ancrage serait relayé par un réseau de diffusion solide et exigeant du point de vue artistique, ouvrant la porte à une diffusion nationale et internationale des créations.

    ————–

    Propositions

    Les enjeux d’une mutualisation des besoins et des moyens

    Une des opportunités de pérennisation du travail des compagnies passe, semble-t-il, par une organisation des artistes afin de limiter les prises de risques par des solidarités de moyens. A quels niveaux et dans quelles mesures peut-on mutualiser des moyens pour des compagnies ?

    Un fichier très précis sur les diffuseurs et les lieux qui travaillent en direction de la marionnette est évoqué. Il pourrait être très utile pour les jeunes compagnies qui ont très peu de temps à consacrer à la diffusion. Mais comment pérenniser et diffuser une telle démarche ?

    Le questionnaire envoyé par la commission aux compagnies régionales vise à mieux comprendre les besoins des compagnies et les aides qui pourraient leur permettre de pérenniser leur structure. La commission imagine des possibilités de mutualiser les besoins (formation professionnelle continue, interlocuteurs compétents, réseau de diffusion..) et les moyens (matériel, locaux, administration…).

    Pour mener cette réflexion, la commission envisage de se pencher sur les expériences menées à la Maison Théâtre de Montréal ou au Nouveau Théâtre du Huitième à Lyon.

    Le développement des initiatives locales d’aide à la création

    La commission envisage de proposer aux différents partenaires institutionnels (DRAC, Régions, départements, villes et communauté urbaine, village investissant dans la culture) de se retrouver pour réfléchir aux ajustements des différentes politiques culturelles pour trouver une cohérence de fonctionnement. Réunir les représentants des tutelles et les représentants des structures artistiques et des compagnies permettrait de donner corps à de nouvelles initiatives locales de soutien à la création en mutualisant les efforts des différentes tutelles afin qu’ils soient plus efficaces. L’objectif sera toujours le même : soutenir mieux la création et les compagnies. Ce travail de collaboration entre tutelles allègerait les charges administratives des compagnies et renforceraient les projets artistiques. Cette réflexion est encore à l’état de proposition, la commission s’interroge sur les bénéfices et les effets pervers que susciterait une politique culturelle ajustée ?

    Un objectif à plus long terme serait de créer un terrain de confiance et de partenariat. Aujourd’hui beaucoup de compagnies ont besoin d’un lieu de résidence, et beaucoup de centres culturels pensent qu’ils ne peuvent pas être des lieux de résidence. Être un lieu de résidence pour une compagnie, ce n’est pas donner des millions à une compagnie. C’est, par exemple, prêter une salle, sans qu’elle ait besoin de payer l’électricité ou le loyer ; cela peut être un bureau, un fax, un téléphone, un interlocuteur attentif qui peut aider la compagnie dans ses démarches. C’est déjà une possibilité pour les artistes de bénéficier de conditions de travail plus efficaces et de toucher un public de proximité.

    Le renouvellement des réseaux de diffusion

    Il faut arriver à convaincre le diffuseur de devenir producteur, cela passe par une sensibilisation des diffuseurs à la pertinence des projets artistiques marionnettiques.

    Un fichier très précis sur les diffuseurs et les lieux qui travaillent en direction de la marionnette est évoqué. Il pourrait être très utile pour les jeunes compagnies qui ont très peu de temps à consacrer à la diffusion. Ce fichier devrait être informatisé et consultable sur internet mettant en place un réel support de travail pour les diffuseurs.

    Un questionnaire a été conçu par les membres de la commission à destination des diffuseurs afin de faire un état des lieux de la connaissance et de l’engagement des diffuseurs en direction de la production marionnettique. L’enjeu de ce questionnaire est d’avoir des réponses qui permettent de travailler aussi avec les diffuseurs et les producteurs. L’objectif non dissimulé serait de développer/créer un réseau qui soit le plus renseigné possible et à la disposition des compagnies. Ce questionnaire a été adressé aux diffuseurs et aux producteurs d’Alsace (toujours dans un souci de faisabilité et ce dans une volonté d’interroger une zone type qui serait représentative).

    Pour rapprocher les diffuseurs et les compagnies, la commission propose d’expérimenter un travail de sensibilisation pour les diffuseurs.

    Cette expérience se réaliserait en deux temps :

    • Le premier temps serait composé d’un échange autour des pratiques artistiques.
    • Le second temps consisterait en une approche des spectacles et un séminaire animé par des artistes et des chercheurs.

    L’enjeu de ce « chantier croisé » serait de proposer aux diffuseurs de déplacer le regard qu’ils portent sur les créations de marionnettes.

    Un projet pilote est en cours d’élaboration pour le premier trimestre 2008 auprès des diffuseurs de la région Alsace.

    L’appui que constituerait un réseau de diffusion et de production éclairé et exigeant, permettrait de donner des opportunités de prises de risque artistiques plus grandes pour des compagnies aux propositions novatrices lorsqu’elles auraient un besoin de visibilité… Ce soutien permettrait aux arts de la marionnette et des arts associés de conserver leur vitalité et leur capacité d’innovation artistique sur le long terme.

    La création de pôles de ressources régionaux
    La création de pôles de ressources régionaux serait l’outil idéal pour la mise en œuvre des réflexions soulevées par la commission. Ces centres pourraient assurer les fonctions suivantes :

    - Rassembler et diffuser les informations aussi bien pour les compagnies que pour les diffuseurs. Le fichier de diffuseurs entretenu et mis à jour serait mis à la disposition des compagnies et un fichier concernant les spectacles et les compagnies constituant une ressource fiable et documentée pour les diffuseurs. Le pôle de ressource pourrait à ce niveau jouer un réel rôle d’expertise. En Alsace, la DRAC semble capable de lancer une telle initiative.

    - Ce travail doit être réalisé avec les outils contemporains et un site internet est envisagé au sein de la commission.

    - Ce pôle de ressource doit réunir des ressources documentaires et bibliographiques à la disposition des artistes et des chercheurs.

    - Il aurait aussi pour vocation d’être un outil pour prendre en charge les besoins des compagnies (formations professionnelle continue, réseau de diffusion) ainsi que leurs besoins matériels (lieux de résidence, locaux…)

    - La promotion des démarches artistiques pertinentes mais plus difficiles à défendre ferait partie de ses attributions.

    Ce document constitue une première étape de travail. Nous dépouillons les questionnaires, une série de rencontres est prévue.

    Membres du groupe

    Présidence : Grégoire Callies (Directeur du T.J.P., CND de Strasbourg)

    Sophie Fournel (TJP)

    Murielle Chevalier (TJP)

    Ismaïl Safwan (Flash marionnettes)

    Corinne Linden (Flash marionnettes)

    Alice Laloy (Cie S’appelle reviens)

    François Small (Cie Humour à tiroir)

    Michèle Augustin (Cie Amalthée)

    Gilbert Meyer (Cie Tohu Bohu)

    Christine Kolmer.(Cie les Imaginoires),

    Emmanuelle Ebel (Université Marc Bloch)

    Travaux de la commission

    Anciens, les arts de la marionnette sont riches d’histoire. Ces dernières années, une effervescence de propositions artistiques et culturelles s’observe dans ce secteur. Les arts de la marionnette apparaissent comme majeurs, capables de renouveler le spectacle vivant grâce à leur caractère innovant et protéiforme. Les passerelles entre les disciplines sont de plus en plus nombreuses. Des auteurs écrivent délibérément pour la marionnette, des metteurs en scène de théâtre et des chorégraphes de renom recourent aux multiples facettes de cet art, sans oublier le cirque contemporain qui trouve avec les arts de la marionnette de nouveaux terrains d’exploration. Aujourd’hui, des structures nationales programment régulièrement des spectacles de marionnettes. La presse s’en fait l’écho. L’engouement des publics se confirme.

    Pour autant, les arts de la marionnette souffrent toujours d’une méconnaissance et d’un manque de re-connaissance. Aujourd’hui, l’enjeu est d’asseoir et de légitimer leur existence dans des formes et des techniques variées. Parfois très éloignés des traditions, les arts de la manipulation intègrent les esthétiques contemporaines, voire prennent une part active à l’écriture de celles-ci.

    « [L’art de la marionnette aujourd’hui] me fait penser à ce qu’a pu être la nouvelle vague au cinéma, il y a quarante ans ; à la danse, il y a vingt ans ; au cirque, il y a dix ans. C’est la forme artistique qui probablement est la plus en adéquation avec le monde d’aujourd’hui. Elle n’est pas exclusive, parce qu’elle porte en elle un potentiel de métissage technique et artistique. » (Christophe Blandin-Estournet, 2001).

    Alors que les arts de la marionnette semblent s’affirmer comme tels et avoir un véritable impact sur la création actuelle, les moyens pour leur développement demeurent insuffisants. Ils ont aujourd’hui plus que jamais besoin de soutiens institutionnels forts et de nouveaux outils.

    C’est pourquoi le projet des Saisons de la marionnette 2007/2010 est indispensable à ce moment charnière.

    Le groupe Profession(S) regroupe différents professionnels, artistes marionnettistes, directeurs d’établissements culturels, chargés de mission à la programmation de festivals, etc. Il s’est réuni 12 fois depuis janvier 2007.

    Le groupe s’est attaché à définir les professions concernées par les arts de la marionnette aujourd’hui, en considérant à la fois les différents métiers artistiques et les métiers qui gravitent autour, c’est à dire : ceux qui créent, ceux qui fabriquent, ceux qui jouent, ceux qui regardent, ceux qui ont un oeil critique, qui produisent, qui diffusent. Il s’est, par ailleurs, attardé sur les fonctionnements des réseaux.

    Avant toute autre considération, le groupe s’est attaché à parler d’Art et non d’artisanat.

    Les caractéristiques de ces professions ont été identifiées afin de dégager des problématiques essentielles à considérer. Au plan méthodologique, les réflexions et études existantes servent d’appui. Des axes de travail ont été engagés pour les trois années à venir, dans l’objectif de contribuer à l’amélioration des conditions de travail des artistes et d’accroître le rayonnement des arts de la marionnette auprès des publics comme des professionnels du secteur culturel.

    ***

    Contexte

    Une entrée problématique dans la profession et des fins de carrière précaires :

    - L’essaimage des petites compagnies ne serait-elle induite que par une question économique ? Est-ce la marque d’une insuffisante maturité ou un manque d’information à la sortie de la formation initiale ?
    - Les réseaux d’éducation populaire, qui maintenaient un lien social, disparaissent du champ culturel. Ils facilitaient l’insertion professionnelle par l’organisation de tournées dans des circuits non institutionnels.
    - L’absence de lieux spécifiques dans ce secteur pour expérimenter et se rencontrer n’est-il pas un facteur aggravant ?
    - La question de la fin de carrière se pose aujourd’hui pour des marionnettistes qui ont contribué au renouveau et à la revitalisation des arts de la marionnette et pour lesquelles aucun dispositif n’a été envisagé. Les danseurs sont les seuls pour qui la question de la dé-professionalisation a véritablement été posée.

    > Comment concilier l’engagement professionnel et l’économie précaire des arts du spectacle et en particulier de la marionnette compte tenu de ses spécificités ?

    Une situation fragile :


    Des statuts inadaptés :

    - Aujourd’hui, la création d’une structure juridique semble être une condition sine qua non pour les artistes dont le projet est la création d’un spectacle. Existe t-il d’autres alternatives?
    - Le secteur des arts de la marionnette fonctionne à l’économie. Il existe une forme d’autocensure due à des contraintes de jauge, de budgets contraints. Les créations de grande ampleur sont trop rares ou difficilement menées à terme.
    - Pour des raisons économiques également, les compagnies se limitent souvent à une ou deux personnes. Il est difficile de rassembler une équipe conséquente autour d’un projet artistique sur une longue période.

    > Comment parvenir à réunir et faire vivre une équipe conséquente autour d’un projet artistique ?
    Où trouver les moyens financiers de créer pour de grands plateaux ? Aujourd’hui, les compagnies ont-elles les moyens de prendre des risques, de rêver ?

    Une production peu structurée :
    - Il manque des outils qui répondent aux singularités des modes de production des arts de la marionnette. La dimension de construction, de fabrication y sont déterminantes.
    - Comme toute discipline artistique, les arts de la marionnette nécessitent un engagement conséquent et durable des institutions.


    > Comment prendre en compte les spécificités des processus de création des spectacles de marionnette : temps de construction, temps d’élaboration, temps d’occupation des lieux, temps de rencontres avec d’autres formes et d’autres esthétiques ?

    Les besoins d’accompagnement et d’encadrement :

    Comment un travail artistique s’accompagne-t-il ?

    - L’accompagnement est un facteur de professionnalisation et constitue un métier à part entière qui se mène sur la durée. La question du temps est en effet essentielle dans le processus de création : Créer un spectacle pendant plusieurs années est-il un luxe inabordable ?
    - Les bureaux de production peuvent permettre aux compagnies de construire leurs projets bien en amont : la nécessité d’impulser la création de bureaux de production travaillant de manière spécifique, en parfaite adéquation avec chaque projet, devient impérative.
    - Les nouvelles manières d’envisager la création artistique, comme l’attention portée à l’économie solidaire et à la mutualisation des moyens, ne doivent pas occulter la question essentielle des financements.

    > Comment multiplier les formes d’accompagnement : artistique, économique, administratif ?
    Comment accompagner les propositions artistiques atypiques et innovantes ?

    Une diffusion chaotique :

    Au regard des chiffres publiés dans « Mesure pour Mesure » (n°12 édité par la DMDTS en Mai 2005), il apparaît que le théâtre de marionnette est bien présent dans les programmations des structures nationales et théâtres municipaux. Toutefois :

    - La majorité des représentations s’adresse à un jeune public.
    - Le nombre de représentations pour les spectacles s’adressant exclusivement aux adultes est très faible.
    - Quelques compagnies seulement sont régulièrement représentées.

    Par ailleurs :

    - L’engagement des collectivités territoriales est un facteur déterminant. Par exemple, le Conseil Général des Hauts-de-Seine a impulsé la présence de spectacles de marionnettes s’adressant à un public adulte dans les programmations des établissements culturels du département, par un financement partiel des représentations. Par la suite, des directeurs de théâtres ont su tirer le bilan de cette expérience et se sont associés pour créer le festival Mar.T.O.
    - Le théâtre de marionnettes est mieux diffusé quand il explore le champ de l’image ; lorsqu’il s’attaque aux textes de théâtre, les compagnies rencontrent des difficultés à pénétrer les réseaux de diffusion.

    Les festivals
    spécialisés marionnette ou autres ont une place prépondérante dans la diffusion des spectacles de marionnette. Quels sont leurs enjeux ?

    - Motiver les professionnels : en effet ces festivals génèrent des rencontres et favorisent les confrontations de pratiques et d’esthétiques différentes. C’est un moyen pour les compagnies de faire connaître leur travail.
    - Se positionner comme un marché du spectacle, mais cette course à la création pour attirer les programmateurs ne se fait-elle pas au dépens du public ? de l’attention portée aux artistes ? de la question de la durée de vie des spectacles ?
    - Affirmer des formes artistiques à part entière dans leur diversité esthétique.
    - Mener une action militante (politique, artistique, sociale, etc). Affirmer une identité forte, liée notamment au territoire dans lequel le festival est implanté et la période à laquelle il se déroule.
    - Laisser la place à une programmation « off » ? Quel qu’en soit le véritable enjeu, tremplin pour des artistes débutants ou raisons économiques, elle ne doit pas occulter les questions de déontologie, d’éthique et de législation.

    > Comment favoriser l’accueil de spectacles de marionnette dans les programmations généralistes ?
    Comment ne pas résoudre l’art de la marionnette à des formes festivalières, sans pour autant en négliger le rôle important ?

    Le rapport aux publics :

    - À l’encontre de ce qui se constate pour le théâtre, le public du théâtre de marionnettes est jeune et curieux.
    - Il existe une vraie attirance pour cette forme artistique contemporaine, envisagée comme une forme plus ludique que le théâtre. Sa capacité à explorer le renouvellement des formes est moteur.
    - Par leur fidélité, les publics font évoluer leurs goûts et leur regard sur les arts de la marionnette. Aujourd’hui les adultes n’ont plus besoin de l’alibi des enfants pour assister à des spectacles de marionnette. L’attrait des spectateurs doit être soutenu et développé par un engagement institutionnel.


    > Comment favoriser le rapport sensible du public et des programmateurs aux formes contemporaines ?

    L’enfance : « Ne pas faire silence sur l’enfance pour éviter de la subir » Pierre Blaise

    - La création jeune public a souvent servi de tremplin et a montré ses lettres de noblesse en s’aventurant sur de véritables terrains d’innovations artistiques.
    - Elle est extrêmement productive. Elle peut être envisagée comme un marché économique, phénomène comparable à celui de la littérature jeunesse. Il reste important de promouvoir la création jeune public de qualité, afin de dépasser les clichés liés à la marionnette traditionnelle.
    - Que signifie la formule « tout public » ? Est-ce une façon d’évacuer la notion de « jeune public » ?
    Le terme « jeune spectateur » ne déplacerait-il pas la question de l’âge vers celle de nouveau public.

    > Comment valoriser la création jeune public de qualité ?

    ***

    Propositions

    Dans le cadre de la préfiguration des Saisons de la marionnette 2007/2010, le groupe Profession(S) centre sa réflexion sur la mise en visibilité pour une meilleure connaissance et donc une reconnaissance des arts de la marionnette dans leur diversité et leur caractère contemporain.

    Qui permettront :
    • de mieux appréhender les arts de la marionnette dans leur globalité et leur spécificité
    • de mieux structurer la profession pour notamment favoriser la création et la diffusion

    Son action porte sur plusieurs propositions concrètes orientées vers :
    • une réflexion multipolaire sur l’aspect artistique
    • une réflexion plus technique pour, en particulier, faciliter l’accès aux partenaires potentiels

    Les objectifs sont de plusieurs ordres :
    • développer un large réseau de diffuseurs, producteurs, partenaires publics, etc
    • améliorer les conditions de travail des équipes artistiques.

    Un élan politique doit émerger au côté de cette mobilisation professionnelle.

    1. Alimenter la réflexion

    ¥ Mise en place de tables rondes en présence des organismes professionnels et partenaires publics (CNT, ONDA, CULTURESFRANCE, SACD, Syndicats, Collectivités territoriales…) afin de cerner les difficultés et de les dépasser.

    ¥ Les Points de vue

    Le groupe de travail Profession(S) a mis en place des rencontres qui engagent une confrontation entre l’univers de la marionnette – forme majeure du spectacle vivant – et d’autres formes de pensée. Des personnalités n’ayant à priori pas de lien avec les arts de la marionnette y sont sollicitées. Des rendez-vous publics permettront à chacune d’exposer leur point de vue et d’alimenter la pensée collective sur le secteur.
    Le regard d’un sociologue, d’un peintre, d’un philosophe, d’un scientifique, d’un sculpteur ou encore d’un musicien, sur les arts de la marionnette tels qu’ils se déclinent aujourd’hui permettra une remise en cause ou du moins apportera des éléments de réflexion sans aucun doute nouveaux.

    Ce projet s’articule en deux temps :
    _ le temps de la préparation : l’accompagnement des intervenants est primordial pour la pertinence de cette action ; ils seront conviés à voir des spectacles durant les mois qui précèdent leur communication .
    _ le temps des « rendez-vous » : un moment de transmission lors d’une conférence ou d’un débat, fruit du travail de réflexion de chaque personne invitée. Chacune de ces rencontres se déroulera dans un lieu différent ou à l’occasion d’un festival. Ils se répartiront ainsi sur l’ensemble du territoire.

    Le groupe de travail Profession(S) coordonne la mise en œuvre de ces Points de vue : choix des intervenants et des dates de rendez-vous pour chaque lieu participant à l’événement. La préoccupation première dans l’élaboration du programme a été d’établir une géographie et un calendrier cohérents pour ces Points de vue. En amont, les intervenants sont invités à voir des spectacles, et ce depuis l’hiver 2007. Une ou plusieurs rencontres, entre les intervenants, pourront avoir lieu sur la période impartie.
    Le premier rendez-vous s’est déroulé dans le cadre des Scènes ouvertes à l’insolite, festival organisé par le Théâtre de la Marionnette à Paris au Théâtre de la Cité internationale : avec Octave Debary, anthropologue.

    Un premier document est disponible, qui présente le projet et regroupe l’ensemble des rendez-vous, tissant ainsi un fil conducteur entre ces différents moments de rencontre.
    Un autre suivra, apportant plus de précisions quant aux prochaines dates.

    La réflexion multipolaire engagée lors de ces rencontres pourrait trouver son aboutissement dans la publication des actes des Points de vue, en 2010.

    2. Proposer un temps fort d’expression en faveur des arts de la marionnette contemporaine et arts associés, pour une large visibilité sur l’ensemble du territoire

    Ce temps fort, intitulé TAM TAM - Les dessous de la Marionnette, se déroulera
    du 14 au 18 octobre 2009
    .

    Ce temps fort de mobilisation constitue un des maillons du dispositif global des Saisons de la Marionnette 2007/2010. Tous les acteurs culturels de l’ensemble du territoire national sont invités à y participer.
    L’événement sera porté par des structures nationales – beaucoup d’entre elles ayant d’ores et déjà annoncé leur participation – et se précisera au fur et à mesure des propositions des lieux participants : diffusion de spectacles, tournées en région, ateliers, stages, coproductions, rencontres, etc.

    Une organisation en Régions se met progressivement en place. Des relais ont commencé un travail de communication approfondi auprès des opérateurs culturels, des compagnies, des institutions, et permettent de relayer les informations.
    Pour un tel événement, il est essentiel de travailler sur les territoires et de se rapprocher des collectivités publiques.
    Certaines institutions sont d’ores et déjà disposées à accompagner et financer les actions développées dans le cadre des Saisons de la marionnette 2007/2010, telles les Régions Champagne-Ardenne, Centre, Basse-Normandie.

    L’objectif de TAM TAM – Les dessous de la Marionnette n’est pas d’opérer une simple action de diffusion, mais d’inscrire les bases d’une réelle politique en faveur des arts de la marionnette. Ce temps fort fédérateur pourra en effet stimuler l’engagement de toute structure culturelle et des collectivités territoriales à s’engager plus largement en faveur des arts de la marionnette.

    ***

    Réflexions et propositions pour la mise en place des CDAM

    Les CDAM seraient des outils de création et de production, mais non de nouveaux lieux de diffusion. Il est nécessaire de réfléchir dès maintenant à la manière dont ils s’impliqueraient dans les réseaux de diffusion.
    Ces lieux sont incontournables pour une meilleure re-connaissance des arts de la marionnette, il faut inventer quelque chose de souple et d’ouvert pour que différents types d’implantation soient possible. Garder une souplesse dans l’établissement du cahier des charges, pour qu’un « petit lieu » puisse se retrouver. Le « label » CDAM serait ainsi attribué à des lieux spécialisés préexistants ou à créer, mais à géométrie variable. La diversité est essentielle, elle garantit une complémentarité.

    Qui porterait les CDAM ? Un artiste ? Une compagnie ? Un collectif d’artistes ? Un programmateur associé à un ou des artiste(s) ? Associer des artistes au projet du lieu est en effet primordial, afin que chaque CDAM détienne une identité artistique propre et de favoriser les échanges. Il faut imaginer ces lieux à l’image des spécificités des arts de la marionnette.

    Les CDAM se constitueront :
    - d’un lieu de répétition et de résidence, pour la recherche artistique,
    - d’un atelier de fabrication,
    - d’un lieu de vie et de rencontres,
    - d’espace de bureaux pour le montage de projets.
    Les équipements devront être adaptés aux nécessités des différentes techniques de la création marionnettique.

    La conception architecturale des CDAM doit également prendre en compte les rapports spécifiques aux publics ainsi que les variations d’échelles entre un spectacle de gaine chinoise et des productions monumentales par exemple.

    En définitive :

    Les CDAM sont souhaités comme des lieux de partage artistique, d’accompagnement et de soutien des artistes dans leur parcours professionnel. Cette réflexion doit se faire avec les collectivités territoriales, afin que naissent des lieux véritablement solides et soutenus pour être en mesure d’atteindre leurs missions.

    Il convient :
    - de réfléchir au maillage pour une répartition géographique cohérente sur le territoire national.
    - de rédiger une charte des CDAM, qui pourrait servir à l’élaboration de leur cahier des charges.
    - d’être vigilant afin de ne pas créer un dispositif qui s’avèrerait verrouillé.
    - de ne pas uniformiser les manières de travailler, de ne pas gommer les spécificités. Comment seront-elles prises en compte ?

    Membres du groupe

    Présidence : Isabelle Bertola, Directrice du Théâtre de la Marionnette à Paris

    Laurence Ackermann - Théâtre Jean Arp

    Pierre Blaise - Compagnie Théâtre Sans Toit

    Christophe Blandin-Estournet - Festival Excentrique

    Serge Boulier - Bouffou Théâtre

    Magali Battaglia - Bouffou Théâtre

    Patrick Boutigny - Themaa – Paris

    Anne-Françoise Cabanis - Festival Les Giboulées de la Marionnette – Strasbourg

    Christian Chabaud - Cie DARU-THÉMEPÔ - Directeur artistique du pôle départemental de la marionnette - Essonne

    Wilfrid Charles - Théâtre de Bourg-en-Bresse

    Ermeline Dauguet - Théâtre de la Marionnette à Paris

    Anne Decourt - Festival de la marionnette de Mirepoix

    René Lafite - A3 Productions – Rennes

    Michel Laubu - Compagnie Turak

    Laurie Marsoni - Théâtre National de Toulouse

    Babette Masson - Le Carré, scène nationale de Château-Gontier

    Jacques Nichet - Théâtre National de Toulouse

    Benoît Pinero - La Pléïade, Ville de La Riche

    Travaux de la commission

    Synthèse

    Les arts de la marionnette sont héritiers d’une longue histoire et de savoirs faire anciens. Arts aujourd’hui à la croisée des disciplines de la scène contemporaine, ils confortent une dimension pluridisciplinaire de la formation d’acteur, donnent une vision ouverte du plateau et de ses outils. Ils permettent de développer deux axes forts des approches scéniques contemporaines : la distanciation de l’interprétation et du regard.
    Dans une approche « amateur », au sens large du terme, les arts de la marionnette relient une approche simple et ludique à une expérience plus intime de la projection, base de la représentation, ainsi qu’à une lecture très actuelle des codes de l’image.

    Pour toutes ces raisons, les arts de la marionnette poursuivent depuis ces trente dernières années une longue et forte ascension vers la reconnaissance. La formation, initiale et professionnelle, a permis un développement exceptionnel en termes de qualité et de recherche, qui place la création française à un niveau d’excellence reconnu aujourd’hui en Europe.
    Les Saisons de la Marionnette arrivent à point nommé pour parfaire sur notre territoire les conditions de visibilité qui accompagnent naturellement cette reconnaissance professionnelle et publique.

    Dans le domaine de la formation, envisagé au sens large, il s’agit moins de moyens financiers que d’accompagnement, de renforcement, en un mot d’une volonté largement partagée avec le Ministère de la Culture, le Ministère de l’Education Nationale et les collectivités territoriales.

    Nous attendons l’engagement du Ministère de la Culture aux côtés de la profession sur l’ensemble des secteurs de la formation, tant sur le plan professionnel que sur le plan de la formation des publics.

    Les compagnies et les structures spécialisées doivent jouer un rôle central dans ces dispositifs. La création de CDAM, organisés avec le souci d’un maillage du territoire national, peut créer, entre autres, les conditions d’une offre de qualité en termes de formation.

    Pour en savoir plus, cliquez sur :

    Rapport complet du groupe de travail “formation”

    Membres du groupe

    Présidence : Lucile Bodson, directrice de l’Institut International de la Marionnette/ ESNAM

    Alain Recoing - Théâtre aux mains nues

    Patrick Boutigny - Themaa

    Sylvie Baillon - Cie Ches panses vertes

    Michel Chiron - CRR d’Amiens

    Jean-Louis Heckel - La Nef

    Greta Bruggeman - Cie Arketal

    Grégoire Calliès - TJP Strasbourg

    Christian Chabaud - Cie DARU-THÉMEPÔ - Directeur artistique du pôle départemental de la marionnette - Essonne

    Patrick Conan - Cie Garin Trousseboeuf

    François Lazaro - Clastic Theâtre

    Eloi Recoing - Théâtre aux mains nues

    Emilie Valantin - Théâtre du Fust

    Liens

    Nos partenaires :

    • THEMAA

    www.themaa-marionnettes.com

    • Institut International de la Marionnette

    www.marionnette.com

    • Théâtre de la Marionnette à Paris

    www.theatredelamarionnette.com

    • T.J.P. de strasbourg, C.D.N. d’Alsace

    www.theatre-jeune-public.com

    • B.N.F. Département des arts du spectacle

    www.bnf.fr

    • Musée Gadagne de Lyon

    www.museegadagne.com

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    Pour plus de renseignements, contactez THEMAA.

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    CDAM

    Première note d’intention du groupe CDAM

    dans le cadre des « Saisons de la marionnette »

     

    Il y a plus de vingt ans, la première intervention forte des pouvoirs publics, attendue par les professionnels de la marionnette, fut la création de l’ESNAM à Charleville-Mézières (Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette)
    Aujourd’hui, non seulement cette Ecole rayonne parfaitement, mais il existe un Centre Dramatique National consacré à la marionnette (à Strasbourg), le Théâtre de la Marionnette à Paris, une Scène Conventionnée à Bourg en Bresse, des compagnies conventionnées ou aidées pour leurs projets par les DRAC, au même titre que le théâtre d’acteurs.
    Aujourd’hui la profession s’est de nouveau mobilisée pour une reconnaissance pérenne des Arts de la Marionnette. En mettant en place les « Saisons de la Marionnette », et à la suite des « Etats Généraux de la marionnette » d’Avril 2008, elle demande la mise en place d’outils nouveaux en particulier les Centres de Développement des Arts de la Marionnette.

    Que veut dire les CDAM ?

    La création est au cœur de leur projet : ils sont donc dirigés par un artiste, dont le travail artistique est reconnu, et dont la compagnie conventionnée a accompli un fort travail d’implantation. Il s’agit de faire reconnaître par les tutelles et par les collectivités territoriales, le travail que ces compagnies ont accompli depuis des années.

    UN LIEU DE CRÉATION ET D’EXPÉRIMENTATION

    C’est un lieu de création et d’expérimentation avec une architecture particulière : l’atelier et le plateau ne sont pas loin. Et où le temps particulier de la construction des spectacles par la marionnette est pris en compte.

    Ils développent :
    Un travail de compagnonnage avec des jeunes artistes, long, difficile. Ces jeunes artistes demandent un regard d’artiste. Les compagnies accueillantes demandent que ce travail soit reconnu par :
    -  Une prise en compte de ce travail en tant que travail de formation, donc rémunéré
    - Une aide à la production pour ces jeunes artistes, pour travailler dans de conditions normales et légales et pour contribuer à leur insertion professionnelle.
    - Une aide à la production pour que les CDAM soient crédibles vis-à-vis des structures de production et de diffusion.

    Un travail de formation, qui demande à être développé et mis en réseau pour une transmission de métiers en relation avec l’ESNAM.

    Un travail de développement des arts de la marionnette :
    - Parce que ce sont des compagnies qui travaillent fortement sur des territoires : local, départemental, régional, national et européen.
    - Parce qu’elles expérimentent souvent de nouveau rapports aux publics (au pluriel).

    UN RÉSEAU NATIONAL

    Les CDAM devront se constituer en réseau national :

    -  Pour partager des expériences, des expérimentations, et des confrontations artistiques, culturelles et politiques.
    -  Pour pouvoir convaincre les collectivités territoriales.
    - Pour mettre en place un Tour des ateliers, comme cela se discute depuis longtemps dans la profession.

    Ce réseau national sera en relation avec les structures nationales existantes :   l’ESNAM, l’Institut International de Marionnette, le Théâtre de la Marionnette à Paris, le TJP – Centre Dramatique National de Strasbourg, les Scènes conventionnées Marionnettes etc.

    UNE CHARTE

    Le groupe CDAM, composé de différents métiers, a pour mission d’écrire une charte et un cahier des charges qui sera négocié avec les tutelles.

    La première réunion aura lieu à La Nef à Pantin le samedi 25 octobre 2008 à 14H
    20 rue Rouget de Lisle 93500 PANTIN ; Métro : Eglise de Pantin ; tel : 01 41 50 07 20

    Le  groupe vous invite à partager ses réflexions autour de la question :
    «  Politiques culturelles et lieux pour la marionnette (CDAM) : quelles résonances ? ».

    Il s’agit aussi avec tous les partenaires de nous mêler de ce qui nous regarde en participant à la réflexion sur les nouvelles conditions d’exercice de la profession parce que le monde change.

    Accès :  la NEF, 20 rue Rouget de Lisle, à Pantin
    Métro
    Église de Pantin (ligne 5) – 5min à pied.
    Prendre sortie Jules Auffret, sortir à gauche sur l’avenue Jean Lolive, prendre à gauche rue Jules Auffret, puis 4ème à gauche, rue Rouget de Lisle.
    Voiture
    Sortie Porte de Pantin, tout droit avenue Jean Lolive. Prendre 4ème rue à droite rue Jules Auffret (après le ciné 104), puis 4ème à gauche rue Rouget de Lisle.

    Groupes de travail

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    Actions


    Profession(S)

    Champs d’investigation :

    - La structuration de la profession.

    - L’accompagnement et l’encadrement des compagnies.

    - Le rapport des compagnies avec les producteurs et les diffuseurs.

    Perspectives évoquées :

    - Une structuration du réseau.

    - Une large diffusion du théâtre de marionnette pour adulte.

    - Un lieu consacré à la marionnette à Paris.

    .

    Pensez à consulter les travaux de la commission et les membres du groupe profession.

    Patrimoine, recherche, édition

    Champs d’investigation :

    - Etat des lieux en matière patrimoine.

    - La recherche universitaire et la marionnette.

    - La diffusion de travaux autour de la marionnette.

    Perspectives évoquées :

    - Une exposition autour de Craig avec le groupe de travail communication.

    - La mise en place réseau universitaire.

    - Un travail d’édition commun à plusieurs structures culturelles.

    .

    Pensez à consulter les travaux de la commission et les membres du groupe patrimoine, recherche, édition.

    Formation

    Champs d’investigation :

    - La formation initiale et les cycles de spécialisation.

    - La formation continue.

    - La pédagogie des arts de la marionnette.

    Perspectives évoquées :

    - Le développement de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette.

    - La Formation des formateurs.

    - La formation dans le cadre européen.

    .

    Pensez à consulter les travaux de la commission et les membres du groupe formation.

    Création: production/diffusion

    Champs d’investigation :

    - Etat des lieux création, production, diffusion en Alsace (laboratoire).

    - Prospective à partir d’une enquête régionale.

    Perspectives évoquées :

    - Des actions de sensibilisation des programmateurs à la création marionnettique.

    - La mise en place d’outils entre créateur et producteurs/diffuseurs.

    .

    Pensez à consulter les travaux de la commission et les membres du groupe création: production/diffusion

    Communication

    Champ d’investigation :

    - La reconnaissance des arts de la marionnette à travers les “Saisons de la marionnette”.

    Perspectives évoquées:

    - Une découverte de la marionnette contemporaine à travers une exposition itinérante.

    - Une exposition autour de Craig avec le groupe de travail “patrimoine, recherche, édition”.

    - La mobilisation des médias et du grand public autour des “Saisons de marionnette”.

    .

    Pensez à consulter les travaux de la commission et les membres du groupe communication.

    TAM TAM

    TAM TAM
    Les Dessous de la Marionnette

    14-18 octobre 2009: Cinq jours pour la marionnette

     

    Cet événement rassemblera nombre d’acteurs culturels sur l’ensemble du territoire national autour d’un même projet, pour une action significative et lisible. Il constituera un des maillons du dispositif global que sont les Saisons de la marionnette et sera porté par de nombreuses structures nationales.

    De nombreux collectifs de compagnies ou groupe de diffuseurs se créent en régions. Nous vous tiendrons régulièrement informés des nouveautés dans le chapeau “dernière minute”.

    N’hésitez pas à consulter le projet et la liste des lieux partenaires de l’événement.

     

    Marionnette et Recherche

    Dans le cadre des Saisons de la Marionnette (2007-2010), la commission de travail « Patrimoine, Recherche, Edition » a mis en place un certain nombre d’outils destinés à faciliter et à stimuler la recherche dans les diverses disciplines s’intéressant aux marionnettes et aux théâtres d’objets : arts du spectacle, ethnologie, histoire, littérature, arts plastiques, nouvelles technologies, philosophie, psychanalyse et thérapies etc.

    Par « chercheurs » nous entendons aussi bien les personnes se livrant à des investigations de type universitaire que les praticiens.

    2 temps forts annuels permettent ce croisement des universitaires et des praticiens : La scène des chercheurs et les journées professionnelles de la marionnette à Clichy

    Pages associées

    > Outils de travail pour chercheurs et artistes (listing chercheurs, recherche, lieux et personnes ressources, bibliographie)

    > La scène des chercheurs

    > Journées professionnelles de la marionnette à Clichy

    2011 > Marionnette et censure

    2010 > Jouer la matière, écrire par la matière

    7 réponses à “Marionnette et Recherche”

    20 sept 2008
    Corinne Leconte (16:33:05) :

    bonjour, je souhaite participer à cette journée de rencontre.. à la BNF le 4 octobre
    Comment faire ?

    merci beaucoup

    17 oct 2008
    Papagéorgiou (09:00:29) :

    Je suis psychopédaguogue et art thérapeute. Ma spécialisation est la médiation “marionnette”
    J’ai une pratique et un travail de recherche universitaire sur la marionnette-thérapie
    Malheureusement le 4 Octobre j’étais en stage et donc dans l’impossibilité de me trouver entre vous. Je souhaiterai être informée pour la prochaine journée d’étude
    Cordialement
    Eleni

    11 nov 2008
    Monjardet Adeline (22:48:27) :

    bonjour, je suis psychothérapeute et utilisatrice des marionnettes dans mon activité professionnelle ( en groupe et en individuel). Je suis très intéressée par vos rencontres et recherches. Merci de me tenir informée.

    24 jan 2009
    mona saad (04:20:28) :

    I’m from Egypt,working as instructor in the faculty of fine arts in luxor ,south valley university where i assist a professor in teaching puppetry for performing arts Branch’s students & making my master about marionette .I’m very interested in your meeting & research & want to know the details about how to attend it.

    Je suis de l’Égypte, à travailler comme instructeur à la faculté des beaux-arts à Luxor, au sud la vallée de l’université où je aider un professeur dans l’enseignement des arts de la scène pour le théâtre de marionnettes de la Direction générale des étudiants et de faire ma maîtrise sur la marionnette. Je suis très intéressé par votre réunion et de de recherche et de vouloir en connaître les détails sur la façon d’y participer.

    mona

    25 jan 2009
    mona saad (03:03:18) :

    Salut,

    Je suis une jeune fille de l’Égypte, de faire ma maîtrise sur la marionnette en tant que je travaille comme moniteur de la Faculté des Beaux-Arts de Louxor, la South Valley University, où je suis professeur d’aider l’enseignement des marionnettes pour la Direction générale de l’art de la performance des étudiants, Je suis intéressé par vos réunions et je veux savoir comment puis-je adhérer.
    Je vous remercie de m’avoir envoyé cet e-mail

    Cordialement

    I’m a girl from Egypt , making my master about marionette as I work as instructor for the faculty of fine Arts in Luxor, South Valley University, where I’m assisting a professor In teaching puppetry for the performing art Branch ’s students ,I’m interested in your meetings & I want to know how can I join that.

    Thank you for sending me that e-mail

    Best regards

    Mona Saad

    28 fév 2009
    Le Maléfan pascal (12:42:00) :

    Bonjour,
    Je viens de trouver un peu par hasard votre proposition de travail autour de la marionnette et vous signale tout mon intérêt pour ce projet. Je suis universitaire et ai fait partie un temps de Marionnette et Thérapie. Je peux vous envoyer la liste de mes publications sur le sujet.
    Bien à vous.

    28 août 2009
    Bodin Aurore (22:06:53) :

    Bonjour,
    Je suis marionnettiste et mène actuellement un travail universitaire sur la marionnette, je souhaiterais être informée de vos prochaines rencontres.
    Cordialement,
    Aurore Bodin.

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    Les Points de vue

    Les points de vue sont une nouvelle série de rendez-vous au niveau national sur le principe suivant:

    Des hommes et des femmes choisis pour leur métier sont invités à réagir par rapport à la discipline artistique qu’est la marionnette aujourd’hui. Ils voient régulièrement des spectacles de marionnettes et nous livreront leur point de vue par rapport à cet univers qu’ils découvrent.

    Cette série de rendez-vous qui s’échelonnera jusqu’à la fin 2009 fera l’objet d’un publication.

    N’hésitez pas à consulter le projet et les participants de ces rencontres.

    Exposition Craig

    CRAIG ET LA MARIONNETTE

    Nous rencontrons facilement le nom d’Edward Gordon Craig dans les ouvrages de référence sur la marionnette : ici, le croquis d’une figure inanimée de la main du maître ; là, une citation brocardant le jeu émotif de l’acteur au profit de la constance inébranlable de l‘effigie…

    Craig s’est profondément intéressé à la marionnette – le fonds du Département des arts du spectacle de la Bnf le montre bien – mais il a fait plus : il s’est inspiré de son potentiel pour imaginer un théâtre de l’avenir. L’attirance d’un des grands initiateurs du théâtre moderne pour leur art flatte les marionnettistes. Néanmoins, alors que les conceptions de Craig rencontrent de façon flagrante l’essence même de la créativité contemporaine en marionnettes, ses travaux ne restent qu’effleurés, aujourd’hui encore, dans la réflexion sur les «formes animées».

    Le texte de Kleist, Sur le théâtre de marionnettes, plus ancien et plus philosophique, est beaucoup mieux étudié en France que les œuvres de Craig ; il est réédité depuis plus longtemps, mis en scène, commenté…
    Rien de très étonnant, a priori, lorsqu’on voit qu’au printemps 2005, la revue québécoise L’Annuaire théâtral déclarait : L’héritage artistique et intellectuel laissé par Edward Gordon Craig de même que l’histoire de ses réalisations, de ses projets, de son influence constituent autant de domaines dont le sondage n’est qu’à peine commencé.

    Cependant, dans le théâtre d’acteurs, Peter Brook, Ariane Mnouchkine et Robert Wilson, qui montrent tous trois une sensibilité évidente à l’art de la marionnette - entre d’autres metteurs en scène internationalement reconnus - sont aisément repérables dans la lignée des héritiers de Craig.

    Et dans le domaine qui inspira Gordon Craig ?

    Bien qu’énigmatique sur certains points (Craig désirait-il réellement remplacer les acteurs par des marionnettes ? Pourquoi y a-t-il apparemment renoncé par la suite ?) le « rêve » artistique de Craig mériterait d’être enfin confronté avec précision à la pratique de ceux qui ont, depuis la deuxième moitié du XXe siècle, gagné une place totalement nouvelle sur la scène théâtrale : les marionnettistes.

    Convergences fondamentales ?

    Dépassement d’une conception historique par le perpétuel mouvement d’un art vivant ?
    Ce sont les deux pistes de questionnements et de réponses que se propose d’explorer une exposition innovante sur les rapports de la création marionnettique de ces dernières décennies avec la pensée de Gordon Craig.
    Un aller et un retour traversés par le temps et la société.
    Un jeu de miroirs où se répondront en ricochet certaines mises en forme du monde.

    Evelyne Lecucq

    Marionnettes, territoires de création

    Exposition itinérante

    >> Suivez la tournée de l’exposition !

    L’exposition itinérante « Marionnettes, territoires de création » est la résultante du rassemblement de toute une profession qui s’est fait autour des « Saisons de la marionnette ». L’exposition formalise ce mouvement de solidarité. Elle le rend pérenne et tangible. National et international. Elle le projette dans l’avenir.
    Cette exposition est un bien collectif de développement. C’est un ouvrage évolutif, un outil perfectible avec l’assentiment de ses partenaires. Son existence et sa raison d’être sont dans la participation.

    Pierre BLAISE, Président de THEMAA

    Après plusieurs décennies de rénovations, d’expérimentations, d’exigence dans la formation et de réflexions, les arts de la marionnette sont au cœur de la création contemporaine française. Visuelle et verbale, plastique et sonore, ancestrale et contemporaine, distancée et émouvante… telles sont les caractéristiques oscillatoires ou complémentaires d’une forme artistique en pleine effervescence, attirant de nouvelles générations et observée par des chercheurs de plus en plus nombreux.

    Conçue comme une grande installation artistique étendue sur 120 m2, l’exposition en manifeste la vitalité et en montre les spécificités par un contenu et une scénographie envisagés pour la légèreté de l’itinérance. Deux grands axes thématiques traversent sa conception : les spécificités des arts contemporains de la marionnette et, les dialogues qu’ils établissent avec les auteurs d’aujourd’hui, les autres arts, la société.

    Toujours guidés par les traces du processus créatif, les visiteurs sont invités à parcourir les territoires explorés par les marionnettistes contemporains. Objets, personnages, photos, films, sons, constituent les jalons d’étapes ou d’aboutissements artistiques, nourris des traces de recherches, répétitions, notes de mises en scène, partitions de jeu, etc. Les images en mouvement et les enregistrements sonores, traités en matières sensibles, ont une place de choix pour rendre compte d’un art vivant.
    En concordance avec le rapport très particulier qu’entretiennent les marionnettistes avec les matériaux, la scénographie joue avec ces éléments, autorisant tous les champs d’ombres et de lumière, d’harmonieux partages de l’espace, et reliant de façon implicite l’activité présente à une histoire humaine universelle.

    Un espace « carte blanche », intégré à la scénographie générale mais facultatif, permet aux opérateurs qui reçoivent l’exposition de mettre en valeur librement des artistes régionaux ou une mission plus spécifique à leur lieu.


    Cette exposition est conçue en
    modules adaptables à toute la variété de configuration des espaces d’accueil et est techniquement autonome (éclairage, son et images).

    ***

    Commissariat : Evelyne Lecucq

    Scénographie et graphisme : Violette Cros
    Administration de production et diffusion : Benoit Pinero
    Coordination : Laure Bourrellis
    Régie de tournée : Jérôme Vilaine
    Montage audiovisuel : Brigitte Pougeoise
    Montage sonore : Jacques Cassard et Evelyne Lecucq
    Montage photographique : Christophe Soresto
    Agencement et construction : Sarl Décostyle

    Nous remercions les artistes, les compagnies, les photographes et les éditeurs de nous avoir prêté leurs œuvres.

    Coproduction
    THEMAA - Association nationale des théâtres de marionnettes et des arts associés
    Institut International de la Marionnette / Charleville-Mézières
    Ville de Gonesse
    Le Tas de Sable - Ches Panses Vertes / Pôle des Arts de la marionnette en région Picardie / Lieu compagnonnage marionnette
    Théâtre de Bourg-en-Bresse / Scène conventionnée théâtre de marionnettes
    L’Hectare / Scène conventionnée de Vendôme pour les arts de la piste, le théâtre d’objet et la marionnette
    Théâtre Gérard Philipe de Frouard / Scène conventionnée pour les arts de la marionnette et les formes animées

    Production déléguée
    THEMAA - Association nationale des théâtres de marionnettes et des arts associés

    Avec le soutien du
    Ministère de la Culture et de la Communication

    Contact production et diffusion :

    THEMAA
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    Etats Généraux 2

    AMIENS : 28 et 29 mai 2010

    ……...La Maison du Théâtre / Le Tas de Sable

    .

    Les Saisons de la marionnette feront leur « vraie fausse sortie » à Amiens les 28 et 29 mai prochains, en collaboration avec la Maison du Théâtre et le Tas de Sable dans le cadre des « Etats Généraux 2 ».

    Quoi de plus symbolique que de tenir ces nouveaux Etats Généraux dans le cadre d’un CDAM, après les avoir organisés une première fois avec le TJP /CDN de Strasbourg pendant des Giboulées ?

    Au terme des Saisons de la marionnette 2007-2010, nous avons décidé de reprendre l’idée des Etats Généraux d’avril 2008 à Strasbourg, qui avaient alors permis de présenter l’ensemble des travaux effectués en 2007 dans les différents groupes de travail des Saisons pour les confronter aux publics - professionnels, artistes, intellectuels - invités à réfléchir sur ces premières constatations : ouvrir un espace public pour confronter la raison critique des uns et des autres.
    Car les Saisons ont toujours été basées sur le principe de la rencontre s’appuyant sur la ténacité et la conviction. La réflexion nous a permis d’avancer sur l’analyse des problèmes de la profession pour pouvoir entrer dans le champ du politique. Nous avons mis en place un certain nombre d’actions pour rendre lisibles et visibles les arts de la marionnette. Cela nous a souvent amenés sur la voie du pragmatisme, le plus souvent pour des contraintes financières, tout en saisissant l’occasion d’emprunter les chemins de traverse dès qu’ils se présentaient.
    Cela nous a conduits aussi à nous identifier et à identifier nos partenaires, pour mieux développer des liens devenus aujourd’hui naturels. En conséquence, mettre en commun nos expériences, créer des ouvertures et des passerelles, transcender des divergences, tout cela est devenu possible.
    C’est ce qui a permis de nous retrouver au cœur politique des Saisons, à travers l’idée des Centres de Développement des arts de la Marionnette (CDAM) qui sont aujourd’hui devenus une réalité tangible puisque, de fait, sept lieux en France se retrouvent dotés d’un conventionnement ministériel « Lieux compagnonnage marionnette ».
    En parallèle, rappelons que quatre Scènes conventionnées marionnettes et théâtre d’objets ont été créées depuis 2007.

    Cette ébauche de structuration de la profession démontre que nous avions vraisemblablement posé les vraies questions. Mais des problèmes restent à l’étude qui nécessiteront l’ouverture d’un premier chantier sur les questions artistiques lors des Etats Généraux 2, où nous interrogerons les acteurs des CDAM ou des Lieux compagnonnage marionnette.
    -    L’artistique, au cœur de la préoccupation de ces lieux pour permettre un développement culturel durable dans un contexte en perpétuelle mutation.
    -    La persévérance politique à positionner l’artistique vis-à-vis de l’économie et du social.
    -    La création comme moteur essentiel du développement et du rayonnement d’un territoire.
    -    La recomposition de la réflexion sur la responsabilité des acteurs culturels passant des pouvoirs locaux jusqu’à l’état.
    -    La confrontation, dans la proximité du public et des acteurs de la création, en proposant les conditions propices à l’enrichissement réciproque : mettre le travail des artistes à l’épreuve du public pour toujours déceler la force des rapports entre le spectateur et le plateau.

    La création n’est possible que si les questions de la production et la diffusion du spectacle vivant sont posées. D’où l’idée d’un deuxième chantier sur l’économie solidaire et sociale au service du spectacle vivant.
    Comme nous avons travaillé avec des universitaires dans le cadre de « la Scène des chercheurs », il nous apparaît comme indispensable de nous entourer des possibilités que peut offrir aujourd’hui la recherche en économie solidaire et sociale. Ce temps de travail devra nous permettre de confronter cette réflexion avec des expérimentations remarquées sur le terrain.

    Au-delà des outils économiques existant dans ce domaine et face aux rapports de forces entre la profession et les institutions - en particulier les collectivités locales qui peuvent amener la commande publique ou l’instrumentalisation - se pose, au bout du compte la question essentielle : qu’est-ce qu’un geste artistique ?

    Enfin un troisième chantier pourrait être de l’ordre de la philosophie de notre art, en reprenant l’idée des « Points de vue » développés tout au long des Saisons de la marionnette : que peut apporter le philosophe pour mesurer la distance, si elle existe, entre les chantiers que nous avons ouverts et ce regard inattendu ? Ce serait aussi le moment de questionner autrement la réalité d’une époque complexe et troublante.
    Ces Etats Généraux seront enfin l’occasion de nous confronter à cette pensée de Antonio Gramsci : « Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir ».

    Patrick Boutigny

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    Comité de présidence

    Présidents d’honneur : Jacques Nichet et Dario Fo.

     

    Président du comité : Daniel Girard.

     

    Vice-présidente de Themaa : Sylvie Baillon.

     

    Présidente du groupe de travail formation : Lucile Bodson (Directrice de l’Institut International de la Marionnette, Charleville-Mézières).

     

    Présidente du groupe de travail profession : Isabelle Bertola (Directrice du Théâtre de la Marionnette à Paris).

     

    Président du groupe de travail création, production et diffusion : Grégoire Callies (Directeur du C.D.N. / T.J.P, Strasbourg).

     

    Présidente du groupe de travail recherche, le patrimoine et l’édition : Noëlle Guibert (Bibliothèque Nationale de France, Département des Arts du Spectacle, Paris).

     

    Président du groupe de travail communication : Alain Lecucq (Président de Themaa).

    Manifeste

    2007- 2010 : « Saisons de la Marionnette »

      

    Pour une reconnaissance pérenne

    des Arts de la Marionnette

     

      

    Parce qu’il représente un langage artistique en profonde adéquation avec le monde actuel, l’art de la marionnette est aujourd’hui reconnu sans conteste dans le paysage artistique et culturel contemporain.

     

    Utilisant les codes visuels, permettant d’exprimer l’abstraction, modifiant les points de vue de l’interprétation, les arts de la marionnette se sont affirmés depuis les débuts du 20ème siècle comme un langage théâtral à part entière.

    Ils sont aujourd’hui très largement ouverts à d’autres formes artistiques et trouvent avec l’écriture contemporaine une relation privilégiée. Les nouvelles technologies leur apportent de nouveaux outils d’écriture, dont ils se sont emparés avec une grande liberté.

    L’effervescence créatrice – qui n’empêche nullement la reconnaissance des formes classiques – montre à quel point ces arts sont ouverts, foisonnants, inventifs, humains…

     

    La création française dans ce domaine est particulièrement reconnue sur le plan européen et international : sous l’impulsion d’artistes et de compagnies, les arts de la marionnette ont en effet connu dès les années 70 un formidable renouvellement.

     

    Si les arts de la marionnette apparaissent donc comme un mouvement artistique fort, ils restent néanmoins peu visibles dans une recherche esthétique contemporaine et ce langage artistique n’a pas encore généré un véritable mouvement institutionnel.

     

    La politique culturelle française en faveur de ce domaine artistique est inachevée. Si, depuis plusieurs années, de nombreux progrès ont été constatés, notamment la légi-timation de cette forme d’expression avec la création d’institutions lui étant dédiées, il reste de nombreux axes à développer, entre autres : 

              - La formation professionnelle continue actuellement quasi-inexistante.
              - Les moyens d’un véritable observatoire de la marionnette.
              - Un lieu pour la marionnette à Paris.

              - Une politique en faveur du patrimoine.

              - Les implantations de compagnies au sein des régions encore     

                problématiques aujourd’hui.
              - La création de spectacles dans ce secteur, qui relève plus de volonté   

                individuelle que de soutien institutionnel.

     

    Partant de l’existant et en nous appuyant sur nos énergies conjuguées, nous voulons dès 2007 permettre, grâce à une visibilité événementielle, la mise en œuvre de différents chantiers et l’affirmation d’une véritable politique en faveur des arts de la marionnette :

     

    1) Pour la création, la production et la diffusion : 

    - En développant une aide spécifique à la production dans ce secteur.

    - En favorisant la circulation inter - régionale des compagnies.

    - En privilégiant notamment les aspects les plus innovants de la création.

    - En favorisant l’aide à la résidence des jeunes artistes et des jeunes 

      compagnies.

     

    2) Pour la formation :

    - En assurant une offre diversifiée de formation continue.

    - En renforçant la formation initiale.

    - En instaurant des cycles préparatoires notamment au sein des conservatoires

      d’art dramatique.

    - En menant une réflexion sur la formation des formateurs et notamment en réponse                                                                        

      demandes provenant de pays émergents.

    - En réfléchissant aux différents aspects de la formation et de l’insertion

      professionnelles.

     

    3) Pour la profession :

    - En renforçant et en créant des pôles ressources actifs.

    - En favorisant la mutualisation des moyens.

    - En apportant une aide particulière aux compagnies confirmées proposant un

      compagnonnage aux jeunes artistes.

    - En aidant les réseaux dans leurs projets de développement des Arts de la

      Marionnette.

     

    4) Pour la recherche, le patrimoine et l’édition :

    - En soutenant la recherche universitaire dans le domaine particulier des arts

      de la marionnette sous ses différents aspects (historique, culturel ou

      artistique…).

    - En travaillant en lien étroit avec les lieux et institutions patrimoniales.

    - En éditant les publications nécessaires à la réflexion de cet art autour de son

      patrimoine, de ses techniques et de son évolution.

     

    5) Pour la visibilité de cet art dans sa diversité et l’élargissement de ses

        publics :

    - En mettant en place des événements phares (manifestations, expositions…) à

      Paris et dans les régions en s’appuyant sur l’existant et en favorisant des

      émergences nouvelles, en s’appuyant également sur le rôle moteur que joue

      la création française pour donner une résonance européenne à certains de

      ces événements.

    Présentation

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    Anciens et populaires, les arts de la marionnette sont riches d’histoire. Ces dernières années, une effervescence de propositions artistiques et culturelles s’observe dans ce secteur. Les arts de la marionnette apparaissent comme majeurs, capables de renouveler le spectacle vivant grâce à leur caractère innovant et protéiforme. Les passerelles entre les disciplines sont de plus en plus nombreuses. Des auteurs écrivent délibérément pour la marionnette, des metteurs en scène de théâtre et des chorégraphes de renom recourent aux multiples facettes de cet art, sans oublier le cirque contemporain qui trouve avec les arts de la marionnette de nouveaux terrains d’exploration. Aujourd’hui, des structures nationales programment régulièrement des spectacles de marionnettes. La presse s’en fait l’écho. L’engouement des publics se confirme.

     

    Pour autant, les arts de la marionnette souffrent toujours d’une méconnaissance et d’un manque de re-connaissance. Aujourd’hui, l’enjeu est d’asseoir et de légitimer leur existence dans des formes et des techniques variées afin que cet art puisse prendre toute sa place dans le monde artistique et culturelle. Parfois très éloignés des traditions, les arts de la manipulation intègrent les esthétiques contemporaines, voire prennent une part active à l’écriture de celles-ci.

     

    « [L’art de la marionnette aujourd’hui] me fait penser à ce qu’a pu être la nouvelle vague au cinéma, il y a quarante ans ; à la danse, il y a vingt ans ; au cirque, il y a dix ans. C’est la forme artistique qui probablement est la plus en adéquation avec le monde d’aujourd’hui. Elle n’est pas exclusive, parce qu’elle porte en elle un potentiel de métissage technique et artistique. » (Christophe Blandin-Estournet, 2001).

     

    Alors que les arts de la marionnette semblent s’affirmer comme tels et avoir un véritable impact sur la création actuelle, les moyens pour leur développement demeurent insuffisants. Ils ont aujourd’hui plus que jamais besoin de soutiens institutionnels forts et de nouveaux outils.

    A l’initiative de THEMAA (Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts Associés), les acteurs importants de ce secteur des Arts du spectacle, tels que l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières, le Théâtre de la Marionnette à Paris, le CD.N. Théâtre Jeune Public de Strasbourg dirigé par un marionnettiste, de nombreux artistes et des institutions comme la Bibliothèque Nationale de France et le Musée Gadagne de Lyon se sont retrouvés depuis plus d’un an autour d’un projet intitulé :

     

    Les Saisons de la Marionnette 2007-2010

     

    Des réalités institutionelles fortes sont présentes dans le paysage : une école supérieure unique au monde, l’ESNAM, un Centre Dramatique National consacré à ces formes, des festivals d’envergure, des compagnies de renommée internationale dont certaines sont conventionnées et disposent d’un lieu de fabrique, des fonds patrimoniaux très riches. Ces réalités pourraient constituer les points d’appui pour la mise en œuvre des Saisons de la Marionnette.

    Elles doivent permettre la constitution du socle d’une politique publique cohérente consacrée à la marionnette embrassant tous les aspects : de la formation à la recherche, de la création à la diffusion dans le cadre de ce que pourrait être en préfiguration, des Centres de Développement des Arts de la Marionnette (CDAM)

    Avec le soutien de la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, Themaa a mis en place depuis 2007 des outils de travail afin de clarifier l’état des besoins de la profession et tracer des perspectives pour ces Saisons de la Marionnette.

     

    L’Enquête Nationale :

    » Cette enquête a été menée auprès de l’ensemble des compagnies professionnelles. Dépouillée et étudiée par Laurent Babé de l’Observatoire des Politiques culturelles au sein de la DMDTS et de Jean-Louis Lanhers, auteur d’une thèse de doctorat sur les politiques culturelles en faveur de la marionnette, et secrétaire général de THEMAA, elle permet d’avoir un regard plus juste sur les compagnies de marionnette en France.

    Un numéro Hors Série de MANIP est consacré à cette enquête.

     

    Les groupes de travail :

    » La réflexion mise en place par les groupes de travail des « Saisons de la Marionnette » autour de thèmes s’appuyant sur le Manifeste, a permis d’ores et déjà de dégager un certains nombres de problématiques lié à la profession.

    Ces problématiques et les perspectives qui en découlent vont permettre de dégager des grandes lignes programmatiques pour la marionnette sur les trois années à venir.

    Ces groupes de travail ont déterminés un certain nombre d’actions pour les deux saisons à venir.

     

    Les réunions en régions :

    » En complément de l’enquête et des groupes de travail, un certain nombre de marionnettistes s’est regroupé en régions afin de réfléchir sur leur profession autour de thématiques communes : l’artistique, la structuration, la relation sur un territoire etc…

    Une vingtaine de réunions a eu lieu et apporte le ressenti des compagnies sous forme de paroles vives qui seront soumises à des personnalités pour dégager du sens à ce métier.

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    Deuxième chantier : L’économie créative solidaire

    Le scénario de l’économie créative solidaire est finalement simple : pour construire sa dignité culturelle et devenir acteur de son identité culturelle dans un rapport qui prend soin des identités des autres, la personne s’engage dans un projet collectif de partage culturel.
    Avec cette exigence, l’économie créative s’ancre dans les valeurs de l’économie solidaire au sens où le projet consiste à agir et produire ensemble, dans le respect des principes démocratiques, autour de valeurs culturelles partagées, en établissant des relations négociées de réciprocité. L’engagement culturel prime sur les contreparties obtenues par paiement monétaire. L’artiste peut vendre beaucoup, mais, pour être d’intérêt général, son projet n’a pas besoin d’être rentable : il lui suffit de mobiliser autour de lui les personnes qui s’engagent à faire sens et valeur dans l’espace public pour nourrir l’imaginaire commun du « vivre ensemble ».
    Il conviendrait donc de progresser dans la reconnaissance juridique d’une économie créative solidaire. Dans un premier temps, on pourrait suggérer qu’une collectivité, en « co-construction » avec les acteurs volontaires, élabore une charte d’éthique culturelle. Le document rappellerait les principes des droits culturels, les engagements des signataires en matière de respect des dignités culturelles. Il préciserait les principes d’équité et de transparence démocratique que les acteurs auront à respecter pour s’assurer de l’engagement des personnes aux projets ou sanctionner les engagements non tenus. Il organiserait avec soin le dispositif d’évaluation partagée.
    En contrepartie de cette adhésion à la charte d’éthique culturelle, les associations bénéficieraient de soutiens financiers de la collectivité, elles seraient associées à un dispositif rénové de gouvernance de l’action culturelle publique et, surtout, elles seraient intégrées au processus permanent de confrontation de sens et de valeurs des cultures dans leur diversité. (…)
    Compte tenu de ces perspectives et de ses exigences, les acteurs de l’économie créative devraient veiller à éviter les confusions de sens : ils ne peuvent pas prétendre avoir toutes les vertus, celles de l’intérêt général comme celles de l’intérêt particulier. Ils devraient indiquer un peu mieux ce qu’ils veulent être : des tremplins pour le profit des industries culturelles mondialisées, des outils de la domination d’un territoire sur les autres ou des apporteurs de « services culturels d’intérêt général » à part entière, contribuant à la conquête de la plus grande des libertés, celle du « vivre ensemble » dans le respect réciproque des dignités culturelles des personnes.

    Jean-Michel Lucas
    (Extrait de « Pour la reconnaissance de l’économie créative solidaire »
    Revue l’Observatoire - n° 35, juillet 2009)

    >>>> L’économie créative solidaire (pdf)

    Troisième chantier : La bataille de l’imaginaire

    La crise que traversons nous confirme que ni le tout-État, ni le tout-Marché, ne sont en mesure de réguler, et encore moins de juguler une mutation culturelle qui pourrait ressembler à une inversion des valeurs.
    L’intervention d’une dynamique économique solidaire, entre les idéaux libéraux du marché et l’aspiration égalitaire de l’État, nous rapprocherait de l’idéal fraternel auquel notre République aspire. L’éducation et la culture pourraient alors remplacer la centralité du travail comme modèle intégrateur de nos sociétés.
    Les pays industrialisés ont profondément changé depuis le début de la première crise (1974), qui a mis fin aux “trente glorieuses”. Mais tout se passe comme si nous ne le savions pas encore, et cela explique les “trente piteuses” dans lesquelles nous sommes encore englués.
    Espérons que notre traversée de vie pourra se faire, désormais, sous le signe d’une réconciliation avec nous-mêmes, avec la nature et avec le Monde qui nous entoure, et que nous entrerons alors dans ce que l’on pourrait appeler les “trente lumineuses” !

    Cette troisième table ronde vise donc à proposer le regard de la philosophie politique.
    Par souci de cohérence, il est intéressant de se rapprocher des deux chantiers précédents qui portaient sur l’artistique et sur l’économie.
    La dimension artistique nous rappelle que la Terre souffre partout des mêmes maux. Ils sont consécutifs à la dégradation des relations que nous entretenons avec la nature.

    À vouloir “nous rendre maîtres et possesseurs de la nature… et en oubliant de lui obéir”, pour paraphraser à la fois les philosophes René Descartes et Francis Bacon, la soumission au productivisme et l’aliénation par la marchandise nous menacent de pollution et de laideur. Car il est vrai que la beauté nous relie, en nous réconciliant avec la nature, avec les autres, avec nous-mêmes. Sans pour autant esthétiser la politique ou politiser l’esthétique, il faut que chacun puisse faire de sa vie une œuvre d’art, quelque chose qui ait du sens, faire de sa vie un destin ! (disait Malraux)
    Tout cela requiert une éthique dans la relation entre les hommes et le beau : une éthique de la médiation.
    Le deuxième chantier sur l’économie créative nous fera entrer dans un imaginaire économique qui remet en cause bien des réalités culturelles acquises. Il interroge les pratiques artistiques, en particulier dans le domaine de l’éducation et de la transmission.

    De quel monde s’agit-il ? Le territoire de l’exception culturelle à la française qui est le nôtre,  est-il, à cet égard le plus approprié ?
    Le 20ème siècle a été marqué par l’affirmation de politiques culturelles à l’échelle nationale avec, comme point d’appui, des institutions et des professionnels de la culture, acteurs constitutifs des États-providence. La France en est le meilleur exemple.
    Cette conception des politiques publiques est aujourd’hui mise en doute par le développement de l’économie créative et la possibilité d’une prise en compte de la diversité  culturelle.

    Cécil Guitart

    >>>> La bataille de l’imaginaire (pdf)

    Débuts des travaux


    Etats Généraux 2

    Les Saisons de la marionnette feront leur « vraie fausse sortie » à Amiens les 28 et 29 mai prochains, en collaboration avec la Maison du Théâtre et le Tas de Sable dans le cadre des « Etats Généraux 2 ».

    Quoi de plus symbolique que de tenir ces nouveaux Etats Généraux dans le cadre d’un CDAM, après les avoir organisés une première fois avec le TJP /CDN de Strasbourg pendant des Giboulées ?

    Au terme des Saisons de la marionnette 2007-2010, nous avons décidé de reprendre l’idée des Etats Généraux d’avril 2008 à Strasbourg, qui avaient alors permis de présenter l’ensemble des travaux effectués en 2007 dans les différents groupes de travail des Saisons pour les confronter aux publics - professionnels, artistes, intellectuels - invités à réfléchir sur ces premières constatations : ouvrir un espace public pour confronter la raison critique des uns et des autres.
    Car les Saisons ont toujours été basées sur le principe de la rencontre s’appuyant sur la ténacité et la conviction. La réflexion nous a permis d’avancer sur l’analyse des problèmes de la profession pour pouvoir entrer dans le champ du politique. Nous avons mis en place un certain nombre d’actions pour rendre lisibles et visibles les arts de la marionnette. Cela nous a souvent amenés sur la voie du pragmatisme, le plus souvent pour des contraintes financières, tout en saisissant l’occasion d’emprunter les chemins de traverse dès qu’ils se présentaient.
    Cela nous a conduits aussi à nous identifier et à identifier nos partenaires, pour mieux développer des liens devenus aujourd’hui naturels. En conséquence, mettre en commun nos expériences, créer des ouvertures et des passerelles, transcender des divergences, tout cela est devenu possible.
    C’est ce qui a permis de nous retrouver au cœur politique des Saisons, à travers l’idée des Centres de Développement des arts de la Marionnette (CDAM) qui sont aujourd’hui devenus une réalité tangible puisque, de fait, sept lieux en France se retrouvent dotés d’un conventionnement ministériel « Lieux compagnonnage marionnette ».
    En parallèle, rappelons que quatre Scènes conventionnées marionnettes et théâtre d’objets ont été créées depuis 2007.

    Cette ébauche de structuration de la profession démontre que nous avions vraisemblablement posé les vraies questions. Mais des problèmes restent à l’étude qui nécessiteront l’ouverture d’un premier chantier sur les questions artistiques lors des Etats Généraux 2, où nous interrogerons les acteurs des CDAM ou des Lieux compagnonnage marionnette.
    -    L’artistique, au cœur de la préoccupation de ces lieux pour permettre un développement culturel durable dans un contexte en perpétuelle mutation.
    -    La persévérance politique à positionner l’artistique vis-à-vis de l’économie et du social.
    -    La création comme moteur essentiel du développement et du rayonnement d’un territoire.
    -    La recomposition de la réflexion sur la responsabilité des acteurs culturels passant des pouvoirs locaux jusqu’à l’état.
    -    La confrontation, dans la proximité du public et des acteurs de la création, en proposant les conditions propices à l’enrichissement réciproque : mettre le travail des artistes à l’épreuve du public pour toujours déceler la force des rapports entre le spectateur et le plateau.

    La création n’est possible que si les questions de la production et la diffusion du spectacle vivant sont posées. D’où l’idée d’un deuxième chantier sur l’économie solidaire et sociale au service du spectacle vivant.
    Comme nous avons travaillé avec des universitaires dans le cadre de « la Scène des chercheurs », il nous apparaît comme indispensable de nous entourer des possibilités que peut offrir aujourd’hui la recherche en économie solidaire et sociale. Ce temps de travail devra nous permettre de confronter cette réflexion avec des expérimentations remarquées sur le terrain.

    Au-delà des outils économiques existant dans ce domaine et face aux rapports de forces entre la profession et les institutions - en particulier les collectivités locales qui peuvent amener la commande publique ou l’instrumentalisation - se pose, au bout du compte la question essentielle : qu’est-ce qu’un geste artistique ?

    Enfin un troisième chantier pourrait être de l’ordre de la philosophie de notre art, en reprenant l’idée des « Points de vue » développés tout au long des Saisons de la marionnette : que peut apporter le philosophe pour mesurer la distance, si elle existe, entre les chantiers que nous avons ouverts et ce regard inattendu ? Ce serait aussi le moment de questionner autrement la réalité d’une époque complexe et troublante.
    Ces Etats Généraux seront enfin l’occasion de nous confronter à cette pensée de Antonio Gramsci : « Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir ».

    Patrick Boutigny

    Premier chantier : La force de l’art

    Les arts de la marionnette, pris dans leur sens le plus large, traversés par une multitude d’influences et de préoccupations, déplacés par une multitude d’expériences et de tentatives, traversant à leur tour une multitude de situations artistiques différentes et portés par des moyens et des enjeux en pleine transformation, se trouvent aujourd’hui confrontés à un double effet de reconnaissance et de bouleversement de leur identité.
    C’est que, pour des raisons qui me paraissent très évidentes, le marionnettiste est confronté, dans la mise en œuvre même de sa pratique, à des questions incontournablement actuelles. Lui qui met en mouvement des objets, qui se pose à l’articulation double et à double sens du corps et de l’objet, du corps-objet et de l’objet-corps, lui ne peut pas ne pas être immédiatement touché par un monde où le corps et la machine s’interpénètrent et où les objets se mettent à communiquer (ou en tout cas à émettre et à échanger des informations, ce qui n’est évidemment pas la même chose).
    Lui qui travaille à la limite et sur la limite de son propre corps, avec l’équilibre et le poids, lui qui déplace la pesanteur et la force à la périphérie de lui-même et qui écrit dans l’espace de la légèreté, entre ce qui flotte et ce qui se tient posé, ne peut manquer de faire retentir dans le corps de sa pratique cette étrange relation que notre monde entretient avec la gravité, ce monde en réseau sans centre ni périphérie, ce monde où les images planent et où nous circulons, par le miracle du GPS, à même la surface de la carte.
    La scène de la marionnette pose d’une façon très particulière la question de ses limites. Elle porte par excellence l’idée de sa mobilité et de sa capacité à resurgir dès que le mystère de la métamorphose du vivant et de l’inerte se joue. D’une certaine façon, notre monde tout entier est devenu cette scène.

    Jean Cristofol

    >>>> La force de l’art (pdf)

    Les 7 CDAM

    * BRETAGNE

    BOUFFOU - Théâtre à la Coque

    Coordonnées

    .

    * ILE DE FRANCE

    CLASTIC Théâtre

    Coordonnées

    .

    La NEF

    Coordonnées

    THÉÂTRE AUX MAINS NUES

    Coordonnées

    * MIDI-PYRÉNÉES

    Compagnie PUPELLA-NOGUÈS

    Coordonnées

    * PROVENCE ALPES CÔTE D’AZUR

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    * PICARDIE

    Le TAS DE SABLE - Ches Panses Vertes

    Coordonnées


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